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François Gagnon
La Presse

C'était froid, hier à Québec. Froid à l'extérieur alors que le soleil n'arrivait pas à faire contrepoids au vent soutenu qui balayait la capitale toujours aussi belle.

Froid à l'intérieur du vieux Colisée où le Canadien et les Hurricanes de la Caroline sont débarqués dans l'indifférence des amateurs de hockey. Des amateurs qui sont encore échaudés, aigris, désabusés depuis que la LNH leur a fait un pied de nez en multipliant les efforts pour maintenir les Coyotes dans le désert de l'Arizona plutôt que de faciliter leur exil vers Québec.

À tort plus qu'à raison, les fans de hockey croyaient dur comme fer qu'avec le nouveau Colisée qui s'élève lentement mais sûrement à l'ombre de l'ancien, la quête avouée de Pierre Karl Péladeau pour mettre la main sur une équipe et l'entente liant le futur proprio et la Ville de Québec, le retour de la Ligue nationale n'était que formalité.

Blessés par une survie des Coyotes qu'ils refusaient d'entrevoir, plusieurs amateurs ont décidé de signifier leur mécontentement en boudant l'invitation annuelle du Canadien, qui faisait hier sa cinquième escale à Québec dans le cadre de son calendrier préparatoire.

Remarquez que ce refus était bien plus un doigt d'honneur brandi bien haut au visage de la LNH et de son commissaire Gary Bettman qu'un désaveu du Canadien. Mais le résultat était le même. Au lieu de parler du match opposant le Tricolore et les Hurricanes qui proposaient des formations intéressantes à défaut d'être complètes, on parlait de football universitaire, hier à Québec. Du premier match de la saison qui opposera demain les ennemis venus de Montréal, les Carabins, à la fierté de la capitale, le Rouge et Or de l'Université Laval.

Loin de moi l'intention de manquer de respect aux joueurs du Rouge et Or et des Carabins. Mais si le match d'hier, même préparatoire, avait mis en scène les nouveaux Nordiques, le Rouge et Or et ses joueurs seraient passés lointains deuxièmes. Même si les adversaires avaient été Kirk Muller, les frères Staal, Alexander Semin, Cam Ward et les joueurs de soutien qui complétaient la formation des Hurricanes.

Si les adversaires des nouveaux Nordiques avaient été le Canadien? J'ose à peine y penser...

Après la marche bleue, les voyages aux quatre coins de la LNH pour signifier à Gary Bettman leur intérêt pour le hockey, leur désir de revoir les Nordiques dans leur Colisée, les amateurs de Québec avaient pleinement le droit de tourner le dos au match d'hier. Ou de se faire tirer l'oreille un brin ou deux.

Et non, cette réaction ne nuira pas aux chances de Québec de revoir un jour du hockey de la LNH comme le prétendent plusieurs observateurs. Cette façon de vivre le deuil démontre simplement la dure réalité qui entoure ce beau projet visant à la réincarnation des Nordiques à Québec.

Car, aussi beau soit-il, aussi bien ficelé et orchestré soit-il, il faudra du temps pour le mener à terme. Et il est bien possible que d'autres batailles soient perdues avant que les amateurs de hockey de Québec puissent gagner la guerre. S'ils la gagnent.

On verra!

Le mot de la fin

Trouver les mots justes, qu'ils soient enthousiastes dans la victoire ou tranchants dans la défaite, n'est jamais facile.

De fait, c'est bien souvent difficile.

Trouver les mots justes et précis pour bien imager le tourbillon émotif associé à la décision déchirante de quitter La Presse et les plateformes qui se multiplient autour de ce grand journal est plus difficile encore. Car s'il est toujours possible d'atténuer un jugement lapidaire ou un compliment généreux, il est difficile, voire impossible, de reprendre un au revoir. Un au revoir que je vous propose en toute simplicité ce matin.

Alors que le Canadien se prépare à faire sa grande rentrée, je ferme la porte sur sept années exceptionnelles au cours desquelles j'ai partagé les pages de ce grand quotidien avec des collègues qui sont devenus des amis. Des amis qui le demeureront, je l'espère, même si je porte dorénavant le chandail d'un club ennemi.

Après avoir eu la chance de profiter du meilleur des deux mondes en écrivant dans la Grande Presse tout en étant associé à RDS au cours des cinq dernières années, je quitte l'édifice du boulevard Saint-Laurent pour les studios de l'avenue Papineau.

Au-delà des salutations et remerciements que je lance aux quatre coins de la salle de rédaction, particulièrement à François, Michel, Gaëtan et à tous les membres de l'équipe du pupitre qui m'ont plusieurs fois avisé d'une date erronée, d'un résultat inversé, de fautes grossières et pourtant si évidentes, je tiens à remercier La Presse pour tous les défis qu'elle m'a permis de relever.

Je quitte le coeur gros parce que je laisse un journal de grande qualité, proposé quotidiennement par une équipe solide et dévouée. Un journal que je continuerai, comme vous, à lire avec intérêt. Je quitte aussi avec l'enthousiasme généré par le nouveau défi qui m'est proposé.

Dès lundi, je serai tantôt à l'antenne de RDS, tantôt à RDS.ca, où je vous proposerai des chroniques et des blogues quotidiens. Si, comme moi, vous maintenez vos habitudes de lecture de La Presse sur toutes ses plateformes, j'espère que vous viendrez également me rejoindre pour savoir ce que je pense de bien et de moins bien du Canadien, de ses joueurs, de la LNH et de tout ce qui me préoccupe sur la scène du sport.

Merci pour tout et à bientôt!




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