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Y a-t-il un douchebag dans l'avion?

Yan England, animateur de Vol 920.... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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Yan England, animateur de Vol 920.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Malheureusement pour notre bêtisier collectif, la réponse est non. L'alerte au douchebag de calibre international est levée. Vous pouvez allumer la télé sans risquer d'être attaqué par une paire de seins en silicone ou un tatouage tribal serrant un biceps soufflé.

Les nouveaux célibataires du Vol 920 de TVA s'expriment avec beaucoup de clarté, savent situer le Botswana sur une carte du monde et comprennent presque tous que «si j'aurais ou ça l'a été», ça ne sonne pas bien à l'oreille. Zut.

Il y a même un participant, Mathieu, disquaire barbu de Montréal, qui cite du Paul Éluard dans le premier épisode, que TVA enverra en l'air dimanche à 20h30. Ce même Mathieu, un vrai hipster de 30 ans qui ressort énormément dans l'émission de départ, risque de vous tomber royalement sur le système. À Anne-Julie, étudiante en arts et lettres «grano-vintage» de Montréal, il susurrera: «J'aime l'idée de toi comme étant le prolongement de moi.» Non mais, il la veut où, sa claque?

L'âge des 20 voyageurs de Vol 920 (10 gars, 10 filles) oscille entre 21 et 34 ans. Il y a beaucoup de profs parmi les globe-trotters (mathématiques, comptabilité, éducation physique), mais aussi un pilote d'avion, une traductrice, un instructeur de surf, un entrepreneur et un éducateur spécialisé. Une des candidates, Virginie, 21 ans, souffre de surdité. Comme elle lit sur les lèvres, Virginie peut aisément épier les conversations de ses camarades et décoder qui en pince pour qui.

La grande aventure des concurrents, qui les transportera dans 9 pays (9 destinations, 20 célibataires, d'où le titre de l'émission), démarre en pleine savane aride du Botswana. Contrairement à Occupation double, Vol 920 n'étire pas les présentations. Très rapidement, les 20 participants, qui ne disposent que d'un sac à dos pour transporter tous leurs effets personnels, se répartissent dans des tentes mixtes. Ils vivront ensemble 24 heures sur 24.

À chacun des épisodes, l'animateur Yan England, très à l'aise dans son rôle de capitaine, soumettra les célibataires à des épreuves du genre: partir un feu avec deux bouts de bois ou transporter des cruches d'eau sur une longue distance, en pleine chaleur suffocante. Les vainqueurs gagnent des billets d'avion pour la prochaine ville. Ceux qui n'obtiennent pas de tickets rentreront au Québec, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul couple - les gagnants - à bord de l'appareil. Aussi simple que ça.

L'aspect «romance» de Vol 920 s'implante très vite. Un couple (David et Henriane) se rapproche dangereusement dans les 90 premières minutes. Et comme dans toute téléréalité qui se respecte, un mouton noir (Pierre-Alexandre) sort du troupeau. Bien sûr, des alliances se nouent, des larmes se versent (allô, Marie-Claude) et une des dix filles (salut, Camille!) craque sous la pression, notamment parce qu'elle s'ennuie du Québec et qu'elle ne peut pas prendre une «vraie bonne douche». Ah oui, elle n'aime pas la nourriture locale non plus. Ça part très mal pour notre princesse, qui aurait été plus à l'aise dans les villas d'Occupation double à picoler avec Cintia, Joyce et compagnie.

Heureusement que le volet «amoureux» apporte du croustillant, car l'aspect «découvrons une nouvelle tribu reculée du Botswana» s'avère boiteux. Comme si les producteurs voulaient tellement casser l'image trash d'Occupation double qu'ils versent maintenant dans le National Geographic. Ce n'est pas nécessaire. Ceci dit, les images de zèbres gambadant dans la plaine et de soleil qui se couche dans le désert du Kalahari sont superbes.

Les deux compétitions proposées dans le premier épisode de Vol 920 auraient dû être raccourcies. À un certain moment, on a quasiment le goût de souffler sur notre plasma pour qu'il parte leur sapristi de feu.

Le douchebag a peut-être été refoulé aux portes d'embarquement du Vol 920, reste qu'il n'y a pas de laiderons dans cet escadron. Nous avons ici affaire à de jeunes gens minces et en santé, parfaitement à l'aise avec la simplicité volontaire. Côté look, oubliez les chemises Burberry de Kaled et pensez plutôt à des griffes comme North Face, Merrell et Under Armour. Des vêtements techniques, que l'on accompagne systématiquement de l'accessoire vedette de l'heure, soit la gourde d'eau en métal.

Je vous laisse avec cette citation révélatrice du casting plus haut de gamme de Vol 920: «Avec toi, c'est trop cérébral», constatera un Roméo débiné. Ce n'est pas à Occupation double que l'on aurait entendu ça. Hein, le gros?




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