C'est vous, nous et moi

Susan Kelechi Watson et Sterling K. Brown dans... (photo Ron Batzdorff, fournie par nbc)

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Susan Kelechi Watson et Sterling K. Brown dans une scène de This is Us, le succès surprise de la saison automnale américaine.

photo Ron Batzdorff, fournie par nbc

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C'est de la télévision toute simple, dépouillée de bling-bling ou d'effets spéciaux assourdissants, mais bourrée d'émotions, de douceur et de tendresse.

C'est tellement touchant et bien ficelé qu'on se demande pourquoi personne n'a allumé là-dessus avant.

Ça s'appelle This Is Us et ça joue les mardis à 21 h sur CTV. Seulement deux épisodes ont été diffusés jusqu'à présent et vous pouvez les rattraper gratuitement sur le site web de la chaîne canadienne. Faites-le. C'est de la télé doudou qui réconforte, dans la lignée des Parenthood, La vie la vie ou Thirtysomething, et c'est le succès Cendrillon de la saison automnale américaine.

Non, je ne vous ordonnerai pas de visionner cette série «pur bonheur» en sirotant un latte à la citrouille, bien emmitouflé dans une courtepointe cousue avec amour par votre grand-maman adorée. Ça va faire, les clichés. Et c'est pas buvable, du latte à la citrouille, bon.

This Is Us, c'est la vie ordinaire de gens ordinaires, mais racontée avec une finesse extraordinaire. Quatre des personnages principaux de la série partagent la même date d'anniversaire - ils fêtent tous leurs 36 ans au premier épisode - et un lien très spécial les unit. Le révéler gâcherait assurément votre écoute, alors, zip, chut!

Il y a Jack (Milo Ventimiglia), un futur papa nerveux dont la femme (Mandy Moore) est sur le point d'accoucher. Il y a Kate (Chrissy Metz), une célibataire endurcie qui déteste son corps et qui essaie désespérément de maigrir. Il y a Kevin (Justin Hartley), un acteur de sitcom merdique qui remet sa carrière en question. Et il y a Randall (Sterling K. Brown), un riche avocat qui a été abandonné par ses parents à la naissance.

À travers eux, This Is Us explore des thèmes comme le deuil, le pardon, le racisme ou l'espoir - partez ici une chanson de Sufjan Stevens -, sans jamais sombrer dans la mièvrerie. Pour l'instant, du moins.

Le plus étonnant, c'est que chacun des épisodes se conclut avec un punch renversant. Pas une explosion nucléaire ni un déraillement de train, mais un revirement inattendu dans la courbe dramatique qui vous happera à tout coup. Je n'ai jamais vu venir le premier, encore moins le deuxième.

Je me demande d'ailleurs comment les auteurs arriveront à maintenir cette cadence élevée de retournements sans affecter la crédibilité du récit. Gros défi en perspective.

This Is Us comporte plusieurs couches d'intrigues et nous balade habilement à travers différentes époques. Pourquoi cette télésérie trouve-t-elle une telle résonance auprès de ses fans? Parce qu'elle met en scène des personnages simples (dans le bon sens du terme), qui traversent des moments charnières et qui ont des choix déterminants à faire.

S'accrocher à un couple qui se meurt ou cultiver son bonheur ailleurs? Déterrer un passé difficile ou continuer à vivre dans la réconfortante ignorance? Nous avons tous expérimenté des situations similaires.

Vous pensez savoir où se dirige This Is Us? Vous avez tout faux. La série emprunte des détours auxquels vous n'avez pas encore pensé. C'est également ce qui contribue à son charme irrésistible.

Le point sur L'imposteur

Autre télésérie qui enchaîne les revirements: L'imposteur de TVA, qui a débuté lentement à la Rectify pour se muer en efficace thriller policier.

J'adore le personnage de belle-soeur harpie jouée par Émilie Bibeau. Il y a des acteurs qui n'arrivent jamais à se glisser adéquatement dans la peau «du vrai monde». Émilie Bibeau le fait sans jugement, sans caricature, sans tics empruntés. Raymond Bouchard aussi. On croit à son rôle de papa issu de la classe moyenne.

En regardant le quatrième épisode lundi, j'ai finalement mis le doigt sur ce qui me chicotait depuis le début avec L'imposteur: le personnage principal, campé avec brio par Marc-André Grondin, a toujours l'air d'un chevreuil surpris par les phares d'une voiture.

Je m'explique. Ce n'est pas le jeu du comédien qui est en cause ici, mais bien la construction de la série, dont l'action a été comprimée sur une période de moins de deux semaines.

Dans L'imposteur, on veut que le téléspectateur progresse en même temps que l'ex-détenu Philippe (Marc-André Grondin).

Pour nous, il s'est écoulé une semaine entre les épisodes. Nous avons donc pu décanter et réfléchir à la suite de l'histoire. Mais pour Philippe, il ne s'est écoulé qu'un jour. Conséquence? Philippe n'a pas notre recul et se trouve constamment en état de choc, ce qui finit par devenir lassant.

Philippe cherche toujours quelque chose: son bureau au poste de police, ses clés au loft, ses pièces d'identité ou quoi dire à Marianne (Marie Brassard) et Gaïa (Sophie Desmarais). Allume, Phil!

Vraiment, on a hâte qu'il comprenne tout le potentiel dont regorge la vie de son frère jumeau Youri. On a hâte que Philippe profite à fond de la situation et qu'il joue le jeu auquel on s'attend depuis le début, finalement.

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