Quand les Jeux nous mettent K.-O.

Le judoka Antoine Valois-Fortier a connu une défaite... (PHOTO TOSHIFUMI KITAMURA, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Le judoka Antoine Valois-Fortier a connu une défaite crève-coeur en match de repêchage devant le Japonais Takanori Nagase, finissant septième au classement.

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Le marathon olympique s'achève, hélas !, et ce buffet à volonté de sports d'été nous a fait redécouvrir l'immense plaisir de regarder la télé en direct, en communion avec nos semblables, alors que la tendance actuelle nous incite à nous enfermer seuls avec huit épisodes de Stranger Things à avaler comme un champion mangeur de hot-dogs de Coney Island.

Depuis deux semaines, nous vibrons collectivement au rythme des performances d'athlètes dont nous ignorions l'existence - go, Derek Drouin ! - jusqu'à tout récemment. 

Plusieurs collègues voudraient que je pulvérise la couverture offerte par Radio-Canada, qui a connu des ratés, on ne s'en cachera pas. Mais qu'est-ce qu'on retiendra, dans cinq ou dix ans, de ces Jeux de Rio ? Les micros qui restent ouverts en studio, certaines questions stupides posées dans la zone mixte, ou les grands moments d'émotion que nous ont procurés les Jennifer Abel, Penny Oleksiak et Andre De Grasse ? 

Depuis la cérémonie d'ouverture, j'ai zappé compulsivement entre NBC, CBC et Radio-Canada à la recherche du moindre frisson. Quand c'était rasoir à un poste, bonsoir, je sautais à l'autre. J'adore regarder ces compétitions. Le parcours doré de la petite bombe américaine Simone Biles à la gymnastique a été époustouflant. Non, mais quelle athlète, dont la vie deviendra assurément un film hollywoodien. Impossible, non plus, de ne pas admirer les performances herculéennes du nageur Michael Phelps et celles du sprinteur Usain Bolt, qui nous ont fait exploser de joie dans nos salons. 

La partisanerie des analystes ne me dérange absolument pas, surtout quand il s'agit de représentants du Québec ou du Canada anglais qui tentent d'arracher une médaille.

Que Pierre Houde s'emballe ou que Jean-Paul Baert crie au meurtre, amenez-en, ça hurle encore plus fort dans les chaumières. Imaginez à quel point ce serait ennuyeux si les descripteurs restaient impassibles et neutres après un plongeon parfait de Pamela Ware ? On s'emmerderait royalement. 

À la SRC, les deux meilleures commentatrices ont été, à mon avis, Annie Pelletier au plongeon et Sylvie Fréchette à la nage synchronisée. Sans remplir inutilement du temps d'antenne, ces deux médaillées ont livré des observations précises avec juste la bonne dose d'esprit partisan. Bien aimé aussi Alexis De Lancer et ses lunchs à la plage. 

À l'opposé, Bruny Surin paraît très mal aux côtés d'un pro comme Pierre Houde, qui a été fort touchant lorsqu'il a évoqué le souvenir de Richard Garneau. 

La plus grosse gaffe a été commise sur les ondes de la CBC quand le journaliste Elliotte Friedman a confondu, en direct, les nageurs américains Ryan Lochte et Michael Phelps pendant toute l'épreuve du 200 mètres. 

Comment Friedman a-t-il réagi après cette grave erreur ? Il en a pris l'entière responsabilité. J'ai merdé, je n'ai aucune excuse, je me sens mal d'avoir causé du tort à mon réseau, a confié Elliotte Friedman au magazine Sports Illustrated

Le segment le plus crève-coeur de ces deux semaines de tournois a sans aucun doute été l'effondrement du judoka Antoine Valois-Fortier après son élimination surprise. Incapable de parler, il pleurait abondamment devant un journaliste qui aurait dû puiser plus profond dans sa réserve naturelle d'empathie. 

On aurait tellement voulu réconforter le sportif de Québec, lui communiquer toute notre fierté collective. Mais c'est malheureusement la loi non écrite des Jeux olympiques. Les caméras filment tant les triomphes spectaculaires que les défaites cruelles.

SUGGESTION SLOW TV 

Je vous avertis, cette minisérie policière ne plaira pas à tout le monde. C'est très lent, quasiment hypnotisant. Ça m'étonne d'ailleurs d'avoir autant embarqué dans cette production américaine, moi qui préfère habituellement les intrigues rapides ponctuées de nombreux rebondissements. 

Ça s'appelle The Night Of et ça raconte une enquête de meurtre très complexe à travers les yeux du présumé assassin, des policiers qui l'ont intercepté ainsi que des avocats qui le défendent. HBO Canada diffuse actuellement ce petit bijou et Super Écran le fera briller à partir du jeudi 8 septembre à 20 h. Programmez tout de suite votre enregistreur. 

The Night Of se rapproche du docuréalité, tellement on est absorbé par l'histoire de Naz, un étudiant d'origine pakistanaise dont la vie tranquille bascule quand il se réveille quasiment à côté du cadavre d'une jeune femme qui a été sauvagement poignardée. Naz l'a-t-il tuée ? Il ne se souvient plus de rien. Sinon, qui a commis le crime ? 

Paniqué, Naz commet une série d'erreurs de junior qui mènent directement à son arrestation. Et là, nous découvrons avec ce jeune musulman issu d'une bonne famille les profondeurs - et la noirceur - du système de justice américain. Tractations louches avec des juges, paresse des avocats de la défense et médias qui crucifient l'accusé, cette histoire nous est racontée avec beaucoup de finesse et d'intelligence. Une jolie découverte de l'été.

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