Rythmé, punché et acidulé!

À la barre du 31e Gala des prix... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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À la barre du 31e Gala des prix Gémeaux, les coanimateurs Jean-Philippe Wauthier et Éric Salvail n'ont épargné personne lors de leurs numéros.

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On ne savait pas trop comme allait réagir la salle quand Jean-Philippe Wauthier et Éric Salvail ont dégainé le premier d'une série de gags piquants sur le gratin de l'Union des artistes assis à leurs pieds.

À mi-chemin dans leur numéro d'ouverture bien baveux, le parterre se tapait sur les cuisses et les deux coquets copilotes, galvanisés, ont enfilé les blagues acides: les cotes d'écoute dignes du web de Série noire, le vieux monsieur essoufflé qui anime Piment fort, le vide de l'entrevue de Marie-Claude Barrette avec Céline Dion ou les percepteurs d'impôts aux trousses de Marc Hervieux.

Personne n'a été épargné et c'était très drôle. Ce ton grinçant, qui pimente les productions américaines, convient parfaitement à Wauthier et Salvail. Ça passe, car ils s'administrent volontairement le même traitement bitch. Suffit de réentendre les commentaires de Fabien Cloutier à propos de la synchronicité de leurs cycles menstruels pour s'en convaincre. La meilleure défense, c'est l'attaque, même en humour.

Et pas de temps mort dans ce gala qui a duré 2 h 30 min. Ça roulait à fond de train et les bons flashs se succédaient: l'autodérision de Sophie «hum, hum» Grégoire, le «girl power» québécois des Jeux olympiques de Rio, les billets de moitié-moitié (et le gag sur Julie Snyder, bonne joueuse), le shooter collectif, la voix hors champ de Paul Houde ou la formidable «montée de lait» collective calquée sur Format familial, qui renfermait plusieurs perles. Les surprises ont éclaté un peu partout dans cette cérémonie punchée.

Le retour sous les projecteurs de l'animatrice Josée Boudreault, victime d'un AVC cet été, a procuré de gros frissons d'émotion dans nos salons. Belle touche humoristique que d'appeler en renfort, juste au cas, deux des médecins de l'excellente docuréalité De garde 24/7.

Il faut le souligner, la plupart des remerciements ont été inspirants, touchants et rigolos. Car, comme l'a souligné avec justesse Louis-José Houde, ce n'est pas toujours le cas, n'est-ce pas, chers membres de l'ADISQ? Prenez des notes, s'il vous plaît.

Jamais blasé, le grand Guy Nadon, fier de la culture québécoise, a fait lever la foule. L'oeil mouillé, Guylaine Tremblay a rendu un vibrant hommage à son papa. Le brillant Martin Matte a taquiné Antoine Bertrand, qui l'a battu comme meilleur acteur comique dans la fête d'après-midi, causant la plus grande surprise de ce 31e Gala des prix Gémeaux. Bah, c'est sans doute le facteur «malaise cardiaque» qui a joué en sa faveur, a raillé Martin Matte.

Parenthèse, ici: les premiers rôles en comédie devraient tellement être remis pendant le gala principal et non à l'Avant-première. Merci.

Point faible: le numéro consacré aux émissions de variétés, dont le son était pourri. Honnêtement, ce segment aurait été retranché et personne n'aurait rouspété. Armé de la marionnette de la vérité des Beaux malaises, Éric Salvail a eu l'occasion de répliquer à Martin Matte, mais ne l'a pas saisie. Cette intervention est tombée à plat.

Pas d'énormes surprises ni d'amères déception en scrutant le bulletin final: l'ordre établi du showbiz québécois a été respecté à la lettre avec le couronnement des Pays d'en haut, qui a remporté la statuette la plus prestigieuse de la soirée sous le nez de Série noire, tout aussi méritoire, mais qui a mordu la poussière des habitants de Sainte-Adèle dimanche soir.

L'épatant Vincent Leclerc, dont le Séraphin Poudrier a ébahi le Québec l'hiver dernier, a évidemment été récompensé. Souvent cantonné dans de petits rôles, il posait ses mains sur son tout premier Gémeaux. 

Le discours de Vincent Leclerc a été attendrissant, en plus de contenir un message percutant: producteurs et diffuseurs, osez embaucher de nouveaux visages!

Laurence Leboeuf, qui décoiffe dans Marche à l'ombre à Super Écran, a été préférée à Fanny Mallette de Mensonges et Anne-Élisabeth Bossé de Série noire.

Au rayon des téléromans, Guylaine Tremblay a repris la statuette que Sophie Lorain d'Au secours de Béatrice lui avait arrachée l'an passé. Exaspérantes pour les téléspectateurs, les scènes de colère de notre Marie Lamontagne enragée auront finalement été payantes pour son interprète.

À la toute fin, Unité 9, qui a éclipsé Au secours de Béatrice, a ajouté un autre Gémeaux à sa vaste collection. Le pape de la colonie artistique, Guy A. Lepage, a lui aussi récupéré le trophée qu'Éric Salvail avait moissonné l'an dernier. Guy Nadon, toujours solide dans O', demeure indétrônable, tout comme Les beaux malaises dans les séries comiques.

En variétés, La voix a encore supplanté ses rivaux. Un tel phénomène culturel ne passe plus inaperçu à l'Académie, qui attribue les rubans d'honneur.

Avec la qualité grandissante des productions de TVA, il n'y a plus vraiment d'enjeux à savoir quel réseau accumule le plus de prix. Dans le gala d'après-midi, TVA a brillé pour le meilleur jeu (Le banquier) et la meilleure téléréalité (Vol 920).

C'est tellement plus agréable quand il n'y a plus de chicane dans la cabane des Gémeaux.

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