L'univers complexe de Westworld

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

C'était l'événement télévisuel, dimanche soir, aux États-Unis. La première diffusion de l'ambitieuse télésérie de science-fiction Westworld à HBO, qui porte l'empreinte du superproducteur J.J. Abrams, responsable des succès Lost et Alias, de même que de la résurrection de Star Trek au cinéma.

Ce Westworld, que Super Écran programmera en janvier, dérive du film du même nom de Michael Crichton (Jurassic Park) sorti en 1973. C'est une production à plusieurs couches, complexe et compliquée, mais tout de même intrigante. Elle aspire le téléspectateur dans un immense jeu vidéo hypermoderne, où tout, absolument tout, est permis.

Mais ne sautons pas d'étapes trop rapidement. Westworld, c'est le nom d'un parc d'attractions rétro-futuriste à la fine pointe de la technologie. Dans ce faux Far West à la Deadwood, on retrouve un saloon bondé, un magasin général, de grands espaces comme à l'époque de la ruée vers l'or et environ 2000 habitants.

Moyennant un prix d'entrée de 40 000 $, de riches clients-touristes, surtout des hommes, viennent s'amuser à Westworld. Ils peuvent y coucher avec les prostituées du bordel, torturer un voleur, braquer la banque ou s'engager dans un duel en pleine rue.

Pour ces joueurs fortunés, Westworld représente l'évasion ultime, le fantasme suprême. Sans aucune conséquence à la sortie, ils peuvent y assouvir tous leurs bas instincts et s'adonner à la plus immorale des activités.

Car les 2000 villageois de Westworld sont en effet des robots ultra-sophistiqués, programmés pour faire vivre des expériences inoubliables à ces gens en manque de sensations fortes. À la fin de la journée, on efface la mémoire de ces androïdes identiques à des humains et ils repartent à zéro, comme dans Le jour de la marmotte.

Mais voilà, des robots/personnages dévient du script original après une mise à jour de leur logiciel d'exploitation. Certains se souviennent de bribes de leur passé et ressentent de vraies émotions. D'autres tentent de s'enfuir.

Cette (prévisible) rébellion n'enchante évidemment pas l'énigmatique créateur de Westworld, le Dr Robert Ford (Anthony Hopkins), qui tire toutes les ficelles.

Cette série foisonnante pose des questions intéressantes sur l'intelligence artificielle, l'éthique et les frontières du bien et du mal.

Par contre, Westworld ne se laisse pas apprivoiser facilement. Je mentirais en écrivant que la première tranche, difficile à digérer, m'a enchanté.

C'est inutilement froid et aucun des personnages ne ressort du lot, à part peut-être la naïve fille du ranch, Dolores (Evan Rachel Wood).

Parfois, on a l'impression que les concepteurs de Westworld ont entortillé des intrigues philosophico-scientifiques uniquement pour se donner un vernis de crédibilité, sans que ça n'alimente le récit.

Par contre, le potentiel est là. Faudra voir s'il se déploiera de façon efficace et si les fans embarqueront. Les critiques ont été très partagées.

Pour l'instant, ce Westworld ne détrône absolument pas Game of Thrones de la première place des téléséries événementielles à ne pas rater.

Attente payante

La mise en place de Feux a été longue, comme je l'écrivais la semaine dernière, exaspéré par les préparatifs interminables des 50 ans de Claudine (Maude Guérin).

L'attente en vaudra la peine. L'épisode que Radio-Canada relaiera lundi soir, et qui marquera la mi-parcours de Feux, est le meilleur de la série jusqu'à présent. Maude Guérin y est époustouflante. Elle méritera assurément une sélection aux Gémeaux l'an prochain.

Il y a tellement de non-dit dans cette heure de télévision, tellement d'inconfort, mais aussi des révélations surprenantes, qui catapultent l'histoire de Serge Boucher dans une nouvelle direction.

La nature de la relation entre le mystérieux Jean Forget (Aliocha Schneider) et Claudine s'éclaircit enfin. Et ce n'est pas du tout ce que l'on avait imaginé au départ.

Vous verrez la Claudine froide et distante sous un éclairage plus flatteur, qui rend plus attachante cette femme complexe.

Enfin, les personnages se confrontent, notamment grâce à une convive volubile qui se pointe à la fête de Claudine sans carton d'invitation. Il s'agit d'un épisode charnière, qui ne décevra pas ceux qui se sont accrochés.

Hypothèse, ici: c'est sûrement le grand-père aphasique (Michel Forget) qui détient la clé de l'énigme. S'il prononce un mot, un jour, ça risque de secouer encore plus cet univers trouble.

Dans les sondages d'écoute, Feux est remonté lundi soir à 687 000 accros, pas très loin derrière L'imposteur de TVA (854 000). À 20 h, L'échappée à TVA (1 101 000) a encore dominé L'auberge du chien noir de la SRC (713 000).

C'est encore District 31 (881 000) qui a fourni à la SRC son meilleur pointage de la soirée lundi. La quotidienne policière a même eu le dessus sur La voix junior de Maripier Morin (763 000) à 19 h. Un exploit digne de mention.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer