Sayonara, ma télésérie

Justin Theroux joue le chef de police d'une... (PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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Justin Theroux joue le chef de police d'une coquette ville fictive du nord de l'État de New York dans The Leftovers.

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Combien d'épisodes d'une nouvelle télésérie faut-il visionner avant de pouvoir affirmer, sans aucune trace de culpabilité: sayonara, ma guédaille, je jette la télécommande, cette émission-là n'est pas du tout faite pour moi?

Faut-il franchir la barre des quatre épisodes? Faut-il plutôt se faire violence et se rendre au moins jusqu'à sept épisodes avant d'effacer une émission de notre enregistreur numérique? Où se situe le point de bascule à partir duquel il devient parfaitement clair qu'une télésérie ne nous plaira jamais?

C'est loin d'être évident. Personnellement, j'ai toujours peur d'abandonner au pire moment. Vous savez, cet instant charnière où vous avez rayé - en toute zénitude - Walter White de votre vie numérique et où un ami vous lance: «Ah, tu ne t'es pas rendu jusqu'au neuvième épisode de Breaking Bad, hein? Dommage, parce que ça devient complètement fou après le neuvième, justement.» Argh.

Parfois, c'est parfaitement limpide que ça ne cliquera pas entre nous et une série surnaturelle comme The Leftovers, diffusée par HBO et Super Écran. Le premier épisode était juste assez intrigant. Le deuxième, un peu moins. Le troisième, inutilement bizarre. Le quatrième? Pas vu. Désolé. J'ai opéré le grand débranchement sans aucun remords.

Plus rarement, ça vaut la peine de se farcir une ribambelle d'épisodes de qualité moyenne, et même une saison entière, avant que le coup de foudre ne se manifeste. Ce fut mon cas avec Suits (sur AddikTV). Au début, je trouvais ça correct, sans toutefois crier au génie. Comme c'était l'été et qu'il n'y avait rien d'autre de bon à dévorer, j'ai enfilé la deuxième année, puis la troisième. Aujourd'hui, je ne me passerais plus de mes amis imaginaires Harvey Specter, Mike Ross et Donna Paulsen.

Je suis plus patient avec les séries québécoises qu'avec les produits manufacturés aux États-Unis. L'abondance des téléséries américaines et le gavage télévisuel nous forcent à faire des choix beaucoup plus rapidement que si l'on s'astreignait à la diffusion hebdomadaire conventionnelle.

Dans la sélection d'une télésérie, il faut à tout prix éviter l'aveuglement causé par les premiers émois. Par exemple, j'ai embarqué à fond dans la première saison de Bates Motel. Wow. Mais était-ce assez bon pour que je suive la deuxième année de semaine en semaine? Malheureusement, non. Il a donc fallu couper les ponts avec Norma et Norman Bates.

Même chose avec American Horror Story, dont j'ai consommé les trois premières saisons sans cligner des yeux. La quatrième? Bof. Incapable d'atteindre la fin. Alors, ciao, les bêtes de cirque.

À l'inverse, il y a des séries que je ne larguerai jamais, parce qu'elles ont été si merveilleuses que je me sentirais coupable de les déprogrammer. Dans ce lot, il y a Mad Men, Le trône de fer et Scandal.

Le truc le plus efficace pour déterminer s'il faut rompre ou non avec une télésérie est super simple. Si les épisodes non visionnés s'empilent et que vous ne ressentez aucun manque, ne vous leurrez plus, il est temps de regarder votre émission dans le blanc des yeux et de lui dire: ce n'est pas toi, c'est moi. Merci pour ces quelques heures de bonheur.

Zéro boucane, OK?

On se croirait quasiment dans un sketch de SNL. Voici la courte - mais très absurde - histoire d'une fonctionnaire qui prend son boulot extrêmement au sérieux.

Je résume. Le jeudi 19 février, Éric Salvail a reçu à son talk-show Patrick Lagacé et Jean-Philippe Wauthier, copilotes de Deux hommes en or à Télé-Québec. Pour célébrer la naissance du petit garçon de Jean-Philippe Wauthier, l'animateur de V a sorti cigares et cendriers pour ses convives. Patrick Lagacé a tiré une mini-touche sur son barreau de chaise, tandis que Jean-Philippe Wauthier, lui, a beaucoup boucané sur le plateau.

On le sait, la loi interdit de fumer dans un studio de télévision, une infraction passible d'une amende. Une «chef d'équipe de la direction de l'inspection et des enquêtes» du ministère de la Santé a donc contacté Jean-Philippe Wauthier, qui lui a tout de suite assuré: pas de problème, faites-moi parvenir le ticket par la poste, je vais le payer.

Affaire classée, dites-vous? Oh que non! L'inspectrice très dévouée a insisté plusieurs fois pour rencontrer en personne l'animateur-fumeur fautif, question de «l'identifier formellement». Jeudi après-midi, la fonctionnaire s'est pointée au lieu d'enregistrement de l'émission Deux hommes en or, flanquée d'un collègue témoin, pour boucler ce dossier brûlant. À la manière d'une détective, elle a même exhibé son badge officiel devant Patrick Lagacé, en lui interdisant toutefois de toucher à l'insigne.

Le pire, c'est que l'inspectrice-détective n'a finalement jamais remis le constat d'infraction à Jean-Philippe Wauthier en mains propres. Elle le lui a plutôt... posté. Selon le ministère de la Santé, il s'agit de la procédure normale pour ce type de cas.

En résumé: amende pour avoir grillé un cigare à la télé: 50$. Coût de la main-d'oeuvre gouvernementale nécessaire à la remise dudit billet: incalculable.




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