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Le twivage, ça marche!

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Le MIPCOM réunit cette semaine à Cannes, en France, les professionnels de la télévision de partout sur la planète.

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(Cannes) Chers producteurs et télédiffuseurs, il existe un éventail de techniques pour fouetter l'activité sur Twitter pendant la présentation en direct de vos émissions les plus populaires.

L'astuce la plus efficace? Asseyez devant un ordinateur la vedette principale de votre télésérie/jeu/téléréalité - comme le font déjà Julie Snyder et Guy A. Lepage - et demandez-lui de commenter l'émission avec humour, autodérision et esprit. La conversation sur Twitter grimpera alors de 64%. Si le gazouillis provient du compte dit officiel de votre émission (du genre Les enfants de la télé, Unité 9 ou Vol 920), bof, l'activité sur la twittosphère ne bondira que d'un maigre 7%. Presque rien. Le pouvoir infini du bavardage repose entre les mains des stars du petit écran.

Imaginez maintenant le bourdonnement si Guylaine Tremblay placotait sur Twitter les mardis à 20h.

Ces chiffres ne sortent pas de mon petit coco, mais bien de la bouche des patrons de Twitter, qui ont prononcé une des allocutions les plus courues de ce 30e MIPCOM, le plus important marché de la télévision du monde.

Autre tactique: créez systématiquement des mots-clics officiels pour tous vos programmes, qui serviront de feu de camp autour duquel se rassembleront les fans finis. Vous n'avez plus le choix. Aux États-Unis, trois émissions sur quatre à heure de grande écoute affichent leur mot-clic (le hashtag) en bas de l'image.

Selon les dirigeants de Twitter, l'excellent feuilleton Scandal du réseau ABC est celui qui exploite le mieux toutes les possibilités du réseau social. Les jeudis entre 21h et 22h, presque tous les acteurs de Scandal échangent avec leurs fidèles, que l'on surnomme «les gladiateurs», et créent des mots-clics super originaux comme #WhatTheHuck, #WhoShotFitz ou #ShutItDown. C'est en épluchant son fil Twitter que la papesse Oprah Winfrey a d'ailleurs découvert Scandal.

«Twitter n'est pas que du marketing. C'est un outil communautaire. Les gens veulent parler de leur émission préférée, en temps réel, avec les acteurs qui la font», note la co-PDG des chaînes de Disney, Anne Sweeney, qui chapeaute notamment ABC.

Pendant les pauses publicitaires, les téléphiles qui ne publient pas de micromessages changeront de chaîne dans 17% des cas, tandis qu'à peine 8% des twitteurs zapperont ailleurs. Ces adeptes du multitâche aperçoivent et entendent donc toutes les réclames, même si leurs yeux ne fixent pas nécessairement le plasma.

Petite devinette, maintenant: comment appelle-t-on les sommets d'activité sur Twitter qui forment des pics pointus sur un graphique? Des tweetspots!

La révolution Netflix

La salle principale du Palais des festivals de Cannes débordait hier midi pour entendre le responsable du catalogue maison et des acquisitions de Netflix, Ted Sarandos.

En Europe, Netflix roule dans six pays depuis un mois maintenant. L'émission la plus visionnée de ce service en France? Non, il ne s'agit pas de House of Cards, qui a été achetée par Canal+, mais bien d'Orange is the New Black. Les téléséries représentent 70% de tout le matériel consommé sur Netflix, les films composant le 30% restant.

Avec ses 50 millions de clients payants dans 40 pays, Netflix effraie ses concurrents en bulldozant le modèle traditionnel. Pour les télévores français, Netflix a commandé une première télésérie originale intitulée Marseille, qui traitera de politique municipale et de corruption dans cette ville du sud de la France. Un mélange de The Wire et House of Cards.

Tous les abonnés de Netflix pourront dévorer le 12 décembre la superproduction télévisuelle de 90 millions Marco Polo, qui a été tournée à Venise, au Kazakhstan et en Malaisie. S'agira-t-il du Game of Thrones de Netflix?

À propos des premiers visionnements en ligne de House of Cards, Ted Sarandos se souvient qu'ils ont été catastrophiques. «Dans la première minute du premier épisode, le personnage de Kevin Spacey tue un chien et se met à parler à la caméra. Les gens ont haï ça. Si nous avions été un télédiffuseur conventionnel, nous aurions coupé ces scènes, mais nous les avons gardées. Et la plupart des téléspectateurs sont revenus nous voir», détaille le directeur des contenus de Netflix, Ted Sarandos.

L'animatrice Chelsea Handler démarrera le premier talk-show de Netflix en 2016. Et il y a le comédien Adam Sandler (50 First Dates) qui vient de se négocier un contrat pour apparaître dans quatre films exclusifs à Netflix. Ça bouge très vite.

«Les films d'Adam Sandler n'iront pas en salle. Le modèle du cinéma actuel date des années 70. Il faut accélérer le processus d'accessibilité pour les gens à la maison», plaide Ted Sarandos.

Les leçons de Simon

Interviewé par son grand ami Piers Morgan, Simon Cowell, le méchant juge d'American Idol, qui a également créé The X Factor et le boys band One Direction, a distribué plusieurs conseils sur la façon d'assembler des émissions événementielles comme The Voice.

Leçon numéro un: «Il ne faut pas prendre les téléspectateurs pour des idiots. Si une personne chante comme un pied et que je la couvre de compliments, ils ne vont plus me croire. Il faut être honnête avec les fans», rappelle Simon Cowell.

Deuxième leçon: «Dans un concours télévisé de chant, il ne faut pas que le panel de juges soit formé uniquement d'artistes. Un artiste n'a pas vraiment le goût de trouver le prochain artiste, qui va peut-être le détrôner», glisse-t-il. Ça, c'est très vrai.

Troisième leçon: «Autant dans X Factor que dans American Idol, ce qui compte, c'est le talent des artistes et non un gigantesque mur d'écrans qui monte ou qui descend», raille Simon Cowell, en ne cachant même pas qu'il visait le compétiteur Rising Star.

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