Carrie et Maya, même combat

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Ça m'a frappé l'autre jour, entre deux bouchées de nachos beaucoup trop salés au cinéma Banque Scotia : Jessica Chastain dans le film Zero Dark Thirty joue exactement le même personnage que Claire Danes dans la télésérie Homeland.

Ces deux actrices incarnent en effet deux espionnes de haut niveau complètement obsédées par la capture des deux terroristes les plus recherchés de la planète. Dans l'excellent Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow, l'agente Maya de la CIA traque sans relâche ben Laden, ce qui crée un immense vide autour d'elle. Dans la tout aussi captivante série Homeland, Carrie se rend quasiment folle à courir après l'ennemi public numéro un, le terroriste (fictif) Abu Nazir, ce qui la conduit directement à l'institut psychiatrique.

Ces deux héroïnes sont jeunes, belles, intelligentes et déterminées. Elles ont été recrutées par Langley alors qu'elles sortaient à peine de l'école. Et c'est grâce à leur entêtement, leur effronterie et leur persévérance que de terribles attaques ont été évitées.

Malgré leurs exploits grandioses, Carrie et Maya, une blonde et une rousse, ont toutes deux le regard teinté d'une profonde tristesse. Ces deux femmes guerrières ont tout sacrifié pour une cause noble qu'elles ont défendue avec un acharnement hors du commun. Mais que retirent-elles de tous ces renoncements, au final?

La scène de Zero Dark Thirty où Maya rentre aux États-Unis après l'assassinat de ben Laden, seule dans un immense avion cargo, traduit parfaitement cette froide solitude qui accable nos héroïnes. Maya vient de diriger l'opération la plus risquée et la plus délicate de sa vie et qui est là, de son entourage immédiat, pour la féliciter? Personne.

Tous les soirs, Carrie, qui est bipolaire, sirote son vin blanc debout dans sa cuisine, en solitaire. Personne ne l'attend à la maison. Même pas un chat ou un poisson rouge.

Outre leurs collègues de travail, ni Maya ni Carrie n'ont vraiment d'amis proches, encore moins d'amoureux. Bon, Carrie entretient une relation ambiguë avec Brody, mais c'est une tout autre histoire. Et les enfants? On n'en parle même pas. Comment ces espionnes pourraient-elles s'occuper de bébés, alors qu'elles passent leur temps écartelées entre le Liban, une base militaire en Afghanistan et le quartier général de la CIA, en banlieue de Washington?

Contrairement à leurs camarades masculins, qui ont des vies familiales plus remplies, voire mieux équilibrées, Carrie et Maya ont payé le gros prix pour leur dévotion extrême à la lutte antiterroriste. Leurs triomphes ont toujours un revers amer: à quoi ça sert de sauver le monde si la conséquence est de finir sa propre vie quasi abandonnée? Jack Bauer l'a eu plus facile, c'est pour dire.

Ce n'est pas un hasard si Carrie et Maya se ressemblent autant. Dans une entrevue accordée au Wall Street Journal, Claire Danes a révélé avoir discuté avec une agente de la CIA, très haut placée, qui aurait orchestré la prise de ben Laden à Abbottabad, le 1er mai 2011. Cette rencontre aurait permis à Claire Danes de façonner sa Carrie Mathison pour Homeland.

L'espionne de la CIA, rencontrée par Claire Danes, pourrait être la fameuse «Jen» du livre-choc No Easy Day de Matt Bissonnette, un des membres du commando spécial ayant abattu ben Laden dans sa forteresse pakistanaise.

Dans No Easy Day, un récit détaillé sur la mort du chef d'Al-Qaïda, le soldat Bissonnette décrit cette Jen comme une agente combative et fougueuse, qui portait des escarpins de luxe et dont la ténacité extrême a conduit à la mort du terroriste tant recherché par les États-Unis.

Cette Jen, la cinéaste Kathryn Bigelow en a fait le personnage central de Zero Dark Thirty. Elle l'a simplement baptisée Maya.

Personne n'a encore révélé la véritable identité de l'espionne Jen. Après tout ce qu'elle a accompli, j'espère sincèrement que Jen ne boit pas son vin blanc, seule dans sa cuisine, en écoutant du jazz. Ce serait trop triste que la réalité et la fiction se rejoignent encore de cette façon.

Je lévite

Avec La liste de mes envies de Grégoire Delacourt

Oui, ce court roman fait un peu Harlequin, un peu Odette Toulemonde d'Éric-Emmanuel Schmitt. Mais il prend une tournure imprévue à mi-parcours. Le livre raconte l'histoire d'une couturière du Pas-de-Calais dont la vie change radicalement après un gros gain à la loto, mais pas nécessairement comme elle l'avait envisagé. Un récit tragique, comique et chaleureux.

Je l'évite

Ceux qui râlent contre les pubs de Scores

Elles me font rire ces deux jeunes femmes qui se trémoussent près du bar à salade et qui draguent un jeune père de famille, comme si elles chassaient l'homme dans un vrai bar. C'est quétaine, c'est voulu comme ça et c'est pleinement assumé. À ne pas prendre au premier degré, évidemment.

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