Faire partie du 1% télévisuel

Hugo Dumas
La Presse

Vous avez une super idée d'émission de télévision? Bravo. Maintenant, il faut la vendre à un grand réseau ou à une chaîne spécialisée. Bonne chance.

«Je dis non 99% du temps. Avoir un rendez-vous avec nous à Canal Vie, c'est déjà un grand succès. Je reçois environ 300 propositions par année et je vais peut-être en garder trois ou quatre», affirme la vice-présidente à la programmation de Canal Vie, Lyne Denault.

À l'invitation de l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision, quatre patronnes de la télé québécoise ont distillé, hier midi, des trucs sur l'art de préparer «un bon démo» afin de bien vendre un concept ou une idée d'émission. Ces quatre femmes influentes ont aussi ouvert une porte sur un univers méconnu du grand public: celui du long processus qui mène à la création d'une nouvelle émission de télé.

Des projets, Lyne Denault (Canal Vie), Dominique Chaloult (Télé-Québec), Louise Lantagne (Radio-Canada) et Lucie Quenneville (V) en reçoivent environ un par jour. Première leçon pour faire partie du 1% des propositions acceptées par les réseaux: faites vos devoirs. «Si une personne arrive dans mon bureau et me dit: ''moi, je ne regarde pas la télévision, je ne trouve pas ça bon'', déjà en partant, ça me marche pas», note la directrice générale de la télévision de Radio-Canada, Louise Lantagne.

Deuxième truc: regardez attentivement la chaîne avec laquelle vous désirez collaborer. «Ça ne sert à rien de jouer de la guitare dans mon bureau pour votre pitch. V ne diffuse aucune émission musicale», rappelle la vice-présidente à la programmation de V, Lucie Quenneville.

Lyne Denault, de Canal Vie, enchaîne: «Décore ta vie, je l'ai déjà en ondes. Je veux aller ailleurs. Et Métamorphose, ça fait trois ans que ce n'est plus en ondes».

Troisième conseil: si vous avez l'idée du siècle, mais que vous n'avez aucune expérience en télé, associez-vous avec un producteur établi. «On ne peut pas se permettre de donner un budget de huit millions à un producteur qui n'a jamais fait de série lourde avant. On ne peut pas non plus se permettre de n'avoir que de la relève en heure de grande écoute», insiste Louise Lantagne, de la SRC.

Comprendre: pas question de se farcir une autre saga à la 19-2. Lucie Quenneville de V suggère aussi aux débutants de démarrer avec de plus petits projets, question d'accumuler des kilomètres au compteur.

Quatrième point: soyez réalistes. Pour votre projet de jeu à V, ne suggérez pas Martin Matte comme animateur. «Il ne voudra pas. Véronique Cloutier non plus», rigole Lucie Quenneville.

À Télé-Québec, Dominique Chaloult aime recevoir des propositions dites inachevées, qui peuvent être bonifiées en équipe. Bref, soyez prêt à améliorer votre concept, car malgré ce que vous croyez, il est loin d'être parfait.

Dernier point: ne lâchez jamais. Il y a six ou sept ans, Canal Vie a écarté plusieurs fois un projet de magazine télé avec un jeune chef inconnu à sa barre, Louis-François Marcotte. Malgré ces refus, le producteur a persisté et a décidé de montrer à Lyne Denault une courte vidéo de Louis-François Marcotte en action. Vous savez quoi? Canal Vie a acheté le concept après cinq secondes de visionnement. Vous connaissez le reste: Marcotte a récemment été repêché par TVA. Comme quoi les efforts (et une belle image), ça mène à tout.

Des nouvelles de Claude Poirier

À 73 ans, le reporter et animateur Claude Poirier pète le feu. En entrevue, il lance même: «vous pouvez l'écrire, je n'ai pas le cancer». Excellente nouvelle. Quand la santé va, tout va. 10-4!

Depuis deux semaines, LCN a même rallongé de 30 minutes l'émission quotidienne que pilote le chroniqueur judiciaire à partir de 9h. Ce qui nous donne un bon indice de sa popularité. Et les cotes d'écoute de Claude Poirier dépassent - de loin - celles de ses rivaux.

Contrairement à son ex-collègue Jean-Luc Mongrain, Claude Poirier n'est lié par aucun contrat à LCN. «Je n'ai jamais eu de contrats, autant à la télévision qu'à la radio. Je ne veux pas être attaché. Si mes patrons ne sont pas contents, ils n'ont qu'à me sacrer dehors. Et moi aussi, je peux m'en aller. J'ai toujours négocié mes choses moi-même, sans l'aide de personne», rappelle le vrai négociateur de LCN.

À moins d'un revirement inattendu, Claude Poirier reprendra l'antenne en septembre à LCN. D'ici là, il devra se rasseoir avec les patrons de TVA Nouvelles et renouveler son entente verbale. Comme un vrai négociateur.

Pour joindre notre chroniqueur: hdumas@lapresse.ca

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