Un nouvel optimisme prend forme à Davos

Le ton était nettement plus optimiste cette année à Davos qu'il ne l'a été au cours des six précédentes assemblées annuelles du Forum économique. La crise de 2008 a laissé de profonds stigmates qui tardent à guérir, mais on a senti qu'un vent d'espoir commence à souffler.

Il faut dire que le Forum économique mondial s'est ouvert au lendemain de la publication de prévisions économiques révisées à la hausse par le Fonds monétaire international (FMI), en raison principalement d'une vigueur plus forte que prévu des économies avancées.

De 3% en 2013, la croissance économique mondiale devrait atteindre 3,7% en 2014. Les États-Unis devraient enregistrer une hausse de 2,8% de leur économie contre 1,8%, selon le FMI.

Le ministre canadien du Commerce international, Ed Fast, qui codirigeait la délégation canadienne à Davos avec le ministre des Affaires étrangères, John Baird, partage ce nouvel enthousiasme qui point à l'horizon.

L'économie canadienne n'a pas suivi la croissance observée aux États-Unis, mais le ministre Fast est d'avis que le rattrapage se réalisera cette année.

«Déjà les chiffres du dernier trimestre traduisent un renversement. En 2014, on va davantage profiter de la reprise américaine et nos entreprises vont bénéficier d'un dollar canadien à 90 cents.

«On a présentement une balance commerciale négative, mais ce n'est pas un phénomène structurel, ce n'est que passager, les choses vont se corriger dans un avenir prochain», évalue le ministre Fast.

Tout au long du Forum, Ed Fast a multiplié les rencontres avec des investisseurs étrangers pour leur vendre les mérites du Canada, mais il a aussi épaulé la vingtaine d'entreprises canadiennes qui étaient sur place.

Lors de notre rencontre, le ministre du Commerce international venait de clore une table ronde qui réunissait les PDG canadiens en mission à Davos.

«C'est vraiment un endroit unique. Il n'existe aucun événement semblable au monde et il faut être là pour y participer pleinement», a-t-il souligné.

Mark Carney, la star

La première fois que j'ai rencontré Mark Carney, c'était à Davos, en janvier 2008. Le financier de chez Goldman Sachs venait d'être nommé nouveau gouverneur de la Banque du Canada et il devait entrer officiellement en fonction la semaine suivante.

Je l'avais croisé à la réception du Canada et c'était une belle occasion de réaliser une première rencontre avec celui qui allait prendre les rênes de la Banque centrale canadienne, au moment même où sévissait la pire crise financière internationale des 50 dernières années.

Et c'est là qu'a débuté l'un des plus beaux dialogues de sourds que j'aie jamais eu le droit de vivre.

Voulez-vous nous dire comment vous envisagez votre nouvelle carrière?

«Non.»

Voulez-vous nous dire pourquoi vous avez accepté de relever pareil défi?

«Non.»

C'était clair, Mark Carney ne voulait pas me parler. Puis, dans un grand sourire, il m'a gentiment expliqué qu'il avait décidé de ne pas donner d'entrevue avant d'avoir pleinement habité ses nouvelles fonctions. Il m'a proposé de patienter un an avant de reprendre cette discussion sans issue.

Vendredi soir, au moment même où j'arrive à la réception canadienne de Davos, je croise le même Mark Carney, mais maintenant drapé du nouveau titre de gouverneur de la Banque d'Angleterre.

«Vous venez visiter votre ancien pays?», lui ai-je demandé. «Comment ça, mon ancien pays? C'est et cela restera toujours mon pays», m'a-t-il répondu.

Je lui ai alors rappelé notre discussion d'il y a six ans. Il s'en souvenait très bien. Je lui ai alors suggéré de reprendre là où on avait laissé en lui demandant s'il voulait bien me parler de sa nouvelle vie et du mandat colossal dont il a hérité.

«Non», m'a-t-il répondu. Bon, le même cirque recommençait. «Vous ne voulez pas me parler, M. Carney?» «Non, a-t-il répliqué, je me suis engagé à ne pas accorder d'entrevue à des journalistes canadiens pendant toute la première année de mon mandat. Ce serait manquer de loyauté envers l'institution que je représente.»

La constance est certes la qualité cardinale que j'attribuerais à Mark Carney... Ceci étant, l'ex-gouverneur de la Banque du Canada a un peu le statut de star à Davos.

Il a participé samedi après-midi au prestigieux atelier sur les prévisions économiques mondiales 2014, en compagnie notamment de Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, et du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

Mark Carney a été chaleureusement accueilli par ses compatriotes à la réception du Canada et il était manifestement plus disert avec eux qu'il ne le sera jamais avec moi.




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