Mikhail Ahooja: le comédien caméléon

Mikhail Ahooja n'est pas le plus bavard ni... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Mikhail Ahooja n'est pas le plus bavard ni le plus renfermé. Discret est probablement l'adjectif qui le décrit le mieux.

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Il est un des acteurs de la génération montante qui travaillent le plus à la télévision québécoise. Vous le voyez presque tous les soirs, à toutes les chaînes, dans des rôles de bandit, de drogué ou d'étudiant modèle. Il se glisse aussi facilement dans la peau d'un Arabe que dans celle d'un Québécois «pure laine».

Dans 19-2 à Radio-Canada, il a incarné le criminel Gontran Bégin, impliqué dans le réseau de pédophilie. Dans Au secours de Béatrice à TVA, il joue Anju, le timide résident en médecine d'origine indienne. Dans Mémoires vives à la SRC, il personnifie l'ex-cocaïnomane Félix, qui sort maintenant avec Mathilde (Charli Arcouette). Et dans Les jeunes loups à TVA, il reprendra son rôle d'Ali, journaliste d'origine arabe qui enquêtera sur une prostituée âgée de 10 ans seulement.

Malgré tous ces personnages vus par des millions de téléspectateurs, Mikhail Ahooja, 28 ans, se balade complètement incognito en ville. «Les gens ne me reconnaissent pas dans la rue. Ils me prennent souvent pour leur voisin. Le vedettariat, j'aime ça pour les autres, pas pour moi. Ça me tuerait un peu d'être trop connu», confie ce diplômé du Conservatoire d'art dramatique de Montréal en 2010.

À notre entretien, l'acteur se pointe seul, sans agent ni attaché de presse. Le côté bling-bling de son métier ne l'intéresse pas du tout. En entrevue, Mikhail Ahooja n'est pas le plus bavard ni le plus renfermé. Discret est probablement l'adjectif qui le décrit le mieux.

«Mikhail ne veut pas être une star, mais il va en devenir une. Il me fait beaucoup penser à François Arnaud. C'est un gars mystérieux, plein de talent. Il est super polyvalent, il peut tout faire», raconte le réalisateur d'Au secours de Béatrice, Alexis Durand-Brault.

Cadet d'une famille de trois, Mikhail Ahooja a grandi à Longueuil, dans le même quartier que Xavier Dolan. Son père, né à Bombay, a immigré au Canada à la fin des années 60 et a longtemps enseigné l'informatique au collège Dawson. Sa mère, originaire de Vaudreuil, travaille toujours comme infirmière.

À la maison, Mikhail Ahooja, qui a deux soeurs, parlait en anglais avec son père et en français avec sa mère. En décembre, il a mis les pieds en Inde pour la toute première fois de sa vie, mais n'a pas eu de grande révélation. «Il faut dire que mon père [aujourd'hui décédé] n'était pas le plus indien des Indiens. Il aimait le jazz et il tripait sur les films américains», se souvient Mikhail Ahooja.

Parmi ses modèles, le comédien cite plusieurs acteurs américains comme Brad Pitt, Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Robert De Niro et Michael Fassbender. «J'aime les voir se transformer à l'écran», ajoute-t-il.

Ce côté caméléon, Mikhail Ahooja le possède aussi. «Mikhail est un très beau garçon. Il y a quelque chose de très doux dans son visage. Autant il peut jouer un premier de classe avec des lunettes, autant il peut être un «bum» dans un gang de rue et ça marche», note le réalisateur François Gingras, qui le dirige présentement dans Les jeunes loups.

Sur un plateau de tournage, Mikhail Ahooja se pointe toujours hyper préparé. «Il connaît son texte et ses intentions. Il est concentré et toujours disponible. Il est tout le temps bon. Entre les prises, il reste silencieux dans son coin. Ce n'est pas quelqu'un qui dérange les autres», poursuit le réalisateur François Gingras.

Alexis Durand-Brault fait le même constat élogieux. «Mikhail se transforme très facilement. C'est un gars très calme, très concentré. Sa plus grande force, c'est de toujours garder son jeu simple; ce n'est jamais maniéré, ce qu'il fait», explique le réalisateur.

Comme bien des membres de sa génération, Mikhail Ahooja ne paie pas d'abonnement au câble. Il consomme ses émissions de télé sur son ordinateur: The Fall, The Wire, Jimmy Fallon, Infoman, The Killing ou House of Cards. «Mais Breaking Bad, ça ne marche pas pour moi», admet-il.

Plus jeune, Mikhail Ahooja ne rêvait pas de devenir le prochain Al Pacino, mais plutôt un futur Sidney Crosby. Il a joué au hockey jusqu'au niveau junior, tout en faisant de l'improvisation, pour faire rigoler ses camarades.

Il a découvert le théâtre sur le tard et, avant même qu'il ne sorte du Conservatoire, il avait déjà joué dans Minuit le soir, Virginie, Tactik et Lance et compte.

Mikhail Ahooja fuit peut-être les projecteurs, mais vous pouvez être certain que ces projecteurs resteront braqués sur lui encore très longtemps.

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