La Bourse au secours du Fonds et des régimes de pension

La bonne tenue des marchés boursiers a été sans contredit le facteur déterminant de la dernière année financière. Non seulement les marchés ont permis aux régimes de pension canadiens de se remplumer de belle façon, mais aussi la performance spectaculaire des titres québécois a généré l'essentiel des rendements du capital de développement du Fonds de solidarité FTQ pour le premier semestre de son exercice financier.

Le Fonds de solidarité a dévoilé hier un rendement de 4,4% sur son actif de 9,7 milliards pour la période de 6 mois terminée le 30 novembre dernier. Cette performance a permis à l'action du fonds de travailleurs de s'apprécier d'autant pour atteindre un sommet historique à 29,21$.

Au cours des 12 derniers mois - de décembre 2012 à novembre 2013 -, l'action du Fonds a progressé de 7,4%, ce qui en fait un rendement correct pour une société d'investissement qui doit consacrer une part importante de ses actifs en capital de développement.

À la lecture des derniers résultats financiers, on constate toutefois que ce sont les placements boursiers qui ont permis aux gestionnaires du fonds FTQ d'obtenir leur rendement de 4,4% puisque le portefeuille d'obligations a perdu près de 1% de sa valeur durant la période.

Le portefeuille d'actions (canadiennes, américaines et mondiales) a produit pour sa part un rendement de 9,8%, soit une performance tout juste supérieure à celle générée par l'indice S&P/TSX de Toronto, qui a progressé de 9,57% en 2013.

Les titres boursiers ont aussi permis au portefeuille de capital de développement de se distinguer puisque les actions cotées en Bourse des entreprises québécoises ont réalisé un gain moyen de 23,6%, alors que les actions privées et les fonds spécialisés en capital de risque ont enregistré une hausse de 3%.

À cet égard, le rendement du portefeuille de titres québécois du Fonds de solidarité se rapproche de celui produit par l'indice québécois Morningstar/Banque Nationale, qui a littéralement éclipsé l'indice TSX de la Bourse de Toronto en 2013 avec un rendement étonnant de 32%.

La manne réparatrice

La tenue exceptionnelle des principaux marchés boursiers en 2013 a toutefois mieux servi les régimes de pension canadiens que le Fonds de solidarité de la FTQ.

Selon la firme Mercer, qui mesure depuis 1999 la santé des régimes de retraite à prestations déterminées, l'année 2013 a permis à plusieurs de se remplumer de façon notable.

En début d'année, seulement 6% des régimes canadiens étaient pleinement capitalisés, donc capables de faire face à leurs obligations actuarielles.

À la fin de l'année, grâce à la tenue exceptionnellement favorable des marchés boursiers et à un redressement notable des rendements des obligations à long terme, près de 40% des régimes de retraite sont maintenant pleinement capitalisés.

«On a eu droit en 2013 à une tempête parfaite, mais à l'envers de celle de 2008 au cours de laquelle les marchés boursiers et obligataires se sont effondrés. Une chose demeure certaine, c'est que le niveau de risque est tout aussi élevé aujourd'hui qu'il l'était au moment de la crise», observe Hubert Tremblay, actuaire et conseiller principal chez Mercer.

Mercer fait le suivi de plus de 600 régimes de pension au Canada. Si certains régimes publics, tels ceux des villes de Montréal et de Québec, sont loin d'avoir retrouvé un point d'équilibre, il y en a plusieurs autres, comme celui des enseignants de l'Ontario, qui respirent nettement mieux.

De façon générale, l'indice Mercer, qui mesure la santé générale des régimes de retraite à prestations déterminées, a terminé l'année à son plus haut niveau depuis 2001, soit à 106%. Ce même indice s'établissait à 82% en début d'année.

«C'est sûr que la bonne tenue des marchés boursiers a été salutaire, mais c'est le retour des rendements sur les obligations à long terme qui a fait du bien et qui profitera aux régimes de retraite», renchérit Hubert Tremblay.

Les caisses de retraite allouent habituellement de 40 à 45% de leurs actifs aux titres de revenu fixe et de 50 à 55% aux actions.

Selon les estimations de Mercer, réalisées à partir des différents indices qui sont disponibles, les fonds équilibrés ont produit un rendement moyen de 12,8% en 2013. Ce qui reste, on en convient, une année tout à fait respectable.




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