La parade des gens malheureux

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Le succès phénoménal et inattendu de Downton Abbey a engendré plusieurs clones edwardiens habillés en tweed et coiffés de chapeaux extravagants. La BBC a ressuscité Maîtres et valets, et voilà que la chaîne HBO saute dans la locomotive à vapeur avec sa minisérie de cinq heures Parade's End, adaptée de romans signés Ford Madox Ford.

Les critiques ont dépeint Parade's End comme le «Downton Abbey des intellos». Une télésérie plus réfléchie - et extrêmement verbeuse - sur la haute société anglaise du début du XXe siècle et ses codes d'honneur complexes. Vous pouvez voir cette production aux qualités esthétiques indéniables sur les ondes de HBO Canada. La version française, dont le doublage est en cours à Montréal, passera à Super Écran à partir du 23 juin à 20 h. Contrairement à Downton Abbey, qui assume pleinement son aspect roman-savon et ses intrigues olé olé, Parade's End se présente aux téléspectateurs sous une forme rigide et aride, à l'image du personnage principal, un être froid extrêmement difficile à aimer.

Cet aristocrate bien coiffé s'appelle Christopher Tietjens (Benedict Cumberbatch, vu dans Sherlock) et provient d'une famille du Yorkshire ultra-riche, évidemment. Il «travaille» comme statisticien pour le gouvernement britannique et s'amuse, dans ses temps libres, à corriger les fautes contenues dans l'encyclopédie Britannica. Comprendre: c'est un homme cérébral plus beige que la couleur de ses costumes bien taillés.

Pourtant, Christopher a épousé la splendide Sylvia, une femme portée sur les fêtes bien arrosées, la cigarette et l'adultère. Ce personnage, incarné par la magnifique Rebecca Hall (révélée par Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen), est formidable. Juste pour cette Sylvia, manipulatrice, égoïste et dotée d'un sens de l'humour aiguisé, cela vaut la peine de persévérer dans l'écoute de Parade's End, dont le rythme gagnerait à s'accélérer. De toute façon, quand l'intrigue fait du surplace, on peut toujours admirer les magnifiques meubles capitonnés et les jardins manucurés.

Avec la fragilisation de l'Empire britannique en toile de fond, Parade's End dépeint le mariage raté de Sylvia et de Christopher. Un mariage duquel ni l'un ni l'autre ne peut s'extirper. Lui respecte trop l'institution pour divorcer. C'est un homme bon qui déroge rarement à ses principes. Bien malgré elle, Sylvia éprouve de l'admiration pour son époux, dont le flegme et la droiture la rendent folle, d'où sa propension à créer le chaos. Les deux tourtereaux prennent d'ailleurs un malin plaisir à se torturer mutuellement.

Rien ne les unit, ou presque. Lui descend de la vieille école. Elle, friande des mondanités, juge que la société anglaise n'évolue pas assez rapidement. C'est un peu la même dynamique que l'on retrouve entre Cora et Robert dans Downton Abbey, à la différence que le couple Grantham est pas mal plus sympathique que Christopher et Sylvia.

Oui, la relation harmonieuse entre les domestiques et leurs employeurs à Downton Abbey est peut-être anachronique et peu fidèle à la réalité de l'époque. Il reste que ça nous donne de savoureux moments de télévision. Dans Parade's End, où tout est rigoureusement exact, les interactions entre maîtres et valets se limitent au strict minimum, sans trop d'empathie.

Le problème de Parade's End réside peut-être là: tout y est trop parfait. La distribution est prestigieuse (Miranda Richardson, Janet McTeer, Rupert Everett) et les décors, somptueux. Cette perfection, autant dans les dialogues que dans la réalisation, manque cruellement de chaleur.

Ne vous attendez à aucun scandale bien juteux au fil des cinq épisodes. Tandis que sa femme le trompe en France, Christopher se lie d'amitié avec une jolie suffragette. Le problème? En bon tory, Christopher ne partage pas les idées plus libérales de Miss Suffragette. Fin de la cour.

Contrairement à Downton Abbey, plus pudique à ce sujet, Parade's End montre des scènes de sexe et de la nudité. Encore ici, ces scènes nous apparaissent plus mécaniques que ressenties.

Le premier épisode de Parade's End est confus et manque de souffle. Ça s'améliore heureusement au deuxième. C'est dommage, car cette minisérie avait tout le potentiel pour être excellente. Ce n'est ni mauvais ni génial. Juste un bien tiède, comme une tasse de thé abandonnée sur la table à café d'un salon décoré avec opulence. C'est bien beau, mais un peu frette.

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