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Dans chacun de ses silences

Rectify... (Photo: La Presse Canadienne)

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Rectify

Photo: La Presse Canadienne

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Vous aimez les drames psychologiques bouleversants à la Broadchurch? J'ai une suggestion télé parfaite pour vous. C'est une minisérie américaine tissée avec beaucoup de finesse et de sensibilité qui s'appelle Rectify et qui démarre sur ARTV ce mardi à 22h.

C'est le genre d'émission qui vous hantera longtemps. Non pas parce que les revirements s'y enchaînent de façon frénétique, mais pour exactement le contraire. Rectify prend son temps et installe une ambiance étouffante, où la paranoïa et la suspicion empoisonnent un village de la Géorgie, dans le sud des États-Unis. Slow TV, dites-vous? Parfaitement. C'est de l'anti-Scandal.

Chacun des silences dans Rectify - et il y en a une kyrielle - pèse une tonne. Cette lenteur assumée, quasi méditative, charmera autant de téléspectateurs qu'elle en rebutera, un peu comme dans Au bout du lac de Jane Campion, que je n'avais pas du tout apprécié, personnellement. Malgré plusieurs imperfections, Rectify mérite une petite heure de votre précieux temps. Après, vous déciderez de l'ajouter - ou non - à votre diète hebdomadaire.

Alors, ça raconte quoi, Rectify? Il s'agit d'une minisérie découpée en six tranches d'une heure qui s'ouvre avec la libération de Daniel Holden (joué par Aden Young), 37 ans, incarcéré depuis 19 ans pour le viol et le meurtre de son amie de coeur Hanna, qui avait 16 ans à l'époque du crime.

Si Daniel a pu recouvrer la liberté en attentant un nouveau procès, c'est qu'une nouvelle preuve d'ADN l'a partiellement disculpé. Daniel sort de prison complètement brisé. Il ne sourit jamais, il parle à voix basse et agit parfois comme Forrest Gump, seul dans son univers. Et comme il a passé les 19 dernières années dans une cellule sans fenêtre, il ne connaît ni les téléphones intelligents ni les ordinateurs et encore moins les tablettes électroniques.

Personne ne sait trop comment réagir au retour de Daniel, qui a failli passer à l'injection létale trois fois. Sa mère l'accueille comme si rien ne s'était passé. Cette façade se lézardera rapidement. Sa soeur Amantha, qui l'a toujours soutenu, n'arrive pas à le sortir de sa torpeur. Son demi-frère Ted Jr le croit coupable et n'apprécie pas du tout sa présence, qui fait fuir la clientèle du garage familial dont il s'occupe.

Au village, où la serveuse du seul diner appelle chacun des clients par leur petit nom, les regards méfiants et les ragots alourdissent l'atmosphère. Quant au sénateur qui a fait condamner Daniel lors du premier procès, il est bien déterminé à le renvoyer au cachot.

Ce qui m'a beaucoup déçu dans Rectify, c'est que la piste de «qui a violé et tué Hanna?» est sérieusement explorée à la fin du premier épisode, puis abandonnée temporairement. Comme téléspectateur, on veut connaître ces détails, pas du tout anodins. Si ce n'est pas Daniel qui a tué Hanna, qui est l'assassin? Et si Daniel a bel et bien exécuté sa copine, quels étaient ses motifs?

C'est bien beau nous montrer les répercussions d'un crime aussi grave sur une communauté, mais il ne faut pas négliger de fouiller dans l'événement qui a tout déclenché. À ce chapitre, la série Broadchurch équilibrait mieux les aspects «enquête policière» et «impacts sur les villageois», je trouve.

Rectify a été diffusée au printemps 2013 sur Sundance Channel, la petite soeur de la chaîne AMC, qui présente Breaking Bad et Mad Men. La deuxième saison a pris l'antenne en juin dernier et un troisième chapitre a été commandé pour l'été 2015.

Appel à tous

Un appel à tous avant de vous quitter. Par manque de temps, j'ai accumulé un retard de trois semaines dans les épisodes d'Au secours de Béatrice à TVA, que j'aime beaucoup. Ce qui m'amène à un tournant pour cette série mettant en vedette Sophie Lorain: j'arrête ou je continue?

Ça nous arrive tous, même avec nos émissions préférées. On les empile dans l'enregistreur, on jure qu'on les visionnera en rafale et, deux mois plus tard, on se décourage devant la tâche à accomplir.

À la limite, pensez-vous que je pourrais renouer avec Béatrice mercredi soir, malgré mon retard, sans trop me sentir dépaysé? Vous faites quoi, vous, dans ces situations-là?

Je lévite

Avec Rolly dans Mémoires vives

Elle insuffle beaucoup de réalisme au téléroman, notre Rolly nationale (excellente Diane Jules), avec son franc-parler et son passé d'escorte. Ses ongles corail peu discrets et son vocabulaire fleuri nous sortent temporairement de l'univers généralement plus feutré de Mémoires vives, peuplé d'oncologues, de psychiatres et de palefreniers. Et que Rolly roule longtemps, maintenant!

Je l'évite

Andreï dans O'

On pensait s'en être débarrassé, la saison dernière, de ce personnage violent, lourd et particulièrement détestable. Mais non. Le restaurateur de livres anciens, joué par Vitali Markov, est revenu cet automne tourmenter et agresser Gloria O'Hara (Geneviève Boivin-Roussy), ce qui a même compromis l'adoption de la petite Abbie. Un séjour en Turquie, mon Andreï, ça ne te tenterait pas toi aussi?

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