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Vol de trophée et d'identité

Tatiana Maslany n'a rien récolté au dernier gala des Golden Globes. Pourtant, cette actrice canadienne de 28 ans, vedette de l'étonnante, mais peu connue série Orphan Black, aurait amplement mérité une statuette dorée.

Car, voyez-vous, Tatiana Maslany joue au moins sept personnages dans Orphan Black, une émission de science-fiction aux accents de thriller policier. Ces sept personnages sont, je ne brûle pas de punch ici, des clones, tous nés en 1984.

Au fil des 10 épisodes, Tatiana Maslany incarne notamment Alison la maman soccer parfaite, Cosima la scientifique dégourdie, Helena l'Ukrainienne complètement fêlée, Elizabeth la policière médicamentée, ainsi que Sarah la punkette porc-épic. Pour chacun des clones, la comédienne change de coiffure, de posture et d'accent (russe, cockney, allemand ou américain) sans effort apparent. Elle adopte des tics particuliers, et même son regard change d'un clone à l'autre.

Il s'agit là d'une performance époustouflante: Tatiana Maslany porte Orphan Black à bout de bras. Dans United States of Tara, l'actrice Toni Collette, dont la personnalité se dédoublait, a accompli le même genre d'exploit de jeu. La différence? Dans Orphan Black, les clones apparaissent souvent à deux ou trois dans la même scène. Et Tatiana Maslany se retrouve donc à se donner la réplique... à elle-même.

Si vous aimez ce que la presse spécialisée appelle de la «geek TV», la télé pour les nerds, je vous recommande chaleureusement Orphan Black. Au printemps dernier, cette série canadienne a été relayée par la chaîne spécialisée Space - propriété de Bell Média - et sur BBC America. Le réseau CTV l'a ensuite reprise à son antenne en août. Le DVD a, quant à lui, été commercialisé il y a plusieurs mois.

Je vous avertis tout de suite: la confusion règne dans les deux premiers épisodes, qui sont assemblés comme un suspense très étrange. Le personnage principal, Sarah Manning, mère seule d'origine britannique et dotée d'un caractère revêche, assiste au suicide d'une femme, Elizabeth Childs, qui est sa réplique exacte. Sans le sou et vivant presque dans la rue, Sarah vole le sac à main de la morte et, tant qu'à faire, lui subtilise aussi son identité. Sarah devient ainsi Elizabeth Childs, une policière ayant été suspendue pour avoir abattu sans raison une passante.

Rapidement, Sarah-Elizabeth découvrira qu'il existe d'autres femmes génétiquement identiques. Qui a fabriqué ces clones et, surtout, dans quel but? Pourquoi un assassin tente-t-il d'éliminer Sarah, Elizabeth et leurs copies conformes?

Orphan Black a été entièrement tourné à Toronto. Les protagonistes s'échangent de l'argent canadien. Les plaques d'immatriculation des voitures et le permis de conduire de l'héroïne sont clairement de l'Ontario. Dans certaines scènes extérieures, la caméra balaie même des logos de banques et de commerces bien connus dont celui de (feu) Astral. L'une des clones, la mère parfaite au foyer Alison, habite aussi Scarborough, une banlieue de la Ville reine.

Pourtant, jamais le mot Toronto n'est prononcé. Au premier épisode, on tente même de nous faire croire que les clones habitent New York. Officiellement, l'action se déroule dans une ville générique de l'Amérique du Nord. Dommage. Toronto n'est pas assez cool pour un public international?

Autre petite source d'irritation: ça se voit qu'Orphan Black n'a pas obtenu les budgets de ses ambitions. Par exemple, le loft de l'artiste et gigolo Félix ressemble beaucoup trop à un décor de télévision du style Les saisons de Clodine en imitation Brooklyn chic.

Parmi la distribution d'Orphan Black, vous reconnaîtrez Évelyne Brochu, alias Delphine Cormier, une collègue de la clone Cosima au laboratoire de l'Université du Minnesota. Il y a aussi Ron Lea, bien connu au Québec comme le Gino Favara d'Omertà. Un acteur de Québec, Michael Mando, incarne Vic, un vendeur de dope et ex-petit ami de Sarah.

À ma connaissance, aucune chaîne québécoise n'a encore acheté la version doublée d'Orphan Black. Alors, qui, de Addik TV et Ztélé, sera le plus rapide?

Je lévite

Avec la nouvelle saison des Appendices. Cette sixième année, encore plus flyée, a commencé en force (et en feu) avec des sketches très drôles comme la «cathéchaise», le cuisinier narcoleptique, la pub de Camoufiouse, celle de Clari-net et le retour des classiques tels Zoumbadouwowpifpif, Le quotidien avec un grand Q, les cours «d'apprendons la langue d'Espagne», Mémé Zinzin, Monsieur Mousteille et la télésérie Policières. L'extrait de film basé sur la chanson Mon voisin des Frères à ch'val était hilarant. À voir tous les mercredis à 19 h 30 sur Télé-Québec.

Je l'évite

L'infâme pub du Casino de Montréal. Concepteur publicitaire à lunettes funky: «Vous allez voir, on va réunir plein de gens dans une salle de réunion, et là, tous les participants, sauf un rejet, vont commencer à dire «ota, ota, hé, hé» avec une petite chorégraphie, ça va être fou raide!» Direction du Casino de Montréal: «Wow, c'est donc bien une bonne idée, ça, et c'est clair que les jeunes vont aimer cette pub endiablée et qu'ils vont la texter sur Facebook.»




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