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Suicides en (télé) série

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Avez-vous été complètement abasourdis par la dernière scène de Trauma, mercredi soir? Moi, oui.

L'avertissement de rigueur s'impose ici: si vous n'avez pas encore consommé cet épisode façonné par Fabienne Larouche, prière de sauter directement aux mots croisés, merci. Une discussion trop corsée avec sa supérieure, une fatigue exacerbée, un coup d'extincteur sur la paroi vitrée, et le Dr David Roche (Christian Bégin) a sauté vers la mort. Défenestration, comme Julien Léveillée, l'ex-mari de Diane Hevey (Pascale Montpetit), la patronne timbrée de l'hôpital Saint-Arsène. Ce genre de séquence s'imprime dans nos cerveaux pour longtemps.

Surtout que quelques minutes auparavant, la caméra de François Gingras avait balayé la Dre Martine Laliberté (Madeleine Péloquin), affalée sur son canapé après avoir avalé, on présume, une bonne quantité de pilules noyées dans la vodka. Tout cela restera, bien sûr, à éclaircir dans la prochaine émission. Il serait fort étonnant que Fabienne Larouche enterre deux médecins en même temps.

Christian Bégin a été solide du début jusqu'à la fin de cet émouvant épisode centré sur lui. Mêmes compliments pour Madeleine Péloquin, qui a parfaitement transmis la vulnérabilité et la fragilité de son personnage. La détresse des médecins, que l'on voit plutôt comme des superhéros indestructibles, s'avère un bon filon à exploiter.

Cet hiver, j'ai moins embarqué dans le volet haïtien de Trauma ainsi que dans les sparages de l'agaçante Sophie Léveillée (Laurence Leboeuf). Par contre, j'aurais pris davantage de manigances de la carriériste Diane Hevey, qui opère dans le mental de ses adversaires comme une vraie neurochirurgienne. Claire Underwood (Robin Wright) dans House of Cards et elle, même combat.

Ce fut une grosse semaine pour les suicides dans nos séries de fiction. Lundi soir chez Yamaska, l'entourage de Rachel (Nathalie Mallette) se remettait péniblement du geste de désespoir de la mère de l'adolescent Samuel, qui avait lui aussi tenté de mettre fin à ses jours la saison dernière. C'était chargé, mettons.

Une heure plus tard, dans Les jeunes loups de Réjean Tremblay, le neuvième épisode se terminait dans un bain de sang, littéralement. La jeune Virginie Mercier, qui avait été agressée et filmée par deux joueurs-vedettes de la Flanelle, gisait inconsciente, les poignets tranchés, après avoir lancé des appels à l'aide sur les réseaux sociaux.

Nous saurons lundi soir si l'ado a survécu lors de la finale des Jeunes loups de TVA. Tout en suivant Série noire de Radio-Canada en parallèle, je n'ai pas abandonné les intrépides reporters du Matin, dont les téléphones ne cessent de grossir d'épisode en épisode, on dirait.

La mafia qui manipule le premier ministre du Québec, la police qui couche avec la mafia ou la mafia qui légalise ses activités par le truchement d'organismes de charité: la proposition télévisuelle de Réjean Tremblay rajoute plusieurs bûches dans le foyer du cynisme généralisé envers les grandes institutions.

Qui n'est pas corrompu, à part les journalistes? La première moitié des Jeunes loups n'a pas été terrible, terrible, il faut l'admettre. Ça s'est amélioré à mi-parcours. Les comédiens jouaient moins gros et les répliques coulaient mieux. Des personnages secondaires comme le flic «coké» Gaston Trudeau (Nicolas Canuel), que l'on croyait unidimensionnels, ont pris du coffre. Reste qu'une bonne injection de subtilité aurait rehaussé la qualité générale de l'oeuvre.

Avant de vous quitter, amis lecteurs, quelques mots sur une histoire dont je vous ai parlé il y a plus d'un mois. C'est confirmé: TVA mettra en ondes l'automne prochain l'adaptation télévisuelle du roman de Francine Tougas, Les mardis de Béatrice.

Comme vous l'aviez lu ici, c'est Sophie Lorain, dans son grand retour au petit écran après Fortier, qui hérite du rôle-titre. Plusieurs changements au texte original ont été apportés. Cette télésérie de 24 épisodes, réalisée par Alexis Durand-Brault (La galère), s'appellera plutôt Au secours de Béatrice. Et la fameuse Béatrice ne sera pas une publicitaire branchée, comme dans le livre, mais bien une brillante urgentologue.

Au fil des semaines, les téléspectateurs suivront l'évolution de la thérapie de Béatrice avec son psy. Béatrice est peut-être compétente dans un hôpital, mais dans sa vie personnelle, c'est le fouillis total. Bref, nous serons en analyse avec l'attachante Béatrice, et ça ne nous coûtera pas 100 dollars l'heure. Joie!

Je lévite avec la websérie Quart de vie

Vous aviez craqué pour Comment survivre aux week-ends de TVA? Vous devriez aimer Quart de vie de Tou.TV, une nouvelle websérie mettant en vedette trois jeunes femmes dans la vingtaine, dont une campée par la drolatique Marie-Soleil Dion. Peur de l'engagement, manque d'argent et relations amoureuses compliquées, tout y passe dans les huit épisodes. Rigolo.

Je l'évite : l'avalanche de pubs atroces

Je ne sais pas si c'est moi qui suis trop bougon, mais les pubs télé, ces temps-ci, sont particulièrement agressantes et mauvaises. Le monsieur énervant de Trivago, le cheval qui parle dans les réclames de Kraft Dinner ou le cuir laminé de Brault et Martineau, c'est le festival de la mocheté. À l'aide.




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