Isabelle Gaston à On prend toujours un train pour la vie

«J'aurais préféré qu'il m'enlève la vie à moi. J'aurais réellement préféré partir avec eux.» Ses cheveux blonds tirés vers l'arrière et vêtue d'une robe grise très sobre, la médecin Isabelle Gaston répond avec aplomb et émotion aux questions parfois très difficiles de l'intervieweur Josélito Michaud, qui lui consacre entièrement l'émission On prend toujours un train de dimanche (21h), sur les ondes de Radio-Canada.

L'entretien a été réalisé le 17 août 2010, soit bien avant le début du procès du cardiologue Guy Turcotte, qui a assassiné les deux enfants du couple, Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, dans la soirée du 20 février 2009. «C'était interdit de le diffuser avant ou pendant le processus judiciaire», rappelle la porte-parole de Radio-Canada, Nathalie Moreau. Josélito Michaud, qui a accompagné Isabelle Gaston dans l'attente du verdict au palais de justice de Saint-Jérôme, n'a pas accordé d'entrevues.

Hier, la SRC a toutefois rendu disponible aux journalistes un montage de six minutes de cet épisode d'On prend toujours un train. Si l'émission complète renferme autant d'extraits aussi chargés, gardez votre boîte de mouchoirs à portée de main. «Je supplie souvent la vie de venir me chercher et de laisser une mère vivre. Parce qu'honnêtement, je perdrais ma réputation, je donnerais tout ce que j'ai, je donnerais ma santé, je couperais mes deux bras, on pourrait me torturer pour ravoir mes enfants, ne serait-ce qu'un regard à travers la fenêtre», dit Isabelle Gaston sans ne jamais s'effondrer.

C'est une femme digne et en contrôle qui se confie dans le train de Josélito Michaud. Dans les bouts d'entrevues que j'ai visionnés hier (l'épisode final fait présentement l'objet de nombreuses mises à jour), jamais Isabelle Gaston ne nomme Guy Turcotte, son ex-conjoint. «Il n'a pas réussi à tuer ma capacité de vouloir honorer mes enfants», lâche-t-elle en entrevue.

Quand un policier lui a communiqué l'horrible nouvelle par téléphone, Isabelle Gaston a crié et perdu la voix. «Et après ça, je me suis remontée et je me suis dit: il faut que j'aille bercer mes enfants, se souvient-elle. Entre le lever et le coucher du soleil, ma vie a complètement changé.»

Isabelle Gaston conçoit mal «que les mains et la personne qui doivent sauver des vies en enlèvent deux gratuitement».

Pendant un an, l'urgentologue affirme avoir été incapable de respirer normalement. «Je suis tellement détruite que j'ai peur de ne plus jamais être capable d'aimer, note-t-elle. La Isabelle Gaston qui existait est morte. Je n'existe plus comme j'existais avant.»

Quant à ses enfants Olivier et Anne-Sophie, «au lieu de me dire, j'ai la malchance de les avoir perdus, je me dis: j'ai la chance de les avoir connus», philosophe Isabelle Gaston. La mère évoque aussi ses propres idées suicidaires: «Je me suis beaucoup posé la question: pourquoi je continue?»

Toute la vérité, toute la suite

Il ne reste que deux semaines de boulot aux artisans de Toute la vérité, qui mettent actuellement la touche finale aux 10 nouveaux épisodes que TVA devrait diffuser à partir de la mi-septembre.

Cette très bonne série reprendra là où les auteurs Annie Piérard et Bernard Dansereau nous ont abandonnés fin mars. Alors, Philippe, qui tentait d'agresser Li-Ming, restera dans le coma après avoir reçu une décharge de Taser administrée par son ami Antoine, fils de Samuel (Patrice Robitaille). «Antoine a des problèmes de jeune adulte sur lesquels Samuel a moins d'emprise: il va y aller à l'instinct et au feeling», détaille Bernard Dansereau.

Et que se passera-t-il avec Brigitte (Hélène Florent)? «Elle aura beaucoup plus à s'occuper de ses parents. Elle aura beaucoup d'obligations familiales. On joue sur les défis du couple. Le plus difficile vient souvent de l'entourage», indique Annie Piérard. Comme le dernier épisode le sous-entendait, quelque chose de grave cloche avec l'état de santé de Simone (Angèle Coutu).

La journaliste judiciaire Lisanne (Geneviève Brouillette) poursuivra ses amourettes avec Me Parfait (Stéphane Gagnon), tandis que le couple formé de Maxime (Émile Proulx-Cloutier) et Geneviève (Catherine Bérubé) souffrira de la présence de l'ex-copain de Geneviève, Pierre-Luc (Alexis Lefebvre). «Pierre-Luc et Geneviève ont quelque chose ensemble que Maxime n'a pas: le VIH. Ça place Maxime à l'écart. La sérodiscordance, ça pose différents problèmes», souligne Annie Piérard.

Un nouveau personnage de délateur, incarné par Danny Gilmore, se joindra à la distribution. C'est Sylvain (Éric Bruneau) et l'enquêteuse Anaïs (Salomé Corbo) qui hériteront du dossier de Gilmore, ce qui turlupinera Dominique (Maude Guérin). Parce qu'elle est jalouse, parce qu'elle s'inquiète pour la santé du bébé que porte sa copine Anaïs et parce qu'il y a une chance sur six que Sylvain en soit le père. Rita Lafontaine, Christiane Pasquier et Pierre-Luc Brillant hériteront de rôles épisodiques.

Annie Piérard et Bernard Dansereau poseront à l'automne leur loupe sur le cas d'un viol collectif qui a été filmé. La personne qui tient la caméra est-elle aussi responsable que les agresseurs? On suivra aussi le procès d'une femme qui a tué son mari, qui a ensuite été impliquée dans un accident lui ayant complètement effacé la mémoire.

Pour pondre leurs histoires, le couple Dansereau-Piérard s'adjoint des collaborateurs comme Patrick Lowe, Jacques Diamant, Julie Hivon et Guylaine Bachand.

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