S'abonner, payer, s'abonner, payer

Un abonnement mensuel à la plate-forme Netflix est... (Photo Andrew Harre, Archives Bloomberg)

Agrandir

Un abonnement mensuel à la plate-forme Netflix est offert au coût de 10 $.

Photo Andrew Harre, Archives Bloomberg

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Abonnement mensuel à Netflix : 10 $. Coût mensuel pour adhérer au Club illico de Vidéotron : 10 $. Forfait mensuel pour accéder à l'Extra de Tou.tv : 7 $.

Facture mensuelle pour la télévision numérique dite conventionnelle : plus de 70 $ dans mon cas, notamment pour obtenir des chaînes de luxe comme HBO, The Movie Network et AMC. Excédent facturable d'internet pour avoir trop consommé de Netflix le mois dernier : 43,83 $.

Relevé des épisodes des séries Suits, Broad City et Pretty Little Liars achetés à la pièce sur iTunes dans les dernières semaines : 30 $.

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que ça commence à faire pas mal cher pour regarder « légalement » de la télévision. Ici, je pourrais rajouter la liste de tout ce que les deux ordres de gouvernement retirent sur nos chèques de paie pour financer Radio-Canada, Télé-Québec et une kyrielle d'émissions bénéficiant des célèbres crédits d'impôt, qui garnissent autant les grilles horaires des grands réseaux privés que celles des chaînes spécialisées. Le total de ce que nous coûte véritablement la télévision grimpe comme le joueur de tennis Vasek Pospisil au classement de l'ATP.

Le CRTC a décrété ce printemps que les téléphages canadiens devraient payer moins cher leurs services de télévision à partir de mars 2016, en permettant notamment un choix plus libre des chaînes à la carte. Belle initiative, qui ne débouchera pas sur de super économies pour nous, hélas !

Pensez-vous sincèrement que les gros conglomérats médiatiques se disent : bien oui, toi, c'est vrai qu'il faudrait réduire le fardeau de nos fidèles clients qui paient déjà assez cher de même pour leur télé ! Allô l'utopie.

La tendance qui se dessine, c'est la multiplication encore plus rapide des moyens (payants, il va sans dire) de visionner nos émissions préférées en ligne.

Vous voulez engouffrer l'excellente série Transparent, à propos de la transition d'un prof d'université retraité en femme ? Aucun problème. Il faut cependant souscrire un abonnement au service Shomi de Rogers et Shaw, qui l'offre en exclusivité canadienne à ses abonnés. Montant exigé : 9 $ tous les mois.

Vous ne trouvez pas les titres prestigieux de HBO - comme The Sopranos ou Sex and the City - sur Netflix ? C'est parce qu'ils crèchent sur CraveTV du géant Bell Média. Et c'est 4 $ par mois.

Chez nous, les consommateurs impatients qui souhaitent voir la comédie dramatique Karl & Max avant sa diffusion (éventuelle) sur les ondes de TVA doivent magasiner au Club illico. Même chose pour les futurs chapitres de la très bonne série policière Mensonges : ils se déballent d'abord sur le Club illico. Sortez votre carte de crédit.

Autre exemple ? La SRC, qui ne crachera pas sur des sources de revenus supplémentaires, produira cet automne Le nouveau show, qui met en vedette la troupe de feu SNL Québec, pour l'Extra de Tou.tv. Le nouveau show traversera ensuite sur ARTV (chaîne payante) à l'hiver pour terminer sa vie médiatique à la bonne vieille antenne traditionnelle de Radio-Canada.

Un petit 10 $ par-ci, un autre 8 $ par-là, désolé, ça finit par être trop cher pour de la télé. Beaucoup trop. Éparpiller les contenus prometteurs sur autant de plateformes différentes encouragera encore plus le piratage, c'est évident.

Pourquoi des clients cotiseraient-ils à CraveTV ou Club illico pour une seule émission qui les intéresse ?

Tout se déniche illégalement en un clic sur le web. Conséquence ? Les consommateurs qui respectent les règles, comme vous et moi, casqueront pour tous ceux qui sortent du système. Et les prix des services en ligne monteront. Et les téléchargements hors la loi aussi. Et les prix exploseront un peu plus. Et les sites comme Free Project TV aussi. Et on ne s'en sortira pas.

Nous approchons dangereusement du point d'écoeurement. Nous ne sommes pas des banques à pitons (de télécommande, bien sûr).

ÇA FINIT MAL À V

Sans aucune surprise, V a finalement débranché son émission matinale Ça commence bien. C'était aussi prévisible qu'un gag à Atomes crochus.

V a d'abord laissé filer son capitaine Jean-François Baril, qui a même évoqué l'incertitude flottant autour de Ça commence bien en ondes lorsque son départ vers Rythme FM a été éventé dans les journaux.

Pendant les semaines qui ont suivi, V a laissé planer le doute sur la survie de son émission réveille-matin, pour finalement la torpiller mardi, à moins de deux mois de la rentrée. Ce qui est un peu ridicule, avouons-le.

V a la patience d'un enfant de 2 ans envers ses productions qui décollent lentement. La télé matinale, c'est une télé d'habitudes, de routine, qui se construit en plusieurs saisons. Exactement comme la radio du matin, qui nous guide à la sortie du lit. C'est la météo ? Il faut que je saute sous la douche. Nous sommes rendus à la chronique économique ? Je dois foncer au boulot.

En changeant constamment de formule, V ne bâtira rien de solide. Voilà pourquoi Salut, bonjour à TVA restera indétrônable.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer