«Je n'en peux plus»

Alexandre Taillefer (documentaire Bye).... (Crédit : ICI Radio-Canada.)

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Alexandre Taillefer (documentaire Bye).

Crédit : ICI Radio-Canada.

Dans la journée du 6 décembre 2015, Thomas Taillefer, 14 ans, a envoyé un message de détresse à son idole Sodapoppin, une supervedette de la plateforme Twitch, qui se spécialise dans la retransmission en ligne de parties de jeux vidéo.

« Je n'en peux plus, je ne suis plus capable », disait notamment la missive de l'adolescent, fils de l'entrepreneur Alexandre Taillefer. Thomas l'a renvoyé une deuxième fois à Sodapoppin, un Texan de 23 ans aux cheveux roses. Il n'a pas obtenu de réponse.

Quelques heures plus tard, Thomas, qui souffrait de cyberdépendance, se tirait une balle dans la tête, dans le sous-sol de la maison familiale à Saint-Lambert. Avant de se tuer, Thomas avait même publié une photo du modèle de la balle qui allait l'atteindre mortellement.

C'est cru, brutal, mais c'est la douloureuse réalité dépeinte par le documentaire Bye, qui raconte les démarches de l'ancien Dragon pour comprendre le suicide de son fils accro aux jeux vidéo.

Bye, c'est la seule note qu'a laissée Thomas à son père Alexandre, sa mère Debbie Zakaib et sa soeur Daphnée avant de se donner la mort. Radio-Canada diffusera cette émission d'une heure le mardi 5 décembre, à 21 h, soit la veille du deuxième anniversaire de la mort de Thomas Taillefer. Elle passera également en simultané au 95,1 FM pour conscientiser le plus de gens possible aux problèmes de santé mentale.

Dans ce court film de 45 minutes, qui aurait pu être rallongé d'une demi-heure, Alexandre Taillefer rencontre un groupe de gamers, dont plusieurs ont tenté, par le passé, de se suicider. Ils se livrent sans censure à la caméra : « Nos parents, ce sont les dernières personnes à qui on veut en parler. Vous nous avez mis au monde, on ne veut pas vous décevoir », confie l'un d'entre eux.

Dans les dernières années, Alexandre Taillefer a vu son fils s'isoler et placer l'ordinateur au centre de son univers. Thomas avait aussi engraissé de 35 livres. Après des comportements « psychotiques », l'adolescent a été vu par un psychiatre, qui n'a rien détecté d'anormal, mis à part de la douance et un manque de sommeil, alors que Thomas songeait à « partir » depuis l'âge de 10 ans.

Alexandre Taillefer ne le digère toujours pas. « Il n'y a pas un tabarnak qui m'a dit qu'il y avait un risque de suicide », rageait hier Alexandre Taillefer, en marge du visionnement de presse.

Bye aborde une tonne de sujets interreliés : l'intimidation, la dépression, le manque de ressources pour les personnes anxieuses, dépendantes ou dépressives, la dépendance aux écrans et les délais d'attente de plus de six mois pour voir un psychologue dans un CLSC.

C'est Jean-Philippe Dion, des Productions Déferlantes, qui mène les entrevues avec Alexandre Taillefer. Le ton ne bascule jamais dans le sensationnalisme. Les parents devraient regarder Bye avec leurs ados et en profiter pour discuter de ce sujet encore tabou qu'est la maladie mentale.

Et comme le remarquait Alexandre Taillefer la gorge nouée, si la mort de Thomas peut servir à en éviter d'autres, un grand pas aura été fait.

BOOMERANG REVIENT À SON ESSENCE

La finale de Boomerang, diffusée lundi soir, nous a (enfin) ramenés à l'essence de cette comédie, qui s'est égarée entre l'hystérie et les blagues de faux gais cet automne. Lundi, c'est le Boomerang classique que l'on aime qui est revenu dans nos téléviseurs, le Boomerang où ça gueule en famille, mais où l'on sent la tendresse qui unit la famille Bernier.

Ce détail fait toute la différence. Par exemple, la scène du lit de Monique (Marie-Thérèse Fortin) et Pierre (Marc Messier), glissée à la toute fin de l'épisode, aurait pu être insupportable. Mais il se dégageait tellement de bonheur et d'amour de cette cacophonie qu'elle nous faisait sourire béatement.

Comme un cri de Patrick (Antoine Bertrand), l'alerte au divulgâcheur résonne ici de façon tonitruante. Cette finale en accéléré a ramené les deux soeurs enceintes Karine (Catherine-Anne Toupin) et Stéphanie (Magalie Lépine-Blondeau) au bercail. Mais qui est le père de leurs enfants à naître ? Claude (Bernard Fortin) ou Patrick (Antoine Bertrand), dans le cas de Karine ?

Quant à Stéphanie, elle a recouché avec Richard (Émile Proulx-Cloutier), il me semble, avant qu'il ne décampe à Toronto, où il a décroché un emploi de rêve. Stéphanie a aussi fréquenté plusieurs jeunes hommes dans sa phase célibataire, ce qui rend la chasse au papa pas mal plus exhaustive.

Les chances que la quatrième saison de Boomerang se concrétise sont très bonnes, me dit-on.

ÉVACUATION DOUBLE

Les huit derniers candidats d'Occupation double qui se trouvaient encore à Bali ont été évacués en raison des menaces d'éruption du volcan du mont Agung.

Accompagnés de deux nounous et de quatre membres de l'équipe, les huit concurrents sont arrivés hier dans la ville de Surabaya, dans l'île voisine de Java, après un voyage de 15 heures en ferry et en fourgonnette. Leur arrivée au Canada est prévue demain après-midi. La production les cachera ensuite dans un chalet au nord de Montréal jusqu'à la grande finale du 10 décembre. Ouvrez l'oeil si vous voyez une blonde frisée qui gambade dans les bois.




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