Bye Bye 2012: partir la tête haute

Joël Legendre, Véronique Cloutier, Michel Courtemanche, Hélène Bourgeois... (Photo fournie par Radio-Canada)

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Joël Legendre, Véronique Cloutier, Michel Courtemanche, Hélène Bourgeois Leclerc et Louis Morissette présentent Bye Bye 2012.

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Pis, c'était bon, le Bye Bye 2012? Oui, les amis. Le cycle est terminé et toute l'équipe dirigée par Louis Morissette peut prendre sa préretraite en bombant le torse, tel le capitaine Solidarité. Son boulot de qualité a déridé des millions de Québécois qui ont arraché la dernière page du calendrier en chantant joyeusement, en compagnie de la vraie Lisa Leblanc et de la fausse, que cette année a vraiment été «d'la marde» pour les citoyens, mais du bonbon pour nos humoristes.

Il y avait beaucoup de travail et de souci du détail dans cette revue de fin d'année sans temps mort, autant dans les maquillages complexes, les costumes bien ajustés, les effets spéciaux léchés que dans les textes «punchés». En fait, avec toutes ces prothèses, ces postiches et les nombreuses références à la culture populaire, ce Bye Bye 2012 ressemblait énormément à ceux que concoctait Rock et Belles Oreilles il y a quelques années. La filiation était évidente.

Avant minuit, pas une seule minute n'a été ennuyeuse et les sketches rigolos se succédaient à une vitesse folle. À la deuxième écoute, c'était toujours aussi savoureux. Le segment le plus comique? Le téléroman Cabinet 9, avec les anciennes ministres libérales Monique Jérôme-Forget, Michelle Courchesne, Line Beauchamp et Nathalie Normandeau, personnifiée avec brio par Hélène Bourgeois Leclerc. Cette dernière a encore volé la vedette avec ses imitations réussies de la juge Charbonneau, de Pauline Marois et de la «drag-queen» Danièle Henkel.

Dans les premières minutes de la soirée, la parodie de Bref a permis aux cinq comédiens du Bye Bye d'installer une saine autodérision, qui envoyait un message clair: oui, on va rire d'à peu près tout le monde au Québec, mais aussi de nous-mêmes. Puis, les gags sur Véro qui met des photos «de son toupet de coiffeuse du Saguenay» sur Twitter se sont enchaînés. Même Joël Legendre a su rire de ses malheurs à la barre du gala des Gémeaux. Chapeau bas pour l'humilité.

Parfaite Madonna

Véronique Cloutier, tout en jambes, a brillé en Madonna, dont elle a parfaitement reproduit la gestuelle et l'attitude. Avec les cheveux, la jupette de majorette et même l'espace entre les dents, c'était impeccable. Et sa performance en Jean Tremblay, le gentil maire de Saguenay «très ouvert aux cultures inférieures», rappelait la belle époque de Dominique Michel. Bravo également pour sa Laurie d'Occupation double, tout en dents, qui a pété sa coche plusieurs fois.

Louis Morissette a été excellent, comme dans les moutures précédentes, en Jean Charest, en Lucien Bouchard et particulièrement en Dany Vachon dans le pastiche Dans yeule du dragon. Joël Legendre a personnifié un très bon GND, qui a fait danser tout le Québec avec le Gabriel Nadeau Style.

Quant à Michel Courtemanche, ses meilleurs personnages ont été Lino Zambito, François Legault dans les pubs de Brand Power ainsi que le matricule 728, qui n'a même pas nécessité de maquillage - les cris, l'agressivité et la carrure de l'interprète suffisaient amplement pour la reconnaître.

Visuellement, le film muet Le Simpliste avec Gérald Tremblay, tourné à la manière de The Artist, était superbe. Même chose pour le numéro d'ouverture hollywoodien Les Adversers, réalisé par Les Satiriques. La transformation de François Legault en Dr Hulk Barrette a été spectaculaire.

Oui, il y a eu beaucoup de références à la télévision, dont Les Lemieux avec le hockeyeur Patrice Lemieux. Et alors? RBO a fait sa marque en se moquant du petit écran pendant très longtemps. Au sujet de la télé, la comédie Histoires de crosses jumelée à la fausse pub de Loto-Québec (bling-bling, ching-à-ching-ching) a frappé très fort. La réécriture du film L'affaire Dumont chez Denis Lévesque a aussi été un très bon flash. Et j'ai vraiment éclaté de rire quand Sophie Grégoire essayait désespérément d'apparaître dans la pub de Libéral Essence de son mari Justin Trudeau.

Parmi la kyrielle d'apparitions-surprise, celles de Xavier Dolan, Michel Dumont et Sandra Dorion ont été parfaites. Et heureusement, le «caméo» de Geneviève Sabourin a été amené avec sobriété. Le terrain était glissant.

Le ventre mou de cette créature médiatique a été déplacé après le traditionnel décompte. On y a notamment relégué le spécial Céline Vidéodion - le pouvoir infini du cash -, qui s'est avéré beaucoup moins drôle que prévu, même si l'imitation de Céline Dion par Joël Legendre fonctionne encore très bien.

Dans les premières minutes de 2013, la qualité du matériel a fléchi. À preuve, cette tiède parodie d'Enquête, les Anglaises qui parlaient de leur «végin» ou la politicographie très convenue de Léo Bureau-Blouin.

Derrière son pupitre de faux chef d'antenne, Louis Morissette livre moins bien ses fausses nouvelles qu'un Seth Meyers à Saturday Night Live, par exemple. Bonne idée, par contre, que cette publicité des démagogues d'ici avec Richard Martinono, calquée sur la campagne publicitaire des fromages d'ici.

C'était aussi très audacieux de la part de l'équipe de Louis Morissette de se moquer méchamment des membres de RBO. Surtout quand on sait que les premiers sont les héritiers des derniers. La grande question, maintenant: les derniers prendront-ils leur revanche sur les premiers au Bye Bye 2013? Seul Guy A. Lepage le sait.

Et les autres

D'abord, c'est toujours impressionnant de voir la galerie de personnages qui défilent chez Gérard D. Laflaque, qui s'est métamorphosé en agent spécial 00Flak, le temps d'une opération Rapace.

Wow, quelle somme de travail colossale.

La jolie surprise du 31 décembre? L'émission spéciale d'En direct de l'univers de France Beaudoin, à la fois festive et touchante. Vraiment, une formule gagnante à reprendre. C'était extrêmement bien fait, avec plein de moments de grâce.

La petite déception? Infoman 2012, dont la façon de revoir l'année mois par mois vieillit mal. C'est dommage, car l'émission hebdomadaire de Jean-René Dufort est toujours aussi pertinente et intéressante. Un rebrassage d'idées s'impose ici.

Et les chiffres

En combinant les diffusions du 31 décembre et du 1er janvier, le Bye Bye 2012 a rejoint 3 948 000 personnes, Infoman a été vu par 2 582 000 fidèles et 1 787 000 fans ont regardé En direct de l'univers, selon BBM. Note: les chiffres du Bye Bye 2012 augmenteront avec la publication des chiffres compilés minute par minute, car les auditoires actuels comprennent les 10 premières minutes de Ciné-Fête et du Téléjournal, dont l'écoute est beaucoup moins imposante.

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