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Bonne et brillante Béatrice

Au secours de Béatrice, le nouveau téléroman de... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Au secours de Béatrice, le nouveau téléroman de TVA, marque le retour au petit écran de Sophie Lorain. Elle incarne une urgentologue hyperperformante qui échouera dans le cabinet d'un psychologue, interprété par Gabriel Arcand.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Prenez la base d'En thérapie de TV5. Ajoutez un soupçon de Trauma. Mélangez avec une dose de Prozac et vous obtiendrez Au secours de Béatrice, le nouveau téléroman de TVA qui marque le grand retour au petit écran de Sophie Lorain, absente depuis Fortier.

Cette télésérie dramatique, écrite par la romancière Francine Tougas à partir de son roman Les mardis de Béatrice, est franchement meilleure que des propositions plus vieillottes comme La promesse ou Destinées, qui toutes ont été écartées de la grille de TVA. Le premier épisode d'Au secours de Béatrice jouera le mercredi 10 septembre, à 20h, contre Les enfants de la télé à Radio-Canada.

Uniquement dans la forme, on remarque tout de suite une nette amélioration par rapport aux émissions plus conventionnelles de TVA. Ça bouge beaucoup dans Au secours de Béatrice, c'est vivant et moderne. Le talentueux réalisateur Alexis Durand-Brault (La petite reine, La galère) utilise beaucoup la technique du «marche et jase» - le fameux «walk and talk» -, ce qui dynamise énormément les échanges.

Sophie Lorain, qui incarne avec juste assez de nuances l'urgentologue caféinée Béatrice Clément, apparaît dans environ 95% des scènes comprises dans les deux premiers épisodes que j'ai regardés hier. C'est un beau et complexe personnage que cette Béatrice. Hyperperformante dans son hôpital, Béatrice Clément, 48 ans, supervise également un groupe de médecins résidents comme dans Grey's Anatomy. Ses collègues louangent ses compétences et ses étudiants l'admirent. Bref, sur papier, Béatrice est parfaite. À part peut-être pour sa consommation de cigarettes.

Pourtant, Béatrice souffre de troubles digestifs inexplicables. Tous les tests qu'elle passe ne révèlent absolument rien d'anormal. Les bobos de Béa logeraient-ils entre ses deux oreilles? Semble que oui. À son corps défendant, Béatrice échouera dans le cabinet d'un psychologue, Monsieur P., campé par Gabriel Arcand, dont les présences à la télé sont rarissimes.

En entrevue, Gabriel Arcand admet d'ailleurs qu'il n'affectionne pas particulièrement le média de la télévision. Il a même demandé à ce que son personnage soit tué dans la deuxième saison de Mensonges sur AddikTV. «La télé, c'est un peu l'usine. Ça va très rapidement. Le rythme de travail très accéléré ne me plaît pas», indique Gabriel Arcand, que personne ne taxera de langue de bois.

C'est à travers les séances de thérapie de Béatrice que le téléspectateur plongera dans son univers peuplé de personnages secondaires bien étoffés. Il y a sa tante Ginette, alias Gin la massothérapeute, interprétée par Linda Sorgini, qui lui sert de mère. Il y a sa mentore aux urgences Bernadette (Monique Spaziani), son étudiant Olivier-Luc Laveaux (Pierre-Luc Brillant) et son ex-mari Ben (Gabriel Sabourin), avec qui Béatrice entretient toujours une belle relation d'amitié.

Les rencontres entre Béatrice et son psychologue servent de terrain de jeu à deux acteurs en pleine forme. Parfois, tout se passe dans un silence lourd, un regard ahuri, un rire nerveux ou une posture trahissant un malaise. Ça devient touchant - comme à la fin du premier épisode - quand Béatrice allume et se rend compte que ce qu'elle vit actuellement s'enracine dans un événement de son passé qu'elle a toujours préféré banaliser.

Elle s'avère une patiente coriace, notre Béatrice. Lentement, à force de questions perspicaces, le bienveillant Monsieur P. percera la carapace de femme forte de Béa. Au secours de Béatrice reste, par définition, un téléroman dont les intrigues se tricotent plus lentement qu'une télésérie comme Trauma ou 19-2, par exemple. Ne vous attendez donc pas à une pétarade de révélations en 44 minutes.

Au secours de Béatrice, moins mélodramatique, par contre, navigue dans les mêmes eaux que Nouvelle adresse de Radio-Canada. Les deux émissions braquent les projecteurs sur des femmes dans la quarantaine à l'aise financièrement, issues de milieux familiaux traditionnels et dont la vie empruntera un détour inattendu. Les deux émissions s'amorcent aussi avec des retours dans le passé des héroïnes.

Béatrice a pris soin des autres toute sa vie et en a même fait un métier. Mais qui s'est occupé d'elle? Voilà vers où son histoire nous conduira en 24 épisodes d'une heure.

Au secours de Béatrice s'inscrit clairement dans une volonté de TVA de rajeunir son auditoire et de se «dématantiser». Les beaux malaises de Martin Matte ont prouvé cet hiver que l'audace, ça peut être très payant.

Pour les téléspectateurs-lecteurs, sachez que le roman Les mardis de Béatrice a été expédié au pilon il y a un peu plus d'un an. Avec la mise en ondes d'Au secours de Béatrice, Libre Expression le ressortira le 1er octobre. Dans le bouquin, Béatrice est cependant une publicitaire branchée et insomniaque du Plateau Mont-Royal.




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