Adorable et attachante Anne!

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Il s'agit probablement de l'un de mes souvenirs de télévision les plus lointains et les plus tendres, aussi : la minisérie Anne... la maison aux pignons verts présentée à Radio-Canada au milieu des années 80. Un classique indémodable.

Je me souviens avec bonheur de la rousse et bavarde Anne (attachante Megan Follows), de sa meilleure amie Diana Barry, de son affection pour le prénom Cordélia, de son amour des robes à manches bouffantes, de la voisine pas fine Rachel Lynde ainsi que de ses parents adoptifs, Matthew et Marilla Cuthbert, les propriétaires de la magnifique résidence des pignons verts.

À l'époque, c'était frappant à quel point les personnages s'appelaient presque toujours par leur nom complet. Dégage, Gilbert Blythe! Excuse-toi, Anne Shirley!

Le remake Anne, commandé par CBC et Netflix, et dont la diffusion en français démarre sur ARTV le samedi 5 août à 21h, nous ramène l'orpheline encore plus vive, indépendante et dégourdie qu'il y a 30 ans.

Impossible de ne pas ressentir une forte bouffée de nostalgie en revoyant la sympathique Anne débarquer chez les Cuthbert avec son chapeau usé, son sac de voyage élimé et son désir irrépressible d'être aimée. Un peu comme la naïve Maria (Julie Andrews) qui sonnait à la porte de la famille Von Trapp dans La mélodie du bonheur. Netflix a hébergé cette série au printemps sous le titre Anne With an E, mais l'a retirée la semaine dernière.

La nouvelle version d'Anne a conservé son aspect «petite maison dans la prairie» avec ses superbes paysages de l'Île-du-Prince-Édouard. L'auteure et productrice Moira Walley-Beckett, qui a scénarisé plusieurs épisodes de Breaking Bad, lui a cependant greffé des segments plus glauques, principalement quand l'héroïne rousselée se souvient de son passé difficile dans des foyers violents.

Anne... la maison aux pignons verts, à l'approche plus fleur bleue, ne comportait pas de telles scènes d'intimidation ou de raclée digne de la petite Aurore. Ces courts flash-backs nous en apprennent plus sur ce qui a forgé la personnalité si unique de cette enfant qui n'a jamais connu ses vrais parents, morts d'une forte fièvre trois mois après sa naissance.

Ce personnage de préadolescente de 13 ans, créé par l'écrivaine Lucy Maud Montgomery en 1908, n'a pas pris une ride. Anne - avec un E, ça fait plus distingué - est curieuse, passionnée, résiliente, courageuse, enflammée et cultivée. Et par-dessus tout, ce que la fougueuse Anne affronte au quotidien est encore très contemporain : sa différence.

Ses parents adoptifs désiraient un garçon pour aider aux travaux de ferme. Dès le début, Anne se bat donc pour que son sexe ne l'empêche pas de demeurer chez les Cuthbert. De plus, son physique atypique l'isole des autres gamins du voisinage.

Au diable les moqueries, Anne surmonte les obstacles grâce à son optimisme contagieux et à sa détermination inébranlable. Pour une ado de 13 ans, c'est impressionnant et inspirant.

Du côté négatif, il y a abus d'instruments à cordes pour marquer la mélancolie et la musique aux accents celtiques sonne vieillotte, même pour une série campée à la fin du XIXsiècle. Mettons que ça tranche avec la chanson du générique, Ahead by a Century, interprétée par le groupe The Tragically Hip.

Je l'avoue, je préfère l'actrice de 1985, l'adorable Megan Follows, dans le rôle principal. La nouvelle Anne de 2017, jouée par Amybeth McNulty, est époustouflante, mais celle qui l'a précédée a si bien dessiné les contours du personnage qu'elle gardera toujours sa place dans le coeur des fans de l'abondante oeuvre de Lucy Maud Montgomery.

Malgré la présence d'une des idéatrices de Breaking Bad au générique, Anne demeure une série grand public, pour toute la famille. Et on s'entend ici : cette télésérie ne révolutionnera pas votre été. C'est charmant et rempli de bons sentiments, mais ça ne provoque pas de dépendance ou de compulsion.

En même temps, Anne nous change des séries déprimantes et grises. C'est là que réside sa plus grande force, je trouve. Anne Shirley, c'est un rayon de soleil permanent dans nos téléviseurs. Avec l'été pourri qui nous arrose depuis de trop longues semaines, cette météo clémente venue des Maritimes est plus que bienvenue.




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