L'été cruel de Caitlyn

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Quiconque a visionné plusieurs épisodes de Keeping Up With the Kardashians (coupable, ici!) sait que le patriarche Bruce Jenner n'a jamais été un «personnage» très payant pour cette téléréalité de la chaîne E!.

Bruce le grognon s'éclipsait souvent au golf ou s'amusait avec ses hélicoptères miniatures, seul dans son coin. Il était, en quelque sorte, le souffre-douleur du clan Kardashian, toujours en train de râler qu'aucun de ses enfants ne s'intéressait à ses passe-temps d'adulescent. Honnêtement, Bruce faisait quasiment pitié.

C'est fou à quel point les choses ont spectaculairement changé en peu de temps. Sous la grosse loupe médiatique, Bruce Jenner, 65 ans, est devenu Caitlyn Jenner et a décroché sa propre téléréalité, I Am Cait, en ondes sur E! depuis la fin juillet. Au-delà de la transformation physique, bien sûr, Bruce et Caitlyn ne se ressemblent pas du tout.

Caitlyn ne se sépare jamais de son iPhone (Bruce haïssait les médias sociaux). Caitlyn porte une attention maniaque à ses tenues, toutes griffées (Bruce ne se baladait qu'en linge mou). Et Caitlyn, beaucoup plus empathique que Bruce, est animée par une mission hyper noble, soit celle d'éveiller les consciences à la réalité difficile des personnes transgenres.

Le premier épisode de I Am Cait, très émouvant, a parfaitement équilibré les moments plutôt cocasses (jouer au tennis avec des seins, c'est moins évident!) et ceux plus poignants, comme la visite de Caitlyn aux parents d'un ado trans s'étant suicidé en mai.

Pour un produit dérivé de l'empire Kardashian, qui s'est construit, rappelons-le, sur une vidéo pornographique mettant en scène la brunette Kim, mettons que cette «profondeur» et cette «sensibilité» avaient de quoi étonner.

Puis, les épisodes suivants de I Am Cait - prévus cet hiver chez MusiquePlus - sont devenus répétitifs, prévisibles et prudents. Comme si elle lisait un télésouffleur, Caitlyn répète sans relâche son discours d'acceptation et d'ouverture à la communauté trans. C'est ici que l'on constate que la personnalité cartésienne et rigide de Bruce ressort sous le maquillage impeccable de la grande Caitlyn.

Comprenez-moi bien: personne n'est contre les valeurs admirables qui guident Caitlyn, au contraire. Pour une fois qu'une célébrité met sa notoriété au service d'une frange de la population plus vulnérable, on ne va pas lui tirer les rallonges. Reste que le véhicule téléréel choisi par Caitlyn pour passer son message n'est pas le bon, hélas! La radio NPR a même qualifié I Am Cait d'émission courageuse, mais bien ennuyeuse.

Une fois l'effet de curiosité dissipé, il ne reste que peu d'enjeux dramatiques captivants. Les cotes d'écoute de I Am Cait ont rapidement dégonflé et les rumeurs d'annulation vrombissent maintenant sur les sites spécialisés.

Voilà pourquoi des extraits larmoyants avec Kris Jenner, à qui Bruce Jenner a été marié pendant près de 25 ans, ont abondamment circulé sur le web cette semaine. L'impériale Caitlyn Jenner, isolée avec ses louables intentions dans son palais de Malibu, n'attire pas les foules. Il lui faut du drame! Des crises épiques! Un scandale juteux! Et quoi de mieux qu'une première confrontation «explosive» entre les deux ex pour faire mousser l'épisode de I Am Cait de demain soir?

La technique superficielle et séduisante des Kardashian, que Caitlyn ne souhaitait pas déployer dans sa propre émission, est probablement ce qui sauvera I Am Cait du naufrage. Quel cruel coup du destin.

Parlant des Jenner-Kardashian, la benjamine du clan, Kylie, a provoqué de grosses vagues siliconées au Beachclub de Pointe-Calumet, dimanche dernier. Vous ne verrez cependant pas d'images de la fête éclair de Kylie Jenner dans le premier épisode de la docusérie Beachclub, que la chaîne Z lance ce jeudi à 18h.

On y fait plutôt la rencontre des deux nouveaux propriétaires de l'endroit, Olivier et Julien Primeau, dont le père Dominique a allongé les millions nécessaires à l'achat et aux rénovations de cette discothèque en plein air.

Mis sur la carte du «jet-set» en 2015, le Beachclub de Pointe-Calumet existe pourtant depuis 1995. Dans mon temps, les raveurs y échouaient les dimanches après-midi après une nuit passée à danser (hum, hum!) au Stéréo ou au Sona.

Vous ne verrez pas d'images dégradantes de gens ivres qui calent de la Grey Goose dans la production de Z. La première demi-heure s'attarde aux longs préparatifs précédant la grande ouverture de ce club de plage maintenant géré par les jeunes frères Primeau, qui bossent dans les épiceries familiales depuis l'obtention de leur diplôme de cinquième secondaire.

D'une honnêteté rafraîchissante, Olivier Primeau, 30 ans, admet à la caméra qu'il raffole du bling-bling et des vedettes. Son frère Julien, plus jeune, est plus du type Joe Cool, peu stressé par la venue des DJ internationaux comme Tiësto.

Est-ce que Beachclub donne de la bonne télé? Ça manque de technique Kardashian pour épicer le tout. On veut y voir des bouteilles de Moët qui explosent ou des fêtards éméchés qui tombent dans la piscine en Y. Pour l'instant, c'est une émission trop lisse, comme un muscle pectoral surentraîné.

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