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S.O.S. spoilers!

La conversation animée se déroule dans l'agora de la fausse école du Vieux-Havre, au fond d'un labyrinthe souterrain de Radio-Canada. Alors, Fabienne, suis-tu encore Le trône de fer?

Les yeux de l'auteure de 30 vies et de Trauma se mettent à pétiller. Mets-en, mais l'épisode de dimanche n'était pas terrible, terrible, répond-elle. André Béraud, directeur des dramatiques de la SRC, embarque dans la discussion, qui s'enflamme. Quelle est votre famille préférée? Les Stark! Jon Snow aura-t-il, un jour, la stature et le charisme de son père? On l'espère!

Personne dans notre trio de maniaques de télé n'était rendu au même point dans le visionnement de cette série touffue de HBO et pourtant, aucun spoiler n'a été révélé. C'est une règle non écrite chez les boulimiques d'émissions dramatiques: on ne dévoile aucun punch quand on sait que notre interlocuteur s'apprête à apprendre que (nom rétracté) sera bientôt décapité ou que (nom biffé) est - gasp! - un traître chez les Lannister! Pourquoi gâcher le plaisir de l'autre inutilement?

Dites-moi, maintenant, pourquoi ce type de conversation civilisée n'est pratiquement plus possible sur Twitter ou Facebook? Lors de la finale de 19-2, une seconde et demie après le dévoilement de la fameuse taupe, paf! son nom et son visage étaient placardés partout sur les réseaux sociaux, sans aucun égard pour les amateurs qui avaient enregistré l'épisode ou qui s'apprêtaient à le regarder, avec un décalage, en syntonisant Radio-Canada Vancouver, par exemple.

Deux clans de téléphiles aux points de vue diamétralement opposés s'affrontent en duel, exactement comme dans une bataille entre les Baratheon et les Targaryen. Les premiers, qui ont regardé 19-2 en direct, ont le goût d'en jaser tout de suite et ils se vident les tripes sur Twitter (au lieu de téléphoner à leurs amis, comme dans le bon vieux temps). Bien quoi? L'épisode a été diffusé, tant pis pour ceux qui bordaient leurs enfants.

Les seconds, qui font du rattrapage, ont le goût de trucider les premiers parce que l'anticipation de toute une saison de 19-2 a été gâchée en 140 caractères. À quoi bon dévorer cet épisode maintenant que la conclusion a été éventée? Quel gâchis.

Les premiers diront aux seconds: si tu ne voulais pas connaître le dénouement de 19-2, tu n'avais qu'à fermer ton Twitter et à te tenir loin des réseaux sociaux. Les seconds répliqueront: ça te sert à quoi et ça t'apporte quoi d'écrire, en lettres majuscules, OH MON DIEU C'EST (nom raturé) LE MEURTRIER?

Le problème avec les spoilers, c'est qu'ils attaquent de façon sournoise. Vous prenez toutes les précautions nécessaires avant de vérifier vos messages personnels sur Facebook et la première nouvelle qui s'affiche dans votre fil d'actualité hurle: «Whoa, je le savais que Laurence Leboeuf n'était pas morte dans Trauma!» Vous ne vouliez pas le lire, mais la manchette vous a attaqué sauvagement. Bye-bye la surprise.

Sur Twitter, j'ai suggéré aux téléspectateurs qui brûlaient les punchs de 19-2 de penser à leurs compatriotes adeptes du rattrapage avant de vendre la mèche publiquement. Je me suis fait ensevelir de commentaires négatifs, parfois vitrioliques. Pfft, c'est ça, on ne pourra plus jamais donner les résultats du Canadien ou les gagnants d'un gala, tant qu'à faire?

Ce n'est pas du tout la même chose. La consommation de séries dramatiques se fait à tellement de rythmes différents de nos jours (en rafale, en direct ou en différé) qu'à peu près personne n'est rendu au même endroit dans les histoires. Il faut donc faire preuve de vigilance.

Mais combien de temps faudrait-il attendre avant de discuter des détails précis d'une intrigue de notre émission favorite? Il faut se servir du gros bon sens, je pense. Au lieu de publier sur Twitter, quelques secondes après une finale de série palpitante, «crime, je ne savais pas que [nom enlevé] était dans la mafia», pourquoi ne pas privilégier une approche plus douce comme: «OMG, je ne l'avais jamais vu venir, ce revirement-là» ?

Le hic, c'est que le gros bon sens, le respect et le civisme ont tendance à se dissoudre dans l'agressivité sur Twitter. Mais j'ai confiance. Si vous n'êtes pas gentils, je vais vous le dire, moi, qui a tiré sur JR dans Dallas.

Je lévite

Avec la pub de la mouffette de Desjardins

Traitez-moi de juvénile, mais chaque fois que la mouffette entre dans la maison, que les enfants crient et que le papa échappe les nachos en hurlant lui aussi, ça me fait rire aux éclats. Je ne sais pas du tout ce que Desjardins essaie de nous vendre, mais je ne zappe pas. C'est bon signe.

Je l'évite

L'émission Cap sur l'été

Oui, il faut donner du temps aux nouvelles émissions de se roder et de trouver leur rythme de croisière. Dans le cas de Marie-Josée Taillefer et Marc Hervieux, la complicité et la joie de vivre semblent un brin forcées. Peut-être que rendu à Cap sur l'automne, ce sera mieux?




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