Chronique

Pompiers en alerte !

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les pompiers sont en feu cet automne à la télé québécoise. Et pas uniquement dans Chicago Fire. Chez V, on suit des combattants d'incendies dans 911 et TVA propose à son public sensiblement la même incursion dans Alerte 5.

Des pompiers en vedette dans la série Alerte... (Photo André Pichette, La Presse) - image 1.0

Agrandir

Des pompiers en vedette dans la série Alerte 5 de TVA

Photo André Pichette, La Presse

Laquelle des émissions a le plus attisé votre flamme de téléphage ? À l'opposé, l'une des deux vous a-t-elle complètement éteint ? OK, c'est la fin des jeux de mots à connotation pompière ici. Plongeons immédiatement dans le feu de l'action (c'était le dernier calembour, promis).

Après avoir inspecté attentivement les deux émissions, mon verdict résonne aujourd'hui comme une sirène dans la nuit : la docuréalité 911, diffusée les vendredis à 20 h 30 sur les ondes de V, est plus captivante et haletante qu'Alerte 5.

Ça chauffe du début à la fin dans 911. Le téléspectateur saute dans le camion rouge - ou l'ambulance - et en ressort, essoufflé, 30 minutes plus tard.

Contrairement à Alerte 5 de TVA, 911 n'explore jamais la vie privée de ses protagonistes.

La caméra de 911, alerte et nerveuse, reste toujours sur le terrain et se colle de très près aux sapeurs. Le montage, hyper serré, n'accorde que peu de répit aux accros. Et la présence du narrateur permet au téléspectateur d'embarquer directement dans l'histoire.

Par contre, la facture visuelle d'Alerte 5 est beaucoup plus léchée que celle de 911. Nous avons même droit à de superbes prises de vue aériennes de Montréal.

Le problème d'Alerte 5, présenté les mardis à 19 h 30, c'est qu'il ne s'y passe pas d'événements particulièrement stressants. La grande échelle ne sort presque jamais. Contrairement à 911, cette émission insiste sur l'histoire personnelle des pompiers à l'extérieur de la caserne 19, celle qui s'élève, angle De Lorimier et Ontario, à la sortie du pont Jacques-Cartier.

On voit les conjointes des sapeurs, leurs enfants, leurs maisons de banlieue, leurs soupers de famille, etc. Souvent, ces images intimes nous sont relayées au ralenti, accompagnées d'un solo de piano triste, pour que les téléspectateurs comprennent bien que les pompiers risquent de tout perdre ça au quotidien. Cette manoeuvre répétitive finit par agacer, même si elle décrit une dure réalité.

En général, la musique d'Alerte 5 appuie de façon exagérée un feu de cuisson, une panne d'ascenseur ou une tournée des détecteurs de fumée chez les résidants du quartier. Ça manque d'adrénaline, tout ça.

Car la série de TVA privilégie l'émotion au détriment de l'action. Les pompiers d'Alerte 5 bavardent entre eux de solidarité, de camaraderie, d'esprit d'équipe, de sens du devoir, de confrérie ou du désir d'aider les autres. Comme s'ils tentaient, comme l'armée canadienne, de recruter de nouveaux candidats.

Du côté de V, 911 distille ce discours de façon plus subtile. Et les producteurs ont bien saisi que ce qui titille les téléphiles, ce sont les interventions dramatiques ou insolites. Sans gêne, 911 embrasse son côté voyeur, un brin trash. Alerte 5 est un produit plus propre, plus lisse et moins palpitant.

Au deuxième épisode d'Alerte 5, nous avons aperçu une pompière sur les lieux d'un accident. Ç'aurait été intéressant de connaître son histoire.

Dans Alerte 5, j'avoue cependant avoir appris pourquoi les pompiers ne portent jamais de barbe. Ils doivent se raser tous les jours afin que les poils de leur visage ne compromettent pas l'étanchéité des masques à gaz. 10-4.

CHEZ LES AMÉRICAINS

Plusieurs lecteurs m'ont questionné à propos de mes coups de coeur de l'automne à la télé américaine. En toute honnêteté, je n'ai pas eu beaucoup de temps à consacrer au volet anglo du petit écran, trop accaparé par Mémoires vives, Pour Sarah, De garde 24/7 (quelle bonne série), Unité 9, Tout le monde en parle, Vol 920, Yamaska, O' ou Au secours de Béatrice, pour ne nommer que ces quelques titres.

Je suis toutefois demeuré à jour dans Scandal (je ne me tanne pas d'Olivia Pope) et dans How To Get Away With Murder, deux productions du réseau ABC. J'ai découvert Quantico, toujours à ABC, une sorte de Grey's Anatomy, mais dans un camp de recrues du FBI. C'est très bien.

Dès que le calendrier québécois s'allégera, je me goinfrerai de Homeland 6, de Scream Queens, d'American Horror Story : Hotel, de The Knick 2, d'Empire 2 et de The Affair 2.

Si vous avez des suggestions, des coups de coeur ou des coups de gueule, n'hésitez pas à m'écrire. Comme ça, nous pourrons collectivement séparer le bon grain de l'ivraie - et non regarder La graine et le mulet.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer