Parfum de Série noire pour Karl & Max

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Le premier épisode de Karl & Max, la nouvelle production que Québecor offre depuis mardi matin aux abonnés du Club illico, pétaradera dans vos salons.

Pas de tataouinage, l'intrigue progresse super rapidement et les 30 premières secondes de l'épisode initial nous dévoilent même comment cette télésérie, qui distille des effluves de Série noire, se conclura.

À genoux, les mains liées et un fusil sur la tempe, les vieux amis Karl (Charles Lafortune) et Max (Guy Jodoin), séquestrés par des bandits, ne pourraient pas s'enfoncer plus creux dans le pétrin. Une détonation retentit. Qui a reçu la balle fatidique?

Et, surtout, comment ces deux banlieusards sans histoire, qui mènent des vies très rangées, voire plates, ont-ils pu être aspirés dans une histoire aussi rocambolesque? Voilà la pierre d'assise de Karl & Max, qui s'apparente à celle de Série noire, où deux scénaristes peu populaires (François Létourneau et Vincent-Guillaume Otis) alunissaient, bien malgré eux, au coeur d'une organisation criminelle secrète.

Clairement, Karl & Max, qui compte 10 épisodes d'une heure, vise une clientèle boulimique de téléséries, qui aime les oeuvres originales au ton décalé. Mettons que cette nouveauté détonnerait dans la grille horaire traditionnelle de TVA, logée quelque part entre Yamaska et Pour Sarah. Bien hâte de voir la réaction des téléphages du Club illico.

Sur la grande échelle de l'accessibilité, Karl & Max s'avère plus grand public que Série noire, mais pas mal moins qu'Au secours de Béatrice.

Cette série signée Claude Landry (Hommes en quarantaine) flirte avec le film noir et la comédie de situation, avec quelques touches d'American Beauty de Sam Mendes et du classique télévisuel The Sopranos. Ce mélange hétéroclite se tient plutôt bien.

Agent immobilier, célibataire et sans enfants, le grand Karl (Lafortune, qui renoue avec le métier d'acteur) est le plus dégourdi des deux protagonistes. Son pote Max (excellent Guy Jodoin) a, après 25 ans de mariage, toujours peur de décevoir sa femme Dominique (Évelyne Rompré). C'est un homme timide, casanier et à l'aise dans sa routine.

En week-end de pêche à Sainte-Agathe avec leur troisième voisin Yvon (Julien Poulin), Karl et Max tombent sur un sac de hockey bourré de billets verts. Il y a exactement 2 630 000 $ d'argent sale. Tout près, un corps gît dans une voiture renversée. L'auto explose. Karl, Max et Yvon se sauvent avec le fric, croyant que personne ne pourrait maintenant les retracer. Mauvaise décision.

Le «corps» a eu le temps de sortir avant la déflagration. Il s'agit du motard Greg Nesterenko, incarné par Patrick Hivon, qui cherchera à récupérer son magot. Entre-temps, la police s'en mêle et le patron de Nesterenko, le colérique Lou (Hugues Frenette), embauche un tueur à gages pour remonter la piste du butin disparu.

Ce personnage est fascinant. Il s'appelle Flower (Benoît Gouin), aime les habits bien coupés, le bon café et la précision du vocabulaire. Un truand qui a de la classe, quoi. Très rigolo, son chauffeur un peu nigaud, campé par Maxime Desjardins-Tremblay, m'a fait penser à Turtle dans Entourage, en version plus épaisse.

Le premier épisode se conclut sur un gros punch, pour stimuler l'écoute en rafale. L'histoire piétine cependant au deuxième épisode. Pour une raison que je ne divulgâcherai pas, Karl et Max, en grosse remise en question, gravitent en périphérie du récit principal et ça tourne en rond. On a alors le goût d'enfoncer la touche «avance rapide».

Heureusement, ça redécolle au milieu du troisième épisode, quand Nesterenko, ex-militaire recyclé en mule, prononcera sa toute première phrase entière. Sa femme (Marilyn Castonguay), prof de primaire à Laval, dégage du mystère, de la fragilité et quelque chose de louche, on dirait.

Pour casser l'image de l'animateur dandy de La voix, Charles Lafortune ne porte que du linge mou dans Karl & Max. Il réussit à nous faire oublier son emploi d'animateur de téléréalité. Même constat pour Guy Jodoin, qui se détache complètement - avec ses cheveux plus longs - de son rôle d'animateur de quiz à TVA.

Dimanche costaud

Le banquier, sur le thème La grande guignolée des médias, a conservé son titre d'émission la plus regardée du dimanche avec ses 1 681 000 fidèles. À Radio-Canada, Tout le monde en parle a piqué la curiosité de 1 115 000 téléspectateurs. La finale de Vol 920 n'a pas franchi la barre du million, se stabilisant à 878 000 adeptes. Vlog (1 084 000) a cependant rejoint le club des millionnaires.

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