| Commenter Commentaires (15)

Unité 9, de télésérie à téléroman

Une fois la guerre terminée, l'image de la... (Photo: Getty Images)

Agrandir

Une fois la guerre terminée, l'image de la reine du foyer a été créée par les grandes agences de pub nord-américaines pour ramener les femmes à la maison. Ce fut le début de la société de consommation.

Photo: Getty Images

Partager

Sur le même thème

Avant Noël, Unité 9 avait clairement adopté le look, le ton et (surtout) le rythme haletant d'une télésérie dramatique. Chacun des épisodes remuait le téléspectateur, le brassait émotivement, et les intrigues progressaient rondement.

Conséquence? Tous les mardis, nous piaffions d'impatience dans nos salons: que va-t-il se passer à Lietteville ce soir? C'était clair qu'il allait y avoir une émeute dans la prison. Ou presque.

Depuis le retour des Fêtes, Unité 9 est revenu à l'essence de ce qu'il devait être au départ: un téléroman. Ce n'est pas un jugement de valeur que de l'écrire, c'est un fait. Les histoires des détenues ont beaucoup ralenti, les grands frissons se font plus rares (pensez à Élise qui pleure sur la tombe de ses parents) et certains personnages, dont Agathe, Jeanne et Caroline, ont pratiquement disparu du scénario. Oui, les actrices nous éblouissent toujours autant, mais le récit n'avance presque plus depuis trois semaines, je trouve.

C'est peut-être une erreur de la part de l'auteure Danielle Trottier que de prendre plus de temps pour déployer sa saga carcérale et de revenir à la forme téléromanesque classique.

Une des grandes forces d'Unité 9 l'automne dernier, c'était justement cette cadence rapide, qui comblait autant les amateurs de téléromans que de téléséries.

Actuellement, les fans de téléséries (j'en suis) connectent moins avec Unité 9. J'ai l'impression que je pourrais sauter une ou deux semaines de diffusion et ne pas du tout perdre le fil. Ce qui n'était pas le cas avant Noël: chacun des épisodes d'Unité 9, écrit de façon très compacte, était essentiel à la compréhension de l'histoire.

Les auteurs de téléroman (Yamaska, Mémoires vives), qui pondent plus de 20 épisodes par saison pendant plusieurs années, peuvent s'étendre ainsi, ce qui crée une familiarité et une proximité avec le public. C'est le propre du téléroman. Les auteurs de téléséries (19-2, Trauma) ne disposent souvent que d'une dizaine d'heures pour installer leurs péripéties et les boucler. Ils accélèrent donc le tempo.

Si Unité 9 avait gardé le rythme de la télésérie en 2013, Jeanne serait déjà en libération conditionnelle, Marie briguerait un deuxième mandat à la tête du comité des détenues et Shandy aurait fait l'amour à tout le personnel masculin de la prison. J'exagère, mais à peine.

Le ralentissement scénaristique d'Unité 9 n'a pas eu d'effet sur ses cotes d'écoute, qui ont même franchi la barre des 2 millions la semaine dernière. N'empêche. J'aime beaucoup cette série et j'espère qu'elle reprendra la belle vitesse de croisière qui a forgé son identité et redéfini la conception que nous avions du téléroman.

Papa et maman ont raison

Vous cherchez de la télévision nutritive, divertissante et intelligente? Ne ratez pas les deux séries documentaires québécoises Reine du foyer et Papa a raison, que la chaîne Historia diffuse à partir de lundi à 20h.

La réalisatrice Lisette Marcotte (Une pilule, une petite granule) signe habilement les deux oeuvres, qui racontent l'évolution des rôles des hommes et des femmes du Québec, de la Deuxième Guerre mondiale à aujourd'hui.

Reine du foyer, qui compte trois épisodes d'une heure, dont la narration est faite par la comédienne Danielle Proulx, ouvre le bal. La guerre de 1939 à 1945 a marqué un tournant dans l'émancipation des Québécoises, qui ont quitté massivement leur foyer pour assembler des bombes dans les usines, en échange d'un très bon salaire. Et en 1941, ouvrir une garderie en milieu de travail ne posait aucun problème au gouvernement en place. Les choses ont bien changé.

Rapidement, les femmes d'ici ont été initiées au multitâche: elles géraient le budget de la maisonnée, rationnaient les denrées chères, accomplissaient toutes les tâches domestiques et recyclaient même leur graisse de cuisson, qui servait à fabriquer de la nitroglycérine.

C'est une fois la guerre terminée que l'image de la reine du foyer a été créée par les grandes agences de pub nord-américaines pour ramener les femmes à la maison. Ce fut le début de la société de consommation. Pour être pleinement épanouie, la reine du foyer devait évidemment posséder un frigo neuf, un aspirateur et un four dernier cri.

Chez nous, le clergé, sous la houlette d'Albert Tessier, a poussé très fort sur les «écoles ménagères», aussi appelées «instituts du bonheur», qui préparaient les futures mariées «à la mission sublime d'épouse». Les images d'archives à ce sujet sont fascinantes. Que de chemin parcouru depuis!

Dans Papa a raison, qui démarre le 18 février à 20h et dont la narration est assurée par Raymond Cloutier, on constate rapidement que le mâle québécois a toujours éprouvé de la difficulté avec son identité. Au front, les Canadiens français servaient de chair à canon. Sur le marché du travail, les ouvriers francophones étaient soumis à l'autorité de leurs patrons anglos. À la maison, c'est madame qui gérait.

Et dans les années 50, il n'y avait pas de modèles de réussite comme les Guy Laliberté d'aujourd'hui, et le Québécois moyen avait déjà acquis une «mentalité de loser». Faire de l'argent était mal vu et l'instruction n'était pas encouragée. Bref, l'homme québécois était castré par sa femme assoiffée de liberté, par ses supérieurs au boulot et par l'Église, qui dictait tous les codes de conduite.

Même les modèles de saints étaient inadéquats. «L'oratoire Saint-Joseph, c'est un peu un monument à l'impuissance masculine», déclare l'écrivain Mathieu-Robert Sauvé dans l'émission. Vraiment, c'est à voir.

Partager

publicité

Commentaires (15)
    • Toute la Vérité est celui qui a la meilleure cadence semaine après semaine. Jmais de temps mort. Unité9 est en perte de vitesse à plusieurs niveaux effectivement.

    • Eh bien ! Nous n'étions pas les seuls à attendre que ça bouge depuis les trois derniers épisodes. Le rythme est tellement lent que nous sommes sur le bord de décrocher. Votre chronique confirme exactement, mot pour mot, ce que l'on se disait mardi soir dans notre salon.

    • Je suis d'accord avec vous M. Dumas, le ryhtme qu'on appréciait tant, qui nous gardait sur le bout de notre siège n'est plus dans Unité 9. C'est dommage. C'était tellement bon avant Noel, tellement intense comparé aux autres séries. Nous en parlions au travail avec émotion les lendemains tellement nous avions été touchées. Mais depuis trois semaines, plus un seul mot sur Unité 9 durant les heures de lunch ou à la pause-café et c'est pas normal ça. J'espère que le téléroman retrouvera son rythme. Ce serait trop dommage que ça parte à la dérive. Je trouve aussi les détenus, surtout Marie, beaucoup moins naturelle. Marie est constamment hyper maquillée. Mise à part ce détail plus ou moins important, il est à souhaiter que ça change car O à l'autre poste est très captivant!

    • Je trouve que Yamaska est en perte de vitesse également. Unité 9, ça déçoit davantage mais Yamaska demeurait agréable tout de même. Depuis janvier, c'est très lent et vide. J'espère que ce téléroman si captivan à ses débuts retrouvera sa fougue. Destinées est un bel exemple de téléroman où ça bouge sans arrêt et les histoires avancent à grands pas. C'est un des meilleurs en ce moment.

    • Bonjour Monsieur Dumas.
      Je reste, jusqu'à la semaine prochaine. un inconditionnel de «Unité 9». je le fais par besoins et par goûts. Imaginez-vous que prison et pénitencier(S), j'ai connus, j'ai expérimentés pour y avoir «habité» à titre de «résident emprisonné»
      Dans quelques courriels échangés avec Madame Danielle Trottier, je lui partageais et ma satisfaction et ma gratitude tellement «sa» série me procurait certains conforts et prises de conscience. Pour faire plus bref, je suis allé en «prison pour me libérer de mes propres prisons» -Cf. ces mots se trouvant dans une lettre que me transmettait un ex-belle-soeur alors que j'étais en attente de sentence à la prison d'Orsainville.
      Que je me reconnais donc à travers moult personnages et leurs comportements!
      Mercis pour votre «papier»
      Gaston Bourdages
      Simple citoyen - ex-bagnard et écrivain publié «en devenir»
      Saint-Mathieu de Rioux, Qc.
      http://www.unpublic.gastonbourdages.com

    • Bonjour!
      J'avais fait le même commentaire sur la lenteur des intrigues d'Unité 9 un peu avant les Fêtes.
      Pour une fois qu'une série québécoise me captivait autant qu'une série Made in USA.
      La même chose se produit avec Mémoire vives.....
      Des personnages beaucoup trop nombreux, on s'en va dans toutes les directions, bref, un téléroman qui risque d'être looooooooooong a suivre......ce que je ne ferai pas.
      Cependant, Unité va encore me garder prisonnier ( wow quel jeu de mots) de sa case horaire!
      Avec la série O qui est revenu, la captivité ne sera peut-être pas trop longue cependant.

    • Depuis le retour des fêtes? Moi je dirais plutôt que cette lenteur s'est installée depuis avant Noël! Tout le chichi autour de Shandy qui va chanter ou non Call Girl de Nanette Workman... Bof! Trois épisodes sur le sujet, c'était pas nécessaire. D'autant plus que ce n'est pas réglé, car M. Musique n'est plus dans le décor. Tout comme vous, je suis plutôt un amateur de télésérie que de téléroman, pour cette raison. En fait, je regarde aucun téléroman, à l'exception d'Unité 9, et j'avais hésité à le commencer, à l'époque, à cause de cela. Finalement, j'ai été surpris dans les premiers épisodes, mais là, tout comme vous, je trouve que les mauvais plus du téléroman ressortent... Je vais continuer à regarder jusqu'à la fin de la saison, parce que je trouve de grandes qualités à cette émision, ne serais-ce que le sujet Par contre, je vais réévaluer à la rentrée 2013-2014. Ceci étant dit, pourquoi l'auteure ne s'inspirerait pas de Toute la vérité? Ils doivent nous offrir ça, une vingtaine d'épisodes par année, à moins que je me trompe? Pourtant, les choses avancent... Avant Noël, on apprenait que le père de Sylvain n'était pas son vrai père et dans l'épisode suivant, on a pas perdu de temps à nous le faire entrer en scène ce papa biologique. Bref, c'est possible d'accélérer le tempo si on veut. À ce propos, Toute la vérité est plus prêt des séries américaines que nos téléromans. Des fois, les Américains ne sont pas toujours dans le champs...

    • @Crescence C'est un fait, les canadiens - et surtout les canadiens-français - étaient fréquemment sur lignes de front, au même titre que les autres colonies britanniques. Ce même fait s'applique pour les combattants allemands : on retrouverait souvent des autrichiens, des polonais ou d'autres soldats de ces pays occupés sur la ligne de front pour défendre les acquis nazis. On ne parle pas de la marine ou de l'aviation, évidemment.
      Et rangez donc ce commentaire de fédéraliste acharné, le monde n'est pas divisé entre les bons (le Canada) et les méchants (les séparatisses)...

    • @werigh
      C'est loin d'être subjectif étant donné que les auteurs eux-même ont toujours dit que c'était un téléroman et non une télésérie. Mais comme le rythme des premiers épisodes était très intense, on s'est mis à parler de téléroman qui se regarde comme une télésérie. Sauf que depuis 3 semaines, c'est clairement devenu un téléroman tout court, que vous le vouliez ou non.

    • Sentiment partagé ici. Autre constat, les fins d'épisodes ne sont plus du tout punchées, et ne gardent plus en haleine. Il y a eu quelques bribes d'intrigues carrément surréelles voire loufoques (comme l'IPL qui juge un bottin comme une arme mortelle). Guylaine Tremblay reprend sa place comme ténor de la distribution, elle qui s'était fait surclassée un peu par d'autres avant les fêtes. Je vais continuer de regarder Unité 9 d'ici la fin de la saison pour porter un jugement définitif.

    • Comme ça les Canadiens français servaient de chair à canon sur les champs de bataille ! Bien hâte de voir quel «historieux» a énoncé ce mensonge! Ils ont interrogé Falardeau avant sa mort et son fils ensuite, puisque tout le monde sait que ce sont des spécialistes sur le sujet?

    • Comme ça les Canadiens français servaient de chair à canon sur les champs de bataille ! Bien hâte de voir quel «historieux» a énoncé ce mensonge! Ils ont interrogé Falardeau avant sa mort et son fils ensuite, puisque tout le monde sait que ce sont des spécialistes sur le sujet?

    • j'ai eu exactement la même réflexion que vous en regardant l'épisode de cette semaine d'Unité 9.

    • Votre commentaire sur Unité 9 est tellement subjectif... Vous me faites rire avec vos déclarations à l'emporte-pièce ("Ce n'est pas un jugement de valeur que de l'écrire, c'est un fait."). Un long métrage dont le rythme est lent cesse-t-il d'être un long métrage? De quel droit vous érigez-vous en autorité susceptible de juger ce que devrait être une télésérie? N'importe quoi. Dommage que des lecteurs accorde autant crédit à votre opinion.

    • Je pense exactement comme vous. Je suis un amateur de téléséries beaucoup plus que de téléromans. J'aime UNITÉ 9 mais je vais me lasser si le rythme installé depuis le retour des fètes continue de la sorte.

Commenter cet article

Les commentaires sont maintenant fermés sur cet article.

Nous vous invitons à commenter les articles suivants:

Veuilez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Cyberpresse. Pour plus d'information, consultez notre nétiquette. Si vous constatez de l'abus, signalez-le.

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer