C'est l'hiver, c'est l'hiver, c'est l'hiver !

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Dans la «vraie vie», c'est autre chose. Mais j'adore quand les téléséries imbriquent l'hiver dans leurs histoires. Exactement comme dans Série noire de Radio-Canada, où le blizzard fouette violemment les joues de Denis et de Patrick (François Létourneau et Vincent-Guillaume Otis), embue leurs lunettes et salit leurs grosses bottes Sorel.

Comme téléspectateur, on sent qu'il fait vraiment «frette» et que le rideau de neige qui s'abat sur les personnages n'est pas constitué de flocons de pommes de terre (secret du métier, ici).

La première saison de Fargo a exploité avec brillance les rudesses de la saison froide. Routes glacées balayées par de forts vents ou tapis blanc qui craque sous les pas d'un tueur: on frissonnait - dans tous les sens du terme - en se tapant les épisodes de Fargo, bien au chaud sous 14 épaisseurs de doudous.

Je m'attendais à retrouver cette rugosité nordique en attaquant la deuxième saison de Fargo, offert présentement sur FX Canada et iTunes. Erreur. C'est encore l'hiver, mais en version timide.

C'est probablement le seul reproche qu'il y a à formuler envers cette production américaine de calibre supérieur. C'est à dévorer absolument pendant le congé de Noël.

Le deuxième chapitre de Fargo est aussi bon, sinon plus, que le premier. Ça sent les Golden Globes, je vous dis.

Cette fois-ci, l'action de Fargo - qui s'inspire toujours de l'univers flyé des cinéastes Ethan et Joel Coen - s'écartèle entre Luverne, au Minnesota, et Sioux Falls, dans le Dakota-du-Sud. Nous sommes dans les plaines du Midwest de 1979, une époque que reconstitue Fargo avec brio, autant dans les costumes que dans la façon de séparer l'écran en deux à la manière des films de cette décennie.

L'intrigue est typique d'une oeuvre des frères Coen. Un assistant boucher et sa femme coiffeuse (brillante Kirsten Dunst) mènent une vie plate et se retrouvent, à la suite d'une série de décisions stupides, au beau milieu d'une guerre sanglante entre une famille de criminels de Fargo et la grosse mafia de Kansas City.

Quand on pense que le boucher et la coiffeuse ne peuvent pas s'enfoncer davantage, boum! ils explorent le sixième sous-sol des mauvais choix. Leurs actions débiles entraînent une cascade de meurtres et de fusillades dans des bleds où il ne se passe jamais rien.

La police, menée par l'agent Lou Solverson (très bon Patrick Wilson), le même personnage que dans la première saison de Fargo, est débordée. Le sang gicle, les cadavres s'empilent et un des coupables disparaît même dans un hachoir à viande.

Les personnages secondaires sont formidables dans Fargo 2, notamment la mère du clan de gangsters (les Gerhardt), une sorte de Carmela Soprano qui fume la pipe.

Mme Gerhardt a trois fils: un jeune écervelé, un douchebag avant son temps et un nounours pas trop dégourdi (en apparence, du moins).

Déposez maintenant des fusils dans les mains de ces trois frères Gerhardt et constatez les dégâts. Aucun d'entre eux n'est le couteau le plus aiguisé du tiroir. Heureusement que la maman veille au grain.

À cette galerie, il faut aussi ajouter un tueur à gages amérindien, deux jumeaux barbus quasi muets, de même qu'un avocat - le seul de la ville - plus bavard qu'un animateur de radio de Québec.

Super Écran amorcera la présentation de Fargo 2 le jeudi 4 février à 23h. Le mélange d'humour noir, de crimes et de suspense y est parfaitement dosé.

L'empire Salvail

En plus des Recettes pompettes, d'En mode Salvail et de Lip Sync Battle, la société de l'animateur Éric Salvail, Salvail&Co, produira les deux talk-shows estivaux de Radio-Canada en 2016, soit celui de Pénélope McQuade ainsi que celui du dimanche soir, que copiloteront dorénavant Marie-Soleil Michon et Jean-Luc Mongrain.

C'est une bonne nouvelle pour le king de V, qui étend sa zone d'influence, et pour la SRC, qui a besoin d'insuffler du pep à ses shows de chaise.

On jase, là, mais mettons que vous travaillez comme concepteur sur l'un des deux talk-shows estivaux de Radio-Canada et que vous dénichez une idée du tonnerre pour un segment ou un flash de fou pour une entrevue. Allez-vous ranger cet éclair de génie dans un petit tiroir et le mettre en réserve pour l'automne, quand le grand patron reprendra les rênes d'En mode Salvail sur les ondes de V? Ou allez-vous le fournir immédiatement à Pénélope, Jean-Luc et Marie-Soleil? En résumé: y a-t-il un danger de diluer le produit original en le fragmentant sur deux autres plateformes - et chez le concurrent en plus?

Ce genre de dilemme ne se posera pas, m'explique Éric Salvail, car les équipes des émissions travailleront chacune de leur côté. «Aucun des talk-shows ne se construira au détriment de l'autre. De toute façon, les personnalités des animateurs sont tellement différentes. On n'enverra pas Pénélope faire de la nage synchronisée avec des personnes âgées», poursuit Éric Salvail.

Bien hâte de voir ce que donnera cette touche Salvail à Radio-Canada. En mode Michon Mongrain, peut-être?

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