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Femmes furieusement folles!

Mégan et Méghan (Catherine Paquin-Béchard et Mylène St-Sauveur).... (Photo: fournie par TVA)

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Mégan et Méghan (Catherine Paquin-Béchard et Mylène St-Sauveur).

Photo: fournie par TVA

D'abord, mon coup de coeur. Et c'est un doublé. Les personnages les plus amusants de Complexe G s'appellent Mégan et Méghan et «travaillent» - les guillemets disent tout - comme réceptionnistes dans cette nouvelle comédie au ton grinçant du réseau TVA.

Accros aux selfies et à leurs téléphones portables, les deux jeunes paresseuses, jouées par Catherine Paquin-Béchard et Mylène St-Sauveur, fument dans les toilettes (avec un bébé dans les bras), se moquent méchamment de tout le monde et se comportent comme deux ados suprablasées, genre. Leur attitude «je-m'en-foutiste» ressemble à celle de la fille adulte de Marc Labrèche dans Les bobos.

Mégan et Méghan héritent des répliques les plus savoureuses de cette sitcom adaptée d'un format des Pays-Bas (Toren C), qui cartonne également en France sous le titre très français de WorkinGirls. «C'est toujours les gens les plus laids qui travaillent le plus fort», lancent les deux Mégan/Méghan au visage du personnage débordé et complètement dans le jus que campe Sonia Vachon. Bang dans les dents.

Complexe G met en scène six femmes presque folles, n'ayons pas peur de l'écrire. Des salariées aussi névrosées que déséquilibrées. Note, ici: aucun des personnages principaux de la série n'est de sexe masculin.

Les traits de caractère de ces employées d'un bureau gris et déprimant ont été esquissés au Sharpie extra gros pour les besoins de la comédie, bien sûr. On ne sait pas trop dans quel domaine elles bossent, mais ce n'est ni grave ni important. Ce sont les rapports entre elles qui provoquent des situations qui oscillent entre le burlesque et le gros malaise. Malaise, dans le sens Martin Matte du terme.

Sarah (Pascale Bussières) dans Complexe G.... (Photo: fournie par TVA) - image 2.0

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Sarah (Pascale Bussières) dans Complexe G.

Photo: fournie par TVA

J'ai trouvé le premier épisode, que TVA relaiera mercredi à 21h, plutôt tiède. Comme si TVA n'osait pas ouvrir à fond la machine de peur d'effrayer son public. Clairement, quelqu'un a enfoncé la pédale de frein.

Au deuxième épisode, certains gags - dont celui du nain dans l'ascenseur - poussent le «politiquement incorrect» une coche plus loin. C'est parfait comme ça. Les téléspectateurs sont capables d'en prendre, pas mal plus que ce qu'en pensent les patrons de télévision. Si cette tangente ébouriffante et insolente se maintient, je fréquenterai assidument ce Complexe G. Il y a beaucoup de jus à tirer de ces drôles de dames pourvu que le diffuseur leur accorde un degré supplémentaire d'irrévérence.

La patronne sadique de cette comédie à sketches, la belle et grande Karine, est interprétée par Édith Cochrane. Dépossédée de son filtre vocal, Karine terrorise ses employés, dont son assistante Nathalie (Sonia Vachon), une maman de cinq enfants très enjouée qui donne l'impression d'avoir avalé tout le stock d'antidépresseurs du Jean Coutu le plus près.

En directrice des ressources humaines plus que nymphomane, Pascale Bussières se déplace dans un registre complètement différent. La scène où sa Sarah drague avec zéro subtilité un nouveau collègue, au premier épisode, est tordante. Ça va jaser (et rigoler) dans les chaumières.

Cheveux gras et teint brouillé, Hélène la dépressive (Anne Casabonne) n'a absolument rien pour elle. Physiquement, Hélène pourrait avoir été séparée à la naissance de Suzanne (Céline Bonnier) dans Unité 9. La mort du cochon d'Inde d'Hélène dans le premier épisode ne lui procure pas du très bon matériel humoristique. Tout ça devient répétitif.

Anne Casabonne incarne la dépressive Hélène dans Complexe... (Photo: fournie par TVA) - image 3.0

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Anne Casabonne incarne la dépressive Hélène dans Complexe G.

Photo: fournie par TVA

Ne vous étonnez pas si les personnages de Complexe G portent toujours les mêmes vêtements pendant les 10 épisodes de la première saison. Cela fait partie du concept, qui associe chacune des filles à une couleur précise. Rouge pour Karine, bleu pour les réceptionnistes, blanc pour Sarah.

L'auteur Daniel Gagnon (Les Parent, LOL) a puisé dans le matériel néerlandais et français pour élaborer les textes de Complexe G. Il a truffé les dialogues de références culturelles québécoises, ce qui personnalise et adoucit l'aspect formaté de l'oeuvre. Par exemple, un personnage dira d'Ima qu'il s'agit d'une chanteuse très connue, mais que personne n'est capable de nommer l'une de ses chansons.

Vous allez voir, Complexe G est bien meilleur, et pas mal plus décoiffant, que Tranches de vie, LOL, Rock et Roland et Caméra Café. Depuis un peu plus d'un an, TVA se secoue les puces autant en comédie qu'en dramatique. Il n'y a rien de choquant là-dedans. Au contraire.

Le chiffrier de la télé

Les nouveaux Enfants de la télé de Radio-Canada ont résisté à la tempête d'Au secours de Béatrice à TVA hier soir dans la course aux audiences. Résultats de ce premier duel: 1 111 000 téléspectateurs pour André Robitaille et Édith Cochrane contre 1 012 000 pour l'urgentologue campée par Sophie Lorain. Ça paraît que l'automne s'installe. Il y a de plus en plus de gens vissés devant leurs téléviseurs les soirs de semaine.

À 21h, Les pêcheurs de Martin Petit a cartonné à 1 038 000 fidèles, tandis que le premier saut sur le ring de La théorie du K.O. a intéressé 743 000 curieux.




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