Bombardier: une longueur d'avance sur les grands

Ed Bastian, le grand patron de Delta Airlines,... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Ed Bastian, le grand patron de Delta Airlines, serre la pince de Fred Cromer, président de Bombardier Avions commerciaux.

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Le PDG du transporteur américain Delta Airlines ne s'en est pas caché, le prix à payer pour faire l'acquisition de 75 appareils CS100 de Bombardier a été un élément important du processus de prise de décision, mais les attributs techniques et opérationnels de la nouvelle famille d'avions ont aussi été des facteurs déterminants.

«On a étudié toutes les options disponibles sur le marché et ce sont les appareils de Bombardier que l'on a choisis. Notre décision démontre que Bombardier est dans la même catégorie que Boeing et Airbus», a lancé Ed Bastien, le grand patron de Delta Airlines.

Cette déclaration a soulevé des applaudissements nourris de la part des quelques dizaines d'employés de Bombardier qui assistaient à la conférence de presse organisée par Bombardier et Delta dans l'usine d'assemblage de la C Series, à Mirabel.

Selon le dernier classement réalisé par l'Association internationale des transporteurs aériens (IATA), Delta Airlines se classe au premier rang mondial des compagnies aériennes en termes de passagers transportés. En 2014, Delta a transporté 24,2 millions de passagers sur des vols internationaux et 105 millions sur des vols intérieurs.

Alain Bellemare confirme que Bombardier livre maintenant une concurrence directe aux géants Boeing et Airbus tout en continuant de concurrencer le constructeur brésilien Embraer, son rival de toujours dans le marché des jets régionaux.

«Oui, on est maintenant dans la même ligue que Boeing et Airbus, mais il y a une nuance importante: Bombardier est le seul manufacturier à proposer un avion complètement neuf dans le segment des appareils de 100 à 150 places.»

«Boeing a voulu répliquer avec son Boeing MAX 7 de 130 passagers et Airbus fait pareil avec son A319, mais il s'agit d'appareils existants qui sont reconfigurés. Ils ne sont pas pleinement optimisés comme peuvent l'être les appareils de C Series», poursuit M. Bellemare.

Selon lui, Bombardier détient une longueur d'avance sur ses nouveaux concurrents puisqu'elle est l'entreprise qui a créé le marché des jets régionaux en lançant un premier appareil à 50 places, puis un deuxième de 70 passagers, et enfin une troisième version à 90 places.

«On a suivi l'évolution du marché et on a vu qu'il existait un besoin pour des avions de 100 à 150 places. On a développé une famille d'appareils qui a une valeur économique unique avec des coûts d'opération, d'entraînement et une configuration de cabine que les autres n'offrent pas», insiste Alain Bellemare.

Changement de perception

La commande que vient de signer Delta Airlines et celle que va confirmer Air Canada aujourd'hui constituent une grande victoire pour Bombardier, puisqu'elles lui permettent d'atteindre et même de dépasser la cible des 300 commandes fermes qu'elle s'était fixée avant l'entrée en service de sa nouvelle famille d'avions.

Au total, Bombardier a un carnet de commandes et d'options sur plus de 800 appareils de la C Series. L'entreprise prévoit toujours arriver au point d'équilibre en 2020, année où la production d'appareils de la C Series va générer des flux de liquidités positifs.

«Dans l'industrie, Delta Airlines a la réputation d'être un acheteur brillant. Le fait qu'elle choisit Bombardier va créer un effet d'entraînement auprès des autres compagnies aériennes.

«Air Canada a aussi cette réputation, mais certains pouvaient penser que la compagnie nous avait choisis parce qu'on est une entreprise canadienne. La commande de Delta vient confirmer qu'Air Canada nous a préférés parce qu'on offre les meilleurs appareils», observe Alain Bellemare.

Le changement de perception du marché à l'endroit de la C Series apparaît maintenant solidement ancré dans la réalité.

Bombardier a renforcé sa situation financière et a crédibilisé sa démarche en obtenant l'appui financier du gouvernement québécois. «Sans le gouvernement du Québec, on ne serait pas là aujourd'hui», confirme le PDG de Bombardier.

L'avion a été certifié et ses milliers d'heures de vol ont permis de confirmer ses performances techniques et opérationnelles. «Avant, tous nos avantages étaient théoriques, c'était sur papier. Là, nos clients peuvent embarquer et constater les avancées technologiques de la C Series», souligne Alain Bellemare.

Que réserve l'avenir? Le ciel est-il devenu la limite?

«Je suis passionné, mais je ne veux pas m'emballer. On est bien partis», se contente de répondre le PDG de Bombardier.




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