Quand les coops sonnent la charge

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En moins d'une semaine, la coopérative laitière Agropur a annoncé coup sur coup deux acquisitions importantes aux antipodes du pays qui vont renforcer sa position d'acteur prépondérant dans le marché canadien de la transformation laitière. Et ce n'est pas fini puisque Agropur pourrait conclure d'autres transactions au cours des prochains mois.

Mardi dernier, Agropur a révélé qu'elle avait conclu l'acquisition de quatre usines de transformation laitière dans l'Ouest canadien qui appartenaient au groupe Sobeys qui en avait hérité lors du rachat, l'an dernier, des actifs de Safeway au Canada.

La coopérative québécoise a mis la main sur trois usines de transformation laitière à Winnipeg, Edmonton et Burnaby, en Colombie-Britannique, ainsi que sur une usine de crème glacée à Edmonton.

Agropur va payer 356 millions de dollars pour réaliser cette percée dans l'Ouest canadien, où elle exploitait déjà des usines en Colombie-Britannique et en Alberta mais où elle était absente du Manitoba.

Cette nouvelle présence manitobaine va permettre à la coopérative laitière de couvrir l'ensemble du marché canadien et de renforcer sa position de transformateur laitier auprès de ses gros clients, les Loblaws, Sobeys, Metro, Costco et Walmart de ce monde.

Lundi, Agropur a récidivé en annonçant l'acquisition des actifs laitiers de Northumberland Dairy Cooperative au Nouveau-Brunswick, une coopérative qui exploite une usine de transformation laitière dans la ville de Miramichi.

Il y a deux mois, Agropur avait conclu la fusion de la coopérative Dairytown Products au Nouveau-Brunswick et celle, en 2013, de la Maritimes Farmers Dairy qui exploite trois usines en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador.

En 2013, Agropur a réalisé pas moins d'une dizaine d'acquisitions, dont celles des fromages Damafro et de Larrivée International au Québec. L'entreprise, qui commercialise au Québec le lait Natrel et la nouvelle marque de yogourts ïogo, réalisait jusqu'à tout récemment un chiffre d'affaires annuel de 3,8 milliards.

«Sur une base annualisée, on devrait afficher des revenus de plus de 4,5 milliards cette année», estimait hier Serge Riendeau, président de la plus importante coopérative laitière canadienne.

La vitalité d'Agropur et le dynamisme que déploie l'entreprise pour consolider le marché canadien contrastent avec l'attentisme et la prudence extrêmes qu'affiche de façon générale le monde corporatif canadien qui dort sur des liquidités de 5700 milliards qui ne produisent rien.

Agropur n'est pas la seule des grandes institutions coopératives à poursuivre de façon ordonnée son expansion. Le Mouvement Desjardins a réalisé en début d'année une importante acquisition en rachetant les activités canadiennes de l'assureur State Farm et s'est hissé au deuxième rang des assureurs de dommages au Canada.

La Coop fédérée, propriétaire des quincailleries Unimat, a pris récemment une participation minoritaire au capital du Groupe BMR pour former un réseau plus performant de 360 quincailleries et ainsi mieux concurrencer les autres grands acteurs de l'industrie.

La Coop fédérée est aussi à piloter l'implantation d'une usine de production d'urée à Bécancour, en coentreprise avec la société indienne Indian Farmers Fertiliser Cooperative, pour un investissement total de 1,2 milliard.

«Comme coopérative de producteurs laitiers, notre rôle est de protéger les actifs de nos membres. En développant le marché canadien comme on l'a fait, on assure à nos membres une meilleure présence et ça leur donne les moyens d'être plus productifs.

«Si on n'avait pas consolidé le marché, d'autres l'auraient fait. Là, au moins, on fait partie des trois gros joueurs nationaux au Canada, avec Saputo et Parmalat», souligne Serge Riendeau.

Le président de la coopérative observe aussi qu'il ne reste plus beaucoup de place pour croître au Canada, que la consolidation arrive à terme. C'est pourquoi le marché américain représente certainement l'avenue d'expansion la plus probable.

Agropur exploite maintenant un réseau de 37 usines et dispose de 8 unités de production aux États-Unis, soit 4 usines de fromage, 2 usines de transformation du lait et 2 centres où l'on fabrique des ingrédients qui servent à la transformation laitière.

La coopérative laitière retire déjà 29% de ses revenus du marché américain, et ce pourcentage est appelé à augmenter dans un proche avenir.

«Le marché américain est encore morcelé, il y a de la place pour la croissance. On va regarder toutes les options, mais c'est sûr que, stratégiquement, c'est là qu'on s'en va», insiste Serge Riendeau.




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