Nouveau western captivant

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Pas besoin de consulter Nostradumas pour écrire les lignes qui suivent. Un succès éclatant à la Unité 9 attend Les pays d'en haut en janvier à Radio-Canada. Ne vous étonnez pas si les cotes d'écoute de cette ambitieuse oeuvre d'époque fracassent les 2 millions de téléspectateurs.

Parce que les plus vieux la regarderont pour comparer avec les épisodes usés à la corde par ARTV et Radio-Canada. Parce que les plus jeunes y découvriront des personnages forts, intenses et attachants. Parce que le récit original de Claude-Henri Grignon a été dépouillé de toute forme de censure. Et parce que c'est très bien écrit, très bien joué et très bien réalisé.

Ce que la SRC nous propose, c'est un western hyperréaliste, dur et violent à la manière de Deadwood. Ça sacre dans Les pays d'en haut, ça prend un coup, ça se tape sur la gueule, ça fume et ça baise de façon olé olé. Une scène d'amputation plutôt gore au cabinet du bon Dr Cyprien (Roger Léger) nous catapulte également dans The Knick, la magnifique série médico-historique de HBO.

Oubliez la pauvre Donalda soumise, docile et ennuyeuse, qui avait été carrément plantée dans l'histoire pour représenter la vision du clergé de l'épouse parfaite. Ce personnage féminin, campé par Sarah-Jeanne Labrosse, a été réinventé par le brillant Gilles Desjardins (Mensonges) en femme courageuse, débrouillarde et têtue, mais toujours aussi amoureuse de son bel Alexis Labranche (Maxime Le Flaguais).

Dans les rues de Sainte-Adèle, un véritable village du Far West, les robes des femmes traînent dans la boue. Les personnages ont les cheveux gras, les dents jaunies et les ongles crasseux (même ceux de la jolie Donalda). Côté sourire, Alexis et Donalda ont été épargnés par la dentition de type scorbut, car le réalisateur Sylvain Archambault les filme souvent en gros plan, en train de s'embrasser, et ça n'aurait pas été très ragoûtant pour les gens à la maison.

Aucun personnage n'échappe des patois drôles ou gentils comme dans le bon vieux temps. Les dialogues sonnent plus vrai, plus naturel, en empruntant les anglicismes et autres mots d'usage courant dans les colonies du Nord.

À l'hôtel, qui ressemble à un saloon animé avec ses portes battantes, la tenancière Caroline Malterre (Anne-Élisabeth Bossé) vole la vedette. Elle est formidable, cette Caroline, qui n'avait qu'une poignée de répliques dans Les belles histoires des pays d'en haut.

Autre beau personnage revu et corrigé: la sensuelle Délima Poudrier (Julie Le Breton), alias la Grand Jaune, qui rentre de Montréal pour arracher son père (Gaston Lepage) des griffes acérées de son frère Séraphin Poudrier (Vincent Leclerc).

Parlons-en de Séraphin. Il n'a plus rien à voir avec l'archétype du méchant véhiculé par Pierre Lebeau au cinéma ou Jean-Pierre Masson à la télévision. D'abord, Séraphin est beaucoup moins laid et ne porte plus son horrible capine. Ensuite, ses manigances à la Frank Underwood de House of Cards sont plus subtiles, quoique tout aussi efficaces. Et il sait faire preuve d'empathie.

Le texte remanié des Pays d'en haut explique mieux les origines de l'avarice et de la méchanceté de Séraphin. L'acteur Vincent Leclerc, qui l'incarne avec toutes les nuances nécessaires, deviendra une grande vedette, c'est clair.

Autre figure imposante de ces belles histoires: le curé Labelle, alias le roi du Nord, celui qui se bat pour la construction du chemin de fer. Antoine Bertrand est parfait dans la soutane - souvent crottée - du curé Labelle, qui boit du whisky et qui bat n'importe qui au tir au poignet.

La distribution des Pays d'en haut comprend une trentaine de premiers rôles. C'est un projet colossal comme il ne s'en fabrique plus beaucoup chez nous.

Dans le premier épisode, que vous verrez le lundi 11 janvier à 21 h, la présentation des personnages est rapide et efficace. Vous ferez (de nouveau) connaissance avec le père Laloge (Julien Poulin), le journaliste Arthur Buies (Paul Doucet), le premier ministre Honoré Mercier (Jean Maheux), le père Ovide (Michel Charette), Pit Caribou (Mario Jean) et Évangéliste Poudrier (Gaston Lepage).

Quand l'histoire démarre, en 1886, Séraphin n'est pas encore agent des terres, encore moins maire de Sainte-Adèle. Sa transformation en être machiavélique s'exécutera plus graduellement.

Les pays d'en haut n'a plus rien à voir avec la version télé des Belles histoires et ses décors en carton de théâtre d'été. Nous avons affaire ici à une grande saga télévisuelle, qui mélange astucieusement des éléments politiques, religieux, historiques et romantiques, et qui va encore, eh oui, marquer le Québec.

Voilà du bien bon matériel qui alimentera plusieurs discussions de machine à café du mardi matin, c'est certain.

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