Les belles histoires, façon Deadwood

Les comédiens Élizabeth Lesieur, Andrée Champagne, Yvon Leroux,... (Photo: fournie par Radio-Canada)

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Les comédiens Élizabeth Lesieur, Andrée Champagne, Yvon Leroux, Jean-Pierre Masson et Louis-Philippe Hébert dans l'un des 495 épisodes de cette série culte.

Photo: fournie par Radio-Canada

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Le Père Ovide serait fier. C'est fou à quel point notre primeur de la semaine dernière sur la préparation du remake des Belles histoires des pays d'en haut à Radio-Canada a fait jaser dans les chaumières. Quand il est question de ressusciter le vilain Séraphin ou la douce Donalda dans un téléroman moderne, le débat traverse toutes les générations. Et ça jacasse très fort, autant à la radio que sur Twitter.

Alors, voici d'autres détails sur ce projet télévisuel piloté par les producteurs Sophie Deschênes (Sovimage) et François Rozon (Encore Télévision). La réécriture des 495 épisodes de cette série culte de Claude-Henri Grignon a été confiée à Gilles Desjardins, le méticuleux auteur de Musée Eden.

«La façon dont je le vois, c'est de revenir au sens profond de l'histoire, soit celle de la colonisation du Nord, avec un aspect très réaliste. Un peu comme ce que les Américains ont fait avec Deadwood», a confié Gilles Desjardins lors d'une entrevue à La Presse.

Produit de la chaîne HBO, Deadwood est un western campé en 1876 au Dakota du Sud, en pleine ruée vers l'or. C'est une oeuvre crue, hyperréaliste et très dure, que la chaîne spécialisée Historia a diffusée en rafale à l'hiver 2011, puis en reprise l'été dernier.

En comparaison, l'action des Belles histoires des pays d'en haut démarre en 1887 dans la région de Saint-Jérôme. Pour réinterpréter cette émission classique, Gilles Desjardins se basera sur les textes originaux - et non censurés - qui ont été déposés à la Bibliothèque nationale. «À l'époque, il y a eu beaucoup de censure, à tous les niveaux. Le cardinal Léger a souvent écrit à Claude-Henri Grignon pour lui rappeler que Donalda devait être un exemple de soumission pour toutes les femmes du Canada français», indique Gilles Desjardins. Il fallait également que le rôle du colon soit valorisé et quasiment glorifié dans le feuilleton.

Les concepteurs du remake des Belles histoires, un projet qui emballe Radio-Canada, selon nos informations, souhaitent que les moeurs de cette époque de Far West soient parfaitement traduites au petit écran. «À voir la grosseur des familles, je ne peux pas croire que les gens n'avaient pas de sexualité à l'époque. Et il y avait aussi beaucoup de criminalité», explique Gilles Desjardins.

Un point délicat n'a toutefois pas encore été réglé: les patois bien connus des personnages comme «viande à chien», «crétac» ou «bouleau noir» résisteront-ils à la relecture de l'oeuvre? «Je n'ai pas encore statué là-dessus», glisse, avec prudence, Gilles Desjardins.

Pierre Grignon, le filleul de Claude-Henri Grignon, rappelle que son grand-oncle n'était pas du tout hostile au remake, puisqu'il en a déjà fait un avec son propre livre. «Dans le roman Un homme et son péché, il n'était pas question de Sainte-Adèle ni des pays d'en haut, et il n'y avait pas de curé Labelle. Pour faire Les belles histoires des pays d'en haut, il a ressuscité Donalda et Séraphin, qui mouraient tous deux dans le livre», détaille Pierre Grignon.

Autre point des Belles histoires qui changera de couleur: les opinions politiques. «Claude-Henri Grignon ne pouvait pas développer le volet où le curé Labelle exprimait le souhait de faire du Québec une nation», soutient Pierre Grignon, 70 ans, qui donne des conférences sur Claude-Henri Grignon partout au Québec, au Nouveau-Brunswick et même en Nouvelle-Angleterre.

La soumission totale de Donalda à Séraphin risque aussi de vaciller. «Pour Claude-Henri Grignon, un fervent catholique, c'est parce qu'elle offrait sa souffrance à Dieu que Donalda pouvait endurer cet affreux avare», dit Pierre Grignon.

La pression est évidemment forte sur le scénariste Gilles Desjardins pour ne pas abîmer ce monument de l'histoire littéraire, radiophonique et télévisuelle du Québec. «Je suis quelqu'un qui fonctionne avec beaucoup de recherche. C'est une énorme responsabilité qui m'a été confiée. Je suis confiant, car c'est une oeuvre qui est très solide», note Gilles Desjardins.

Dimanche en chiffres

Le banquier de TVA a poursuivi sa domination dominicale en réunissant 1 756 000 fidèles pour son édition spéciale Carnaval de Rio. L'heure de vérité des candidats d'Occupation double a, pour sa part, intéressé 1 481 000 amateurs de téléréalité, toujours à TVA. À Radio-Canada, Tout le monde en parle a rallié 1 202 000 téléspectateurs.

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