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Zappons la télé prétentieuse

Ani Bezzerides (Rachel McAdams), détective solitaire dans True... (PHOTO FOURNIE PAR HBO)

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Ani Bezzerides (Rachel McAdams), détective solitaire dans True Detective, est en colère contre la planète entière, dont son papa, le gourou d'une secte de hippies.

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Vous cherchez une super télésérie à enfourner en cette période relativement calme au petit écran? De grâce, ne vous rabattez pas sur la deuxième saison de True Detective de la chaîne HBO, encore plus efficace que deux Ativan dilués dans du scotch pour trouver le sommeil.

Rarement vu une émission policière à ce point prétentieuse et truffée de dialogues qui sonnent atrocement faux. Les trois acteurs principaux, pourtant bourrés de talent, s'y regardent quasiment jouer en adoptant des poses «songées» dignes d'un soap de fin d'après-midi.

Regardez comme nous interprétons des personnages tourmentés! semblent-ils nous répéter à chacune de leurs apparitions.

Mots-clés à retenir pour décoder True Detective 2? Êtres torturés, passés compliqués et secrets cachés. Relisez et répétez. Colin Farrell campe le flic oppressé en chef. Il s'appelle Ray Velcoro, boit comme un trou, se poudre le nez de temps en temps et se bat pour conserver la garde de son garçon, que son ex-femme a eu à la suite d'un viol. En voulez-vous des tracas, en voilà! Ah oui, le père de Ray est aussi un alcoolique violent. Quand ça va mal.

La deuxième personne accablée de la série, c'est Rachel McAdams, qui se glisse dans la peau de la détective solitaire Ani Bezzerides, en colère contre la planète entière, dont son papa, le gourou d'une secte de hippies.

Le troisième enquêteur à la vie ultra compliquée est Paul Woodrugh (Taylor Kitsch), ancien militaire encore traumatisé par les horreurs de la guerre et dont la sexualité réprimée lui cause bien des soucis. Ah oui, la mère de Paul est une danseuse exotique déchue.

Cette accumulation de drames, portés par seulement trois personnages, nous fait rapidement décrocher. Bonjour, la caricature. En plus, nous voyons ces trois beaux acteurs hollywoodiens dans nos téléviseurs et nous ne croyons pas une seule seconde à leurs vies misérables, malgré tous les regards intenses qu'ils peuvent nous décocher.

Évidemment, Ray, Ani et Paul, qui bossent pour des corps policiers californiens différents, aboutissent tous sur la même enquête de meurtre crapuleux, qui implique le gangster propriétaire de casino Frank Semyon (Vince Vaughn).

Ajoutez ici des intrigues de corruption municipale, un réseau de prostitution, des criminels qui parlent avec un accent russe, un méchant Mexicain, un assassin à tête d'oiseau empaillé, des tournages de film drôlement financés, et vous obtenez un fouillis pas évident à démêler en huit heures de télévision. Déjà qu'après trois épisodes (le dimanche, 21 h, à HBO Canada), l'histoire n'a pas fait de progrès marqués.

Ce n'est pas pour rien que les concepteurs de True Detective entrecoupent leurs scènes de plans d'autoroutes de Los Angeles enchevêtrées comme des spaghettis. Ça représente à la fois l'urbanité de leur série et les longues ficelles de l'intrigue qu'il faut dénouer.

Les inspirations de True Detective ne sont pas très subtiles. Un peu de la série The Wire, beaucoup de films noirs à la Mulholland Drive de David Lynch, L.A. Confidential de Curtis Hanson et Chinatown de Roman Polanski. Cela frôle presque le plagiat.

Le deuxième chapitre de True Detective n'a rien à voir avec le premier, qui avait démarré en lion pour se terminer en queue de poisson. Woody Harrelson et Matthew McConaughey y tenaient alors les rôles principaux.

L'action de True Detective 2 a été déplacée du sud de la Louisiane à une petite ville fictive en périphérie de Los Angeles. Point positif: c'est une chanson de Leonard Cohen, Nevermind, qui joue dans le magnifique générique d'ouverture.

Point négatif: voir tout ce qui a été écrit plus haut. Super Écran relaiera la version française de True Detective 2 à partir du mardi 15 septembre à 20 h. Ne retenez pas votre souffle d'ici là. Il y a tellement d'autres séries à visionner qui se prennent pas mal moins au sérieux.

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