Mission écourtée, démarchage réussi

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(DAVOS) Le séjour écourté de Pauline Marois au Forum économique mondial n'a pas été marqué par des annonces d'investissements spectaculaires, mais il a permis à la première ministre du Québec de réaliser un démarchage tout aussi utile que nécessaire auprès de grandes multinationales qui ont toute la latitude d'investir là où bon leur semble.

Mme Marois a dû écourter son séjour à Davos pour se rendre dès demain au chevet des familles des victimes de la tragédie de L'Isle-Verte. Si elle avait poursuivi sa mission économique comme prévu, on l'aurait accusée, avec raison, d'insensibilité.

Surtout que plusieurs estiment en partant que ces pèlerinages annuels à Davos auprès des puissants de ce monde relèvent tout simplement du scandale.

Ils y imaginent une première ministre qui passe sa journée à se délecter de façon complaisante de petits fours durant les cocktails et réceptions qu'organisent des milliardaires sans scrupules, avant de se retirer dans une luxueuse suite d'hôtel.

Bon, c'est une façon de voir les choses. Dans la réalité, Pauline Marois a effectivement assisté à plusieurs cocktails - ça fait partie du «show» -, mais elle et son bras droit, Mario Albert, PDG d'Investissement Québec, ont surtout participé à un marathon de rencontres avec des investisseurs qui sont d'autant plus intéressants qu'ils prennent la peine de s'informer sur le Québec et acceptent de les rencontrer.

À Davos, tous les autobus de la ville sont tapissés d'immenses publicités qui décrivent l'Inde comme le plus important marché potentiel de consommateurs du monde, que c'est l'endroit au monde où il faut investir.

Jeudi soir, j'ai assisté à une soirée organisée par l'Indonésie. Une soirée coûteuse où plus de 500 invités ont pu découvrir la cuisine et l'accueil de ce pays, avec un défilé des costumes locaux ainsi que des démonstrations de leurs danses traditionnelles. C'était très réussi.

Le Nigeria est le pays-vedette de cette 44e présentation du Forum économique mondial, et l'entrepreneur nigérian Aliko Dangote - l'homme le plus riche d'Afrique et 43e fortune mondiale avec ses 20 milliards, selon la revue Forbes - est coprésident de l'évènement.

Cette soirée de promotion, les publicités indiennes véhiculées sur les autobus de Davos et la forte présence du Nigeria servent, paradoxalement, à financer le Forum économique mondial.

Ces pays payent une fortune pour obtenir une visibilité à Davos, mais ils n'ont aucun moyen de savoir si leur effort promotionnel suscite le moindre intérêt auprès des grands décideurs des multinationales et s'il va susciter les moindres retombées.

Répéter le message

«Les campagnes de marketing à 500 000$, je ne crois pas à ça», m'expliquait hier Mario Albert, d'Investissement Québec.

La première ministre Marois et lui ont réalisé durant leur séjour à Davos 12 rencontres officielles avec des PDG de multinationales qui souhaitent investir ou réinvestir au Québec, dont Ericsson, Schneider Electric, AB Volvo et Medtronic. Certaines rencontres ont été sollicitées par le Québec, et d'autres ont été tenues à la demande des entreprises.

Mario Albert a, pour sa part, présidé près d'une vingtaine de rencontres avec d'autres investisseurs potentiels, dont certains se sont manifestés pendant le sommet.

«Il y a des entreprises qui ne participaient pas au Forum économique mais qui sont venues à Davos spécialement pour nous rencontrer», se réjouissait Pauline Marois au cours de la conférence de presse bilan de son passage en Europe.

La première ministre Marois a officialisé quatre projets d'investissement totalisant un demi-milliard de dollars et qui devraient entraîner la création de 600 emplois. Ce n'est pas un exploit mirifique, mais ça met un peu de carburant dans le moteur économique du Québec.

Durant ses rencontres avec les PDG, Pauline Marois répète le même message: le Québec dispose d'une main-d'oeuvre qualifiée, à coût raisonnable, il offre des avantages fiscaux et une énergie verte à coût nettement concurrentiel.

Les entreprises courtisées proviennent de secteurs diversifiés - mines et métallurgie, hautes technologies, sciences de la vie, fabrication... -, et des développements avec certaines des entreprises rencontrées sont à prévoir, selon la première ministre, dans les prochains mois.

Le Québec a donc d'excellentes raisons d'assurer une présence active au Forum économique mondial, comme il le fait depuis une trentaine d'années. C'est le seul endroit au monde où autant de décideurs économiques et politiques sont réunis en même temps. On peut parler ici de masse critique profitable.




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