Priez pour nous, pauvres téléspectateurs

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La chaîne Unis TV avait un bon filon à exploiter avec sa première série de fiction originale, St-Nickel, lancée à la fin du mois de mai mais disponible en rattrapage sur son site web.

Noémie Yelle, la vedette de St-Nickel.... (Photo fournie par UNIS TV) - image 1.0

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Noémie Yelle, la vedette de St-Nickel.

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D'abord, l'histoire a été enracinée dans la communauté francophone de Sudbury, un milieu que la télé traditionnelle ne visite à peu près jamais. Ensuite, le personnage principal du récit, Nicole Martel (Noémie Yelle), mère de deux garçons, gagne sa pitance comme danseuse nue dans un des rares cabarets du coin, le St-Nickel, d'où le titre de cette minisérie de six épisodes d'une heure.

Bref, le matériel intéressant à extraire était là. Hélas ! il a été très mal traité. St-Nickel, réalisée par Jean-Sébastien Lord, se cherche désespérément un ton. Comédie vulgaire comme Les Bougon ? Drame policier impliquant des motards ? Ou production ésotérique peuplée d'apparitions de la Sainte Vierge ?

Après deux épisodes, le téléspectateur se perd complètement tellement le niveau de St-Nickel (les mardis à 22 h) bascule d'une scène à l'autre. L'adorable comédienne Noémie Yelle, qui campe l'effeuilleuse érotique en chef, ne dégage pas l'énergie brute d'une survivante que l'on associe à ce milieu très difficile où, à 32 ans, les femmes frôlent leur date d'expiration.

Plusieurs répliques, écrites par le scénariste franco-ontarien Julian Doucet, sonnent douloureusement faux. Et pourquoi avoir greffé au texte ce chapelet de sacres pas du tout nécessaires ?

Dans le premier épisode, au moins deux personnages rappellent à la blonde Nicole qu'elle se « shake les totons » pour gagner sa vie. C'est chic.

Mais pas autant que le personnage de Chantal (Isabelle Blais), la soeur alcoolique de Nicole, qui, en faisant un test de grossesse, ordonne à son frère gai astrologue (non, ce n'est pas une blague) de détourner le regard en lâchant : « Je n'ai pas envie de t'offrir un portrait de ma plotte. » La grande classe.

Cette Chantal Martel, enseignante aigrie et désorganisée, couche avec un de ses élèves de 17 ans, et c'est hallucinant à quel point cette intrigue est traitée avec légèreté et insouciance. Passons.

Évidemment, quand une série se déroule en région - on salue Belle-Baie et Le clan ici -, elle comprend toujours un volet de mobilisation citoyenne contre un vilain promoteur. St-Nickel n'y échappe pas : des condos remplaceront l'église et le club de danseuses menace de fermer ses portes, imaginez le drame !

Dans tout ce fouillis, la vaillante Nicole a des visions de la Vierge Marie, qui lui prodigue même des conseils. Se sauver en courant de Sudbury n'en fait malheureusement pas partie.

DU CÔTÉ DE LONDRES...

Pour une soirée de gavage télévisuel pas mal plus bourrative, voici une suggestion captivante : London Spy, offerte sur Netflix.

Il s'agit d'une excellente minisérie d'espionnage de la BBC qui se dévore en un court week-end.

London Spy démarre sur un pont de Londres, au petit matin. Un employé solitaire d'un grand centre de distribution, Danny (Ben Whishaw, qui incarne Q dans Skyfall et Spectre), sort d'une longue nuit de fête un brin amoché. Il y croise l'énigmatique et timide Alex (Edward Holcroft), un banquier qui fait son jogging. Le courant passe entre les deux jeunes hommes, qui se fréquenteront, plus ou moins secrètement, pendant huit mois.

Jusqu'au jour où Alex sera assassiné. Par qui et pourquoi ? Mystère. Danny découvre alors que son ancien amoureux, qui lui a menti sur sa véritable identité, bossait comme espion pour le MI6. Lequel des nombreux secrets d'Alex lui aura donc coûté la vie ? Les pistes foisonnent et Danny se décarcassera pour épingler l'assassin, quitte à mettre sa propre vie en danger.

L'enquête de Danny l'amènera à confronter un personnage glacial joué avec maestria par Charlotte Rampling. Pour ne rien divulgâcher, je vais me taire ici.

Il y a de nombreuses touches d'Hitchcock dans London Spy. On y retrouve aussi des éléments de thriller et de film d'horreur. Si vous avez apprécié l'ambiance angoissante de The Fall, sachez que c'est le même réalisateur, Jakob Verbruggen, qui s'est planté derrière la caméra des cinq épisodes d'une heure de London Spy.

Vous verrez, London Spy est très étrange au premier abord. On ne sait pas trop où ça se dirige, mais après la deuxième heure, ça y est, on est solidement accroché. C'est anxiogène, dérangeant et franchement bien raconté. À ajouter sur votre liste maintenant.

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