Joindre le futile à l'agréable

Mélissa Désormeaux-Poulin (à droite) incarne l'avocate Ariane Beaumont... (PHOTO FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA TÉLÉ)

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Mélissa Désormeaux-Poulin (à droite) incarne l'avocate Ariane Beaumont dans la série Ruptures.

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Bien malgré nous, notre oeil s'attarde à un paquet de détails superficiels quand on s'écrase devant nos émissions préférées. On scrute les tenues griffées des personnages, la jolie vaisselle qu'ils déposent sur la table, la marque de l'ordinateur sur lequel ils pianotent à deux doigts (salut Samuel O'Hara !) ou le canapé blanc dans lequel ils s'enfoncent.

Avouez, on le fait tous. Est-ce complètement vide et insignifiant comme réflexe ? Oui et non. Oui, parce qu'on devrait se concentrer sur l'intensité extrême de la soeur de Geoffroy dans Yamaska plutôt que de faire une fixation sur les bottes Sorel chaussées par Patrick Bouchard (Vincent-Guillaume Otis) dans Série noire.

Et non, parce que la télé, c'est d'abord et avant tout de l'image. C'est de l'apparence, c'est fabriqué expressément pour nous éblouir. Assumant complètement mon givrage sucré, voici donc un palmarès d'observations purement cosmétiques qui embellissent ou défigurent nos séries québécoises favorites.

LA CABANE DE RÊVE

Martin et Julie habitent une splendide maison d'architecte dans Les beaux malaises. C'est hallucinant. Petit défaut : ça semble trop loin du centre-ville de Montréal. Dans O', les O'Hara vivent dans des palaces quatre étoiles, à commencer par Jacqueline (Marie Tifo), maîtresse du même manoir que celui vu dans La galère.

Le loft de Gloria (Geneviève Boivin-Roussy), celui qu'elle occupait du temps où le vilain Andreï l'agressait, était magnifique. Philippe (Louis-David Morasse) et Louisa (Marilyse Bourke) crèchent tous deux dans des McChâteaux sans âme de banlieue, tandis que Charles (Stéphane Demers) et Josée (Lynda Johnson) ont des goûts plus raffinés. On les imagine résider à Mont-Royal, pas très loin du Centre Rockland.

La palme de la plus belle demeure du petit écran revient cependant à l'avocate de Ruptures, Ariane Beaumont (Mélissa Désormeaux-Poulin). Avoir à choisir, c'est dans l'appartement Pinterest d'Ariane et Étienne (Vincent-Guillaume Otis) que je déposerais mes boîtes. Un lieu chaleureux et contemporain, avec des éléments plus rétro, style « mid-century » moderne. Mention spéciale à la splendide demeure de (feue) Nathalie Lapointe (Macha Grenon) dans Nouvelle adresse.

1-800-SAMSUNG

O' est visiblement commandité par Samsung : la riche famille ne jure que par ce fabricant coréen, à part pour les ordinateurs, tous des MacBook. Mais les modèles employés par les O'Hara, genre Galaxy S3 ou S4, commencent à dater.

Avec l'argent qu'ils engrangent grâce au brevet du bioplastique, qu'attendent-ils pour s'offrir un rehaussement d'équipement ? Le nouveau S7 a récemment été commercialisé. Je dis ça de même.

Dans Au secours de Béatrice, Béatrice (Sophie Lorain) se sert d'un vieux iPhone 4. Même chose pour l'oncologue Claire Hamelin (Marie-Thérèse Fortin) dans Mémoires vives, qui pianote sur un iPhone 4, probablement dû pour une mise à jour lui aussi.

Encore ici, c'est dans Ruptures que la modernité cellulaire est à son apogée. Ariane, Claude (Isabel Richel) et Michaël (Steve Gagnon) utilisent tous des appareils de génération 5 en montant.

GUIDE DE L'AUTO

La famille O'Hara roule en Mercedes et en Lexus, quand elle ne se déplace pas en décapotable ou en hélicoptère. Dans les soupers de famille, les rutilants bolides des O'Hara se garent à la queue leu leu comme chez un concessionnaire haut de gamme.

Il n'aurait pas pu en être autrement. Personne n'aurait cru à l'histoire de ce clan fortuné si ses membres conduisaient une Pony de Hyundai ou une Acadian de Pontiac, circa 1984. Question de crédibilité.

Ruptures ne donne pas sa place non plus côté voitures de luxe valant le revenu annuel d'un ménage québécois. Uniquement dans l'épisode de mercredi, on y a vu une Porsche grise et un magnifique Range Rover.

CARTE DE MODE

Toutes les femmes dans mon entourage, sans exception, se pâment devant le beau linge de la brillante Ariane dans Ruptures. Ses jupes, ses chemisiers ou ses escarpins (des Michael Kors) : la production empocherait le magot si elle commercialisait les vêtements enfilés par Ariane. Les O'Hara devraient d'ailleurs se payer la styliste de Ruptures, à mon humble avis.

Le look de l'ambitieuse Justine Salvail (Julie Ringuette), une de mes procureures préférées de Ruptures, est tout aussi réussi. Constat identique pour la garde-robe d'Étienne : enfin un homme, dans une série de fiction, qui porte des complets bien coupés, aux couleurs actuelles qui ne font pas vendeur de chars usagés.

Dans Mémoires vives, le sergent-détective Daniel Dupuis (Stéphane Gagnon) a également l'air de sortir des pages du magazine GQ. Mettons que ça fait changement des pantalons de clown et des casquettes rouges des flics de la police de Montréal. Contravention de style, s'il vous plaît.

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