A-t-on peur des juges méchants?

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À la chaîne M6, Gilbert Rozon incarne le juge vitriolique dans La France a un incroyable talent depuis 10 saisons déjà. Jamais il n'enrobe ses critiques - souvent très justes - dans quatre couches de miel dégoulinant. Le grand manitou de Juste pour rire s'y montre caustique, cinglant et direct, ce qui lui a valu l'étiquette de «méchant», une étiquette qu'il assume parfaitement.

Au Québec, Gilbert Rozon remplacera Alexandre Taillefer à Dans l'oeil du dragon au printemps et Radio-Canada l'a averti «de ne pas être aussi baveux qu'en France», dixit la grande patronne de la télévision française, Dominique Chaloult.

Pourquoi Gilbert Rozon ne pourrait-il pas être aussi mordant sur les ondes québécoises que sur les ondes françaises? Parce que cette attitude chiffonnerait des ego? Parce que ça rouspéterait dans les chaumières? Parce que la télé québécoise déteste la chicane? Peut-être un peu de tout ça.

Nos concours télévisés s'éloignent systématiquement des modèles de juges acides à la Simon Cowell (American Idol) ou Gordon Ramsay (Hell's Kitchen). À La voix l'hiver dernier, les éloges ont ruisselé sur des chanteurs de hall d'hôtel comme s'ils sortaient tous de la Scala de Milan.

Pourtant, l'homme de théâtre Serge Denoncourt prouve actuellement aux Dieux de la danse à la SRC qu'il y a de la place pour un peu plus de causticité dans les commentaires qui suivent les performances musicales. Et cela donne des moments de télé savoureux. Dans l'épisode présenté jeudi soir, la flamboyante Anne Casabonne a reviré Serge Denoncourt comme une crêpe après une remarque particulièrement vache à propos de sa soi-disant ménopause.

Gilbert Rozon se dit, lui aussi, fan de Serge Denoncourt: «C'est un cynique avec un sourire», glisse-t-il. À propos du ton plus bitch de Serge Denoncourt dans Les dieux de la danse, Dominique Chaloult indique: «Tant qu'il n'y a pas de mépris, tout va bien.»

Aux Dragons, Gilbert Rozon adoptera une approche plus humaine qu'à La France a un incroyable talent. «J'en ai vécu des échecs. J'en ai vécu des difficultés. Dans la vie, il y a des "non" qui sont des "non" constructifs», rappelle l'homme d'affaires de 61 ans.

Évidemment, Gilbert Rozon ne se transformera pas en agneau tout doux et tout mou, sans tonus. «Quand tu as trop de filtres, tu finis par t'autocensurer. Il faut toujours être vrai», souligne-t-il. Tout est dans la manière de dire les choses, précise Gilbert Rozon.

Depuis la saison dernière, les Mitch Garber, Danièle Henkel, Serge Beauchemin et Martin-Luc Archambault, qui ont tous signé pour la cinquième saison, prévue au printemps 2016, n'ont pas la réputation d'être complaisants. Quand un projet d'investissement broche à foin leur est soumis, ils relèvent chacune des failles, toujours de façon respectueuse, ferme et honnête.

«L'entrepreneuriat, c'est important. C'est la meilleure façon d'écrire sa vie. Il y a peu d'émissions qui mettent les entrepreneurs sur un piédestal», note Gilbert Rozon, qui se dit stressé et angoissé par ce défi.

Alexandre Taillefer avait annoncé son départ de Dans l'oeil du dragon en avril dernier, trop occupé par son vrai métier d'investisseur et d'entrepreneur. On va s'en ennuyer. Il était toujours pertinent, avec une belle touche d'humour. Jusqu'à tout récemment, Gilbert Rozon, dont le mentor est Pierre Marc Johnson, n'avait jamais été sollicité pour se visser dans l'un des cinq fauteuils de Dans l'oeil du dragon, qui comptera 11 épisodes d'une heure.

Le chiffrier du week-end

C'était une stratégie de diffusion risquée, mais les résultats d'écoute n'ont pas été catastrophiques. La mise en orbite de la minisérie québéco-acadienne Le clan a retenu l'attention de 392 000 fidèles samedi à 21h. Une performance honorable dans cette case horaire casse-gueule, d'autant plus que c'était l'Halloween et que divers partys vrombissaient un peu partout en même temps.

Dimanche soir, l'ordre mondial de la télévision québécoise a été rétabli avec le retour du Banquier (1 583 000) au premier rang des émissions les plus populaires, suivi de Tout le monde en parle (1 025 000). Le hockey du Canadien à RDS (674 000) a grignoté de l'audience aux deux grosses productions canon.

Chez Guy A. Lepage, ç'aurait été agréable que le Dr Michaël Bensoussan de l'émission De garde 24/7 laisse plus de temps de glace à la Dre Chantal Vallée, qui n'a pratiquement pas pu placer plus d'une phrase complète. Au Banquier, l'émission spéciale de l'Halloween fonctionne toujours aussi bien, année après année. C'est toujours amusant de deviner quel artiste se cache sous quel costume. Celui de Stefie Shock, alias Fifi Brindacier, m'a beaucoup fait rire. En voilà un qui a pris son personnage au sérieux... jusque dans les mimiques.

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