Adulescence programmée

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Ils ont peut-être gagné une petite once de maturité. Mais pas plus. Simon a perdu un peu de sa légendaire naïveté. Mais pas totalement. Et Sam commence à sectionner le gros cordon familial. Mais pas complètement.

Nos deux adulescents préférés de la télé québécoise, Simon-Olivier Fecteau et Sugar Sammy, reviennent lundi à 20h sur les ondes de V pour la deuxième saison de Ces gars-là, une comédie sur l'amitié masculine comme il s'en fabrique beaucoup aux États-Unis, mais peu ici.

La «bromance» (mot-valise formé de brother et romance) entre Sam et Simon bat de l'aile. Un an plus tard, Simon n'a toujours pas digéré que Sam ait embrassé Amélie (Mélissa Désormeaux-Poulin) sous son nez, alors qu'il s'apprêtait à la demander en mariage.

Le premier épisode, très rigolo, nous montre les dessous de cette réconciliation éclair. Vous remarquerez que Simon et Sam disent moins souvent «bro» ou «man» qu'avant.

Ces gars-là ne perd pas pour autant sa «montréalité», qui lui donne une couleur spécifique et une sonorité différente de tout ce qui passe présentement sur les réseaux généralistes. Il est très rare que l'on entende autant de dialogues en anglais (sous-titré) dans une série francophone, notamment quand Sam discute avec ses parents.

Et quand Sam placote avec son nouvel ami Massimo, ils sautent du français à l'anglais, sans préférence. N'en déplaise aux Mathieu Bock-Côté des médias, c'est une réalité linguistique qui se vit un peu partout dans le 514 et le 450. Pourquoi serait-il tabou de la montrer dans une émission de fiction?

Car Ces gars-là parle à des gens que la télévision québécoise a tendance à négliger: des téléspectateurs plus jeunes, bilingues, qui ont grandi dans un milieu cosmopolite et qui ont dévoré beaucoup de culture pop américaine. Le langage - sans filtre - y est plus cru et les répliques, plus osées, surtout en anglais, où les «fuck» résonnent comme sur une chaîne spécialisée à la HBO.

En regardant Ces gars-là, on se sent souvent comme dans les films 21 Jump Street ou The Hangover, où les liens tissés entre «boys» survivent à presque tout.

Les sujets potentiellement controversés de Ces gars-là sortent en majorité de la bouche de Sam, une version exagérée du vrai Sugar Sammy. Mais comme Sam rit encore plus de lui-même et de ses origines que de tout le reste, il peut se permettre de pousser certains gags très loin.

Autre source de plaisir (même pas coupable) et de diversité culturelle à la télé ces jours-ci: le feuilleton Empire de la chaîne Fox, créé par Lee Daniels, réalisateur nommé aux Oscars pour le film Precious. Pensez à Vengeance ou Nashville, mais campé dans le milieu bling-bling du hip-hop.

Empire, diffusé les mercredis à 21h sur Fox, rassemble tous les ingrédients gagnants d'un soap traditionnel. On y suit Lucious Lyon (Terrence Howard, vu dans le film Hustle and Flow), ex-vendeur de drogues devenu star du gangsta rap puis patron d'une maison de disques valant des dizaines de millions de dollars.

Lucious a trois fils et doit décider lequel lui succédera à la tête de son empire musical. Les deux plus jeunes, Hakeem et Jamal, sont déjà des vedettes du hip-hop. Hakeem aime les fêtes arrosées, les bijoux clinquants et les filles. Jamal, une sorte de Frank Ocean, est gai, plus timide et introspectif.

Armé d'un MBA, le troisième frère, l'aîné, semble parfaitement placé pour succéder au paternel. Comme nous nageons ici dans des eaux savonneuses, coup de théâtre! l'ancienne femme de Lucious et mère de ses trois garçons, la flamboyante Cookie (Taraji P. Henson), sort de prison après 17 ans purgés pour trafic de dope. Le but de Cookie? Récupérer la moitié de l'empire que son ex a érigé avec son argent sale. Insérez ici un son d'effet dramatique.

Empire est un soap sexy et kitsch, avec une trame sonore dansante, qui est supervisée par nul autre Timbaland, meilleur pote de Justin Timberlake, entre autres.

Du groove, une attitude impertinente et des revirements inattendus: Empire suit une partition bien équilibrée entre le contemporain et le classique.

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