Les divas et la démone

En 2011, Céline Dion, alors en pleine promotion... (photo fournie par tva)

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En 2011, Céline Dion, alors en pleine promotion de son disque Loved Me Back to Life, avait visité le plateau de l'émission Le banquier, animée par son amie Julie Snyder.

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Je me pousse à peine 10 jours à l'ombre de tous les palmiers et de tous les bananiers - avouez que vous avez du Beau Dommage dans la tête présentement - et pouf !, le showbiz québécois a quasiment implosé. Comme si Mercure avait rétrogradé 10 fois en l'espace d'une semaine.

Commençons avec Julie Snyder, dont la vie personnelle et professionnelle a subi de puissantes secousses sismiques dignes d'un film catastrophe. Quel avenir lui réserve le réseau TVA, pour lequel elle bosse depuis près de 20 ans ?

Comme le contrat de la démone expire à la fin des enregistrements du Banquier et comme elle a été écartée à la dernière minute, sans trop d'explication, de l'entrevue de Céline Dion, toutes les suppositions grondent.

Mais qu'a-t-il bien pu se passer en coulisse pour que Julie soit ainsi excommuniée, tandis que toute l'équipe qu'elle a elle-même mise en place autour de la diva de Charlemagne, dont le concepteur Stéphane Laporte et le réalisateur Jean Lamoureux, demeure en selle ?

Il y a quelque chose de pas clair là-dedans. Les liens qui unissent Julie à Céline ne se sont pourtant pas effilochés. La popstar de 48 ans est la marraine de Romy, la fille de Julie et PKP. Le nouvel impresario de Céline Dion, Aldo Giampaolo, qui a été le promoteur de la première tournée de Star Académie, forme un couple avec Marianik Giffard, qui a été vice-présidente aux Productions J jusqu'à l'été dernier. Marianik Giffard a même été le témoin de Julie à son mariage.

Aux dernières nouvelles, personne n'est en froid avec personne dans ce petit groupe tissé serré, d'une loyauté à toute épreuve.

Alors, pourquoi TVA a-t-il finalement viré capot et annoncé que c'est Marie-Claude Barrette de Deux filles le matin qui interviewera l'interprète endeuillée ? Simple désir de renouveau, car Michel Drucker a aussi perdu son titre de confident officiel, répondrez-vous.

Non, ce n'est pas du tout la même chose. L'entente commerciale pour les émissions spéciales de Céline Dion vient de passer de France 2 à M6. Et Michel Drucker travaille exclusivement pour France 2, ce qui l'exclut d'office. C'est donc logique que M6 choisisse sa propre tête d'affiche, Stéphane Rotenberg (Pékin Express, Top chef), pour cet entretien avec la chanteuse à succès.

C'est également le coproducteur de L'été indien, Franck Saurat de Carson Prod, qui orchestrera l'émission spéciale de Céline pour la chaîne M6. Vraiment, mais vraiment tout le monde dans l'univers professionnel de Julie, autant en France qu'ici, participera à ce pow-wow... sauf Julie. Ce qui rend la situation encore plus mystérieuse.

Au Québec, c'est TVA qui détient les primeurs sur Céline Dion, un pacte payant qui a été facilité par Julie Snyder à l'époque du Poing J, en 1997.

Ça m'étonnerait énormément que Céline Dion ait exigé le remplacement de Julie Snyder, d'autant plus que les deux amies traversent, chacune de leur côté, des moments très difficiles. Il ne reste que les hautes sphères impénétrables de TVA pour nous éclairer là-dessus.

À Tout le monde en parle, Julie Snyder a eu de très bons mots pour sa successeure, Marie-Claude Barrette. C'était élégant et très classe de sa part. D'ailleurs, pendant toute l'entrevue, Julie a été drôle, charmante, empathique, calme et allumée. Cette Julie-là, moins survoltée qu'au Banquier, on souhaiterait la voir plus souvent dans nos petits écrans. Et on va la revoir, je le sens.

Il faut absolument qu'on se jase de Pierre Lapointe, qui a fait son numéro de diva effarouchée à Tout le monde en parle la semaine précédente, pourfendant à grands coups de sacres le système qui classe les vedettes (les A, les B et les C) selon leur degré d'attraction.

Il y avait pourtant moyen d'amorcer un débat sain - et parfaitement légitime - sur la pipolisation des médias sans coller au plafond de même. Et surtout, sans que ça suinte autant l'amertume, la frustration et le mépris.

Décidément, Pierre Lapointe bricole de la bien meilleure musique qu'il ne fabrique de la télévision populaire et accessible. Quand on passe trop de temps à agencer ses costumes au décor et aux vêtements de sa coanimatrice, au lieu d'étoffer son contenu, ça donne Stéréo pop, un produit bien emballé, mais emballé sous vide, sans aucune chaleur et avec un degré de prétention frôlant l'intolérable.

Le problème de Stéréo flop ne venait pas des chanteurs de catégorie A ou Z, mais bien de Pierre Lapointe lui-même. Quand on maîtrise moins bien un médium comme celui de la télé, il faut avoir l'humilité d'écouter les conseils de ceux qui pratiquent ce métier depuis des lunes. Lapointe a préféré envoyer paître tout le monde et ne se fier qu'à sa grosse tête. Résultat : Stéréo pop repose au columbarium des mal-aimés. Et on ne priera pas pour sa résurrection.

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