Madame Lebrun, Monsieur Latulippe

Benoît Brière porte entièrement la série Madame Lebrun... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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Benoît Brière porte entièrement la série Madame Lebrun sur ses épaules. Les personnages secondaires servent presque toujours de support à ses pitreries.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

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«Ça, c'est une banane, pas une bizoune. Elle ne deviendra pas plus grosse si vous la tâtez.»

Voilà comment s'exprime la grivoise Germaine Lebrun (excellent Benoît Brière), tête d'affiche de la nouvelle comédie Madame Lebrun de la chaîne Super Écran, qui s'agitera dans vos salons à partir du mercredi 27 mai à 20h.

Soit vous allez craquer pour l'humour cru et vulgaire de cette vieille dame à la langue bien pendue, soit vous allez détester cette femme qui se fourre constamment le nez dans la vie privée de ses six enfants d'âge adulte.

Cette émission adaptée d'un concept écossais ramène au petit écran le burlesque dans sa forme la plus classique avec une enfilade de gags très physiques, joués devant public. On se croirait de retour au Théâtre des Variétés de Gilles Latulippe ou dans Symphorien. Soyez-en avertis. À propos d'une connaissance aux moeurs légères, Mme Lebrun remarquera: «Ses bobettes étaient encore plus populaires que les escaliers roulants. Monte, descend. Monte, descend.»

Mettons que la finesse et la subtilité ne ponctuent pas les répliques. De toute façon, ce n'était pas le but de cette production, qui s'apparente plus à du théâtre d'été filmé qu'aux Beaux Malaises, mettons. René Richard Cyr, spécialiste des comédies, entre autres, signe la mise en scène.

Madame Lebrun vise le punch à tout prix, et Benoît Brière ne lésine aucunement sur les acrobaties pour dérider l'audience. Il s'électrocute, trébuche, expose ses bobettes de grand-mère, marche écarté et multiplie les bruits de bouche et grimaces. Il est épatant, vraiment. La séquence au troisième épisode où il/elle s'épile dans le placard décrochera un sourire même à la personne la plus blasée du Mile End.

Parlant de gens branchés, les hipsters en pinceront certainement pour le décor rococo de cette sitcom, tout droit sortie du marché aux puces Saint-Michel.

Mme Lebrun, qui porte toujours des cardigans colorés et des robes fleuries, est déstabilisante. Physiquement, elle ressemble à un croisement entre Mado Lamotte, Mme Doubtfire et Dustin Hoffman dans le film Tootsie.

Sur scène, Mme Lebrun s'adresse directement au public, lâche une grossièreté puis glisse vers un moment plus tendre. Chapeau à Benoît Brière qui navigue d'un niveau de jeu à l'autre avec une aisance hallucinante.

Cela dit, certaines scènes gagneraient à être raccourcies, pour conserver l'efficacité. Le premier épisode décolle trop lentement et manque de rythme. Pour être honnête, je m'attendais à détester copieusement cette série étiquetée «quétaine». Mais à force de se décarcasser sous nos yeux, Mme Lebrun réussit à nous embarquer dans ses clowneries. Un peu comme un humoriste qui va chercher un à un les spectateurs récalcitrants dans la salle.

Benoît Brière porte entièrement la série sur ses épaules. Les personnages secondaires servent presque toujours de support aux pitreries de sa Mme Lebrun, comme le pauvre grand-père (Pierre Collin) utilisé comme planche à repasser humaine. Ou le fils bonasse (Pierre Hébert) que sa maman manipule comme une marionnette.

Si formidable dans Catherine, Sylvie Moreau hérite d'un personnage trop terne (Carole, la fille unique de Mme Lebrun) pour son immense talent comique. Elle est sous-employée, je trouve.

Pierrette Robitaille incarne la meilleure amie et voisine de Mme Lebrun, une dame très rigolote. Et Marc Beaupré (le Marc Arcand de Série noire), qui enfile les vêtements sport d'un petit criminel à la cervelle d'oiseau, déclenche des rires à chacune de ses apparitions. À vous de voir, maintenant, si cette proposition rétro vous convient.

Mario Tessier chez V

Après plusieurs saisons passées dans la grande famille TVA, Mario Tessier passe à l'Ouest. À l'automne, la moitié des Grandes Gueules pilotera, assistée du chef Giovanni Apollo, une nouvelle émission qui incorporera la cuisine, l'humour et la compétition. Son titre: Ma mère cuisine mieux que la tienne, qui dérive d'un concept espagnol repris à diverses sauces partout sur la planète.

«J'adore l'audace de V. Je trouve qu'ils ont une grille en santé, qui se tient bien», constate Mario Tessier.

La boîte de Louis Morissette, KOTV, produira les 26 épisodes d'une heure commandés par V. Toutes les semaines, deux équipes formées d'une mère et son fils - ou sa fille - s'affronteront aux fourneaux, alors que les enfants devront reproduire à la perfection la recette signature de leur maman.

Attention, ici. La mère pourra prodiguer des conseils, mais n'aura pas le droit de toucher aux instruments. À moins que le fils ou la fille en arrache et enfonce violemment le bouton de panique. Ce renfort maternel lui coûtera des points, évidemment.

À la toute fin, c'est le goûteur officiel Giovanni Apollo (dont l'émission Apollo dans le frigo n'a pas été renouvelée) qui déterminera le plat le plus savoureux. Six des 26 émissions de Ma mère cuisine mieux que la tienne tourneront autour de vedettes québécoises. Éric Salvail et sa maman Colette ont déjà été pressentis. Attendez-vous aussi à y voir Louis Morissette, sa mère ainsi que son poulet aux canneberges, dont Louis n'est pas le plus grand fan, semble-t-il.

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