L'alcool, la télé et nous

Éric Salvail était sur le plateau de Tout... (Photo: fournie par Radio-Canada)

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Éric Salvail était sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche.

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On s'en doutait après le dernier épisode de Tout le monde en parle et le mystère a été éclairci hier matin: les apprentis cuistots des recettes pompettes d'En mode Salvail boivent de la vodka diluée à l'eau. Me semblait bien, aussi. Aucun des «chums de brosse» d'Éric Salvail n'aurait pu cuisiner adéquatement une pizza feuilletée aux tomates séchées ou un boeuf Wellington avec autant d'alcool dans le sang.

C'est Véronique Cloutier qui a confirmé publiquement l'information, hier, dans la foulée des critiques de l'organisme Éduc'alcool, qui dénonçait, dans ma chronique d'hier, ce type d'émissions promouvant l'abus d'alcool à la télévision québécoise. Éduc'alcool a également déploré le spectacle «pitoyable» offert dans le dernier segment de Tout le monde en parle dimanche soir, où Dany Turcotte a sorti une bouteille d'alcool fort sur le plateau.

Pour calmer le débat qui enflammait les réseaux sociaux, Véronique Cloutier a également révélé avoir bu trois gorgées de vin rouge et un shooter de vodka pendant son passage de deux heures à Tout le monde en parle. C'est tout. On ne parle pas ici de «calage» extrême.

Pour la recette pompette qu'elle a concoctée avec Éric Salvail, la blonde animatrice a enfilé dix shooters de vodka coupée avec de l'eau en 90 minutes de tournage. Et elle n'a pas conduit sa voiture pour rentrer chez elle.

Éduc'alcool a répliqué que dix verres dilués avec un tiers d'eau équivalent tout de même à sept consommations. Et que ça dépasse la quantité maximale d'alcool recommandée pour une femme, qui varie entre deux ou trois verres par jour.

Du côté de Tout le monde en parle, le producteur Guillaume Lespérance rappelle que la personne qui a ingurgité le plus d'alcool dimanche soir, soit Éric Salvail, n'a sifflé que trois consommations au total. «Ce n'était pas une beuverie. Je comprends le rôle d'Éduc'alcool. Mais ce n'est pas dans nos habitudes de glorifier l'abus», indique Guillaume Lespérance.

L'animateur Guy A. Lepage ajoute: «Tout ce qui a été bu pendant le tournage a été montré à l'écran. Trois shooters pour Éric, un pour Véro et un autre pour Dany. On l'a fait pour parodier les recettes pompettes. Et si Éric et Véro ont été drôles, ce n'est pas parce qu'ils étaient ivres, mais bien parce qu'ils sont bons, tout simplement», dit Guy A. Lepage.

Cette discussion sur la présence de l'alcool au petit écran soulève plusieurs points intéressants, je trouve. Par exemple, le fait de diffuser des recettes pompettes à heure de grande écoute encourage-t-il la consommation excessive de spiritueux? Et Éric Salvail devrait-il placarder un avertissement avant de verser un premier petit verre à ses convives?

Plusieurs lecteurs ont accusé hier Éduc'alcool de vouloir jouer au curé ou à la mère supérieure à propos des recettes pompettes. Comparer les capsules de V à un concours de «calage», comme l'a fait Éduc'alcool, relève de la mauvaise foi. Quand je regarde Coeur de pirate ou Anne-France Goldwater s'enivrer avec Éric Salvail, ça ne me donne pas du tout le goût de les imiter. Je rigole quand ils bafouillent ou gaffent devant la caméra, bien sûr, mais je n'envie pas du tout le mal de bloc qui les guette.

Tout ça, c'est de la télévision, du divertissement. Les téléspectateurs le décodent très bien. Ça m'étonnerait qu'après avoir visionné une recette pompette, le Québec au complet parte sur une brosse monumentale en cuisinant un pâté chinois. Le jugement, c'est comme la modération, il a toujours meilleur goût.

Les couilles de Charles Tisseyre

L'assemblée publique annuelle de Radio-Canada/CBC a été pas mal plus houleuse et tendue qu'à l'habitude, hier midi. À l'intérieur du studio 47 de la grande tour montréalaise, le président-directeur général, Hubert Lacroix, a été témoin de la colère qui anime ses troupes, très touchées par les récentes vagues de compressions budgétaires. Un employé de la société d'État a même tendu une lettre de démission au grand patron pour qu'il la signe sur-le-champ.

Hubert Lacroix n'a pas bronché. De l'argent, il n'y en aura pas plus pour Radio-Canada. N'espérez rien de plus. Plusieurs têtes d'affiche de la maison ont participé à l'assemblée, dont Patrice Roy, Marie-Christine Trottier et Fabienne Larouche, qui ne se sentait pas très à l'aise d'être sur la scène, dans ce contexte tumultueux. Du lot, c'est le cri du coeur de quatre minutes de Charles Tisseyre, travaillant pour la SRC depuis 40 ans, qui a été le plus remarqué.

Sans être hargneux ni virulent, mais avec beaucoup d'émotion, l'animateur de Découverte a réussi à parfaitement faire passer son message. Cet homme a beaucoup de classe et de... couilles. Pas étonnant que Charles Tisseyre soit la voix officielle de la nouvelle campagne de dépistage du cancer des testicules.

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