Quand les astres s'alignent

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Guillermo Alonso, PDG et fils du fondateur d'Alta Précision

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Aux prises avec de sérieux problèmes financiers il y a trois ans à peine, Alta Précision, une PME de l'aéronautique spécialisée dans la fabrication de pièces complexes pour les trains d'atterrissage, va recevoir mardi ses principaux partenaires, clients et fournisseurs pour inaugurer ses nouvelles installations d'Anjou. Une étape charnière pour cette entreprise au carnet de commandes richement garni.

J'ai rencontré pour la première fois Guillermo Alonso, le PDG et fils du fondateur d'Alta Précision, lors du salon international de l'aéronautique de Farnborough, où il m'avait expliqué les efforts qu'il déployait pour transformer son entreprise - qui était à l'origine un atelier d'usinage généraliste - pour en faire un spécialiste de la fabrication de composants complexes de trains d'atterrissage.

C'était il y a huit ans. Déjà, à l'époque, Alta Précision était le fournisseur des grands donneurs d'ordres dans le domaine, Messier Dowty, Goodrich, Héroux-Devtek.

Comme tous les PDG des PME du secteur de l'aéronautique, Guillermo Alonso n'a jamais cessé pour autant de faire du démarchage de façon systématique auprès de nouveaux clients.

Il a ainsi réussi à devenir partenaire de la société allemande Lieber qui avait obtenu le mandat de fabrication des trains d'atterrissage de la nouvelle C Series de Bombardier.

Alta Précision fabrique pas moins de 12 composants du train d'atterrissage de la C Series et réalise l'assemblage complet de pas moins de 200 composants qui sont ensuite acheminés chez Lieber à Laval où ils sont incorporés pour l'assemblage final.

« On est une PME, mais on a mis sur pied une chaîne d'approvisionnement dans laquelle sont impliqués d'autres fabricants québécois », s'enorgueillit Guillermo Alonso.

Le PDG d'Alta Précision respire mieux aujourd'hui qu'il y a quatre ans lorsque l'entreprise s'est retrouvée à court de liquidités pour avoir trop investi dans le développement de ses nouveaux programmes. L'entreprise a été sous surveillance étroite de ses créanciers durant près de deux ans. Tout s'est replacé depuis.

PLUS GROS CONTRAT À VIE

Après avoir décroché le contrat de la C Series, Guillermo Alonso s'est mis en chasse pour devenir fournisseur de l'avionneur brésilien Embraer. Après quatre années de démarchage, il a réussi à obtenir le mandat de fabrication de composants du train d'atterrissage de la nouvelle version des jets régionaux E2.

« Embraer est le seul avionneur qui fabrique lui-même ses trains d'atterrissage. L'entreprise nous a demandé de réaliser deux composants majeurs en acier et en titane. On réalise ces pièces pour l'E-190 et l'E195 et c'est un contrat pour la durée de vie du programme. Embraer prévoit fabriquer 1200 de ces appareils sur 20 ans », souligne Guillermo Alonso.

Il s'agit du plus important contrat de l'histoire de la PME d'Anjou, et c'est pourquoi l'entreprise vient de doubler la taille de son usine tout en investissant 11 millions dans de nouvelles machines, notamment des machines de profilage 5 axes.

« Là, on a mieux planifié nos investissements. On a obtenu du financement très créatif de la part de la BDC, qui est remboursable à la livraison de chaque commande. On a le temps de voir venir les choses », souligne le PDG.

Alta Précision emploie plus 100 personnes à Anjou, dont une quinzaine d'ingénieurs et de spécialistes qui sont affectés au département de la Méthodologie.

Alta réalise elle-même tous les programmes informatiques pour opérer ses équipements sophistiqués. Les travailleurs en usine n'ont pas à se casser la tête avec le fonctionnement très complexe des machines 5 axes.

En plus des contrats de la C Series et des E2 d'Embraer, la PME réalise aussi des composants complexes des trains d'atterrissage pour Messier Dowty sur les Boeing 787 et les Airbus 350.

« On produit des pièces pour la fabrication de 12 Boeing 787 par mois et de 5 A350 par mois. On est aussi sur le programme des 777 qu'a décroché Héroux-Devtek. On va devoir produire des pièces pour une cadence de 85 appareils par année », calcule le PDG.

Après avoir connu les affres de l'incertitude, Guillermo Alonso concède très humblement que les astres se sont enfin magnifiquement alignés pour Alta Précision.




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