Un bon Bye bye bien baveux

L'équipe du Bye bye 2014... (Photo ICI Radio-Canada télé)

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L'équipe du Bye bye 2014

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En excluant la portion d'après minuit, beaucoup trop fade à mon goût, le Bye bye 2014 a été pas mal plus relevé et épicé que celui de l'an dernier. La revue humoristique de Radio-Canada a été baveuse et parfois bien grasse, distribuant des claques à tous les partis politiques ainsi qu'aux vedettes des deux empires. Pas de chicane dans les cabanes artistiques et politiques.

Le sketch grinçant sur la commission Charbonneau, rythmé par la chansonOn leur a fait croire d'Alex Nevsky, est probablement celui qui a fait le plus mal à visionner. Non pas parce qu'il était mauvais, mais bien parce qu'il nous jetait en plein visage cette cruelle impression (ou réalité ?) qu'ont plusieurs Québécois de s'être fait passer une forêt de sapins en 2014. Ça riait jaune dans des milliers de chaumières partout dans la province.

L'ouverture du Bye bye 2014 de même que plusieurs autres portions de l'émission ont exploité à fond ce thème de la désillusion collective : les écoles et hôpitaux qui tombent en ruine, l'austérité sélective prônée par Philippe Couillard sur l'air de Papaoutai de Stromae (chapeau à Laurent Paquin pour l'imitation), ainsi que tout l'argent volé par l'ex-représentante de la reine, Lise Thibault, aux contribuables. Du matériel en or pour alimenter le cynisme ambiant.

L'absence de Véronique Cloutier a permis à Hélène Bourgeois-Leclerc d'occuper beaucoup plus d'espace et d'offrir la meilleure performance de la troupe. Ses imitations de Denise Bombardier, Lise Thibault, Anne Dorval, Pauline Marois ou Fred Pellerin ont été joliment accomplies.

Ensuite, Pierre Brassard a été l'étoile montante du groupe. Que ce soit en Serge Fiori, Claude Dubois, Jean Airoldi, Pierre Karl Péladeau ou en Eddy Savoie des Résidences Sommeil, il a été spectaculaire, parfaitement dans son élément.

Bien aimé aussi l'imitation quasi parfaite d'Éric Salvail qu'a faite Joël Legendre. Les mimiques de bras, la voix et les rires : ça ressemblait drôlement à l'original. Malheureusement, Véronique Claveau n'a pratiquement pas eu de bon matériel humoristique pour briller. On l'a vue rapidement en Manon Massé et en Emmanuelle Latraverse, de même que dans la rigolote bataille des Céline Dion, mais c'est tout. La recrue du Bye bye a été confinée dans un rôle de figurante. Dommage.

Plusieurs des meilleurs moments de ce Bye bye 2014 ont été les plus courts : la pub de Trivagosse (avec l'arrivée réjouissante de Steve du film Mommy), la Xaviermania, Le monde selon Dorval où la comédienne commentait l'actualité en onomatopées, la pub des Musulmans d'ici calquée sur celle des Fromages d'ici et la parodie de l'espace Cellier rebaptisé l'espace Cormier pour tous les admirateurs de Louis-Jean Cormier qui sont incapables de nommer une seule de ses chansons. Houuu, l'espace Cormier ! Des vignettes punchées, qui atteignaient rapidement leur cible.

Par contre, la séquence de l'école d'inconduite de Claude Dubois s'est étirée inutilement. Bravo à l'équipe du Bye bye qui a tout de même réussi à inclure dans cette saynète l'arrestation de la chanteuse Marjo, survenue le jour de Noël. Autre choix discutable : après La recette de la défaite de Pauline Marois, plaquée sur la ritournelle de l'épicier Metro, était-ce nécessaire d'en rajouter avec le pastiche de La Reine des neiges, toujours avec une Pauline Marois libérée, délivrée ? Ça faisait beaucoup.

L'idée de Ces maires-là, empruntée à la sitcom de Sugar Sammy et Simon-Olivier Fecteau, était géniale, mais le texte n'a pas été à la hauteur. Même chose pour le Cocothon de Laval, qui ne méritait pas autant d'attention.

Par contre, La tite reine, où la vie de Lise Thibault a été mélangée à celle de Geneviève Jeanson, a été savoureuse. Les costumes et maquillages de l'ancienne lieutenante-gouverneure, de même que la prestation d'Hélène Bourgeois-Leclerc, étaient particulièrement réussis.

En rafale, Quel âge me bitchez-vous ? a permis à Pierre Brassard de nous offrir un Jean Airoldi quasi identique au vrai. La transition vers la chanson On rit pas de ma graisse de Gaétan Barrette - sur les notes de All About That Bass de Meghan Trainor - a manqué de subtilité. Les « jokes de gros » sur le ministre avaient déjà toutes été faites. Passons.

Et Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder, le couple royal de l'année ? Ils ont été parodiés par le truchement du spectacle Les Morissette. Très bon flash. On en aurait pris davantage.

Après les 12 coups de minuit, la qualité du Bye bye a baissé avec le gars pas de bras et Les calisses du pouvoir. Clairement, les éléments les plus intéressants ont été coincés dans les 60 premières minutes. Mais bon, le party levait à la maison, on trinquait au champagne, on se souhaitait une bonne année et de la santé. En espérant maintenant une année 2015 moins déprimante, même si cela enlèvera du matériel de choix aux auteurs du Bye bye 2015.

Infoman en feu

Encore une enfilade de beaux flashs pour cet Infoman 2014, dont la lecture de l'histoire du Cocothon de Laval par Marcel Sabourin, la séquence du panier d'épicerie du film Mommy avec Antoine Olivier Pilon, le plan d'évasion avec les trois filles d'Unité 9 et le montage 100 % PKP sur la chanson Happy de Pharrell Williams.

Jean-René Dufort a même réussi à faire porter à Pierre Karl Péladeau le célèbre chapeau de l'avare Séraphin Poudrier. Très bon coup.

Après Karim Ouellet l'an dernier, ce fut au tour de Valérie Carpentier d'interpréter la chanson originale d'Infoman 2014 avec une thématique aéroportuaire. Était-ce une coïncidence que l'émission de la SRC soit commanditée par Sunwing ? On jase.

Le montage des témoignages les plus flyés de la commission parlementaire sur la Charte de la laïcité a été délicieux : les druides, la prophétie des sept feux, la peur des zombies, même Bernard Drainville semblait stupéfié. Les commentaires de Jean-René Dufort et Chantal Lamarre sur le Vatican me font toujours autant rire.

Jean-René Dufort a également arraché au premier ministre Philippe Couillard une citation qui risque de le suivre longtemps : « Des fois, il vaut mieux être chanceux qu'être bon », a-t-il dit à propos de la victoire du Parti libéral. À méditer.

Malaises bien emballés

Bien sûr, l'univers bourré de malaises de Martin Matte détonnait dans cette veillée festive du 31 décembre au petit écran. Et vous savez quoi ? Ce fut libérateur d'assister au côté plus sombre du temps des Fêtes.

Aucune famille n'est parfaite, et de voir celles de Martin (Martin Matte) et Julie (Julie Le Breton) s'affronter autour d'un repas de Noël a donné lieu à un copieux festival de l'inconfort. Ce style d'humour caustique me plaît beaucoup. Cette demi-heure n'était cependant pas destinée aux plus jeunes, mettons.

Le personnage de la mère de Julie, joué par Christiane Pasquier, a hérité des lignes qui ont provoqué les plus gros froids dans la fête. Sa première réplique ? « Comment ça va, la carrière de clown ? », s'est-elle informée le pied à peine posé dans la magnifique maison de l'humoriste.

La soeur envieuse de Julie, campée par Geneviève Brouillette, n'a pas donné sa place non plus. Elle a même demandé à Martin de lui donner son sperme comme s'il s'agissait d'un Tupperware.

J'espère que Martin Matte ramènera ces nouveaux personnages, dont le crosseur Denis (Normand D'Amour), dans les futurs épisodes des Beaux malaises. Et avez-vous remarqué qui jouait la mère de Martin dans le flash-back sur les Noëls d'enfance de la famille Matte ? C'était Caroline Dhavernas, qui reprenait ainsi le rôle de sa maman Michèle Deslauriers. Super idée.

Party chez France

L'émission spéciale d'En direct de l'univers n'a pas connu de temps mort dans nos salons. L'énergie qui se dégageait du studio était furieusement contagieuse. Plusieurs moments touchants, dont les larmes de Fred Pellerin après le numéro de l'OSM. Patrice Robitaille a même eu droit à une chorale d'anciens joueurs des Nordiques et Lise Dion semblait émue d'entendre Diane Dufresne chanter pour elle. Une belle tradition du 31 décembre que ce très beau plateau chauffé par France Beaudoin. Mention spéciale auxmashups de chansons (Happy, J'irai où tu iras et All About That Bass) qui débordent d'originalité.

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