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Solidari-tee Lac-Mégantic

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François Gagnon
La Presse

Après avoir respecté un moment de silence, 47 golfeurs regroupés sur le tertre de départ du terrain du club de golf de Lac-Mégantic se sont élancés simultanément pour donner le coup d'envoi au tournoi-bénéfice qui s'y déroulait hier.

Le geste était évidemment bien plus symbolique que sportif. Car, si quelques balles se sont envolées directement vers les nuages menaçants, d'autres ont filé loin vers la gauche, certaines se sont dirigées vers la droite. Au moins une, peut-être deux, n'a même pas bougé.

Mais ça ne comptait pas. Pas plus que le score final obtenu par les quelque 36 quatuors composés de golfeurs partis d'une vingtaine de clubs de golf des quatre coins du Québec pour converger vers celui de Lac-Mégantic.

Ce qui comptait hier était de trouver une façon de venir en aide à un club de golf qui en a besoin.

Surplombant le lac, loin de la zone rouge et des images lugubres qui s'offrent à la vue lorsqu'on y passe pour une première fois plus d'un mois après la tragédie qui a marqué l'été et marquera à jamais cette ville et ses résidants, le club de golf est beau et calme.

Trop calme.

Aussi fiers soient-ils de leur terrain, les quelque 260 membres n'ont pas beaucoup la tête au golf. C'est évident. Depuis le 6 juillet, dans le chalet où régnaient camaraderie et bonne humeur, les bons et les moins bons coups ne soulèvent plus les mêmes passions.

«Ça parle moins fort qu'avant», reconnaît Ricky Therrien, président du club.

Un club qui a perdu un de ses membres de longue date. Organisateur dans l'âme, Roger Paquet était le commissaire de la Ligue du 10e trou. Une ligue amicale née au début des années 80. Roger dormait dans sa maison située au coeur de la zone rouge lorsque le train fou a plongé sur le centre-ville.

On ne le reverra plus jamais au club de golf où il est toutefois encore très présent. Sur le fanion du 10e trou, un fanion noir, on a substitué le nom du club pour un «Merci Roger». Et si le noir laisse les golfeurs dans le doute quant à la position du drapeau sur le vert - pour les profanes, le rouge, le blanc et le bleu indiquent si la coupe est au début, au centre ou à l'arrière de la surface - Ricky Therrien ne s'en formalise pas. «Ceux qui connaissaient bien Roger l'entendront leur rappeler de toujours viser le centre du vert. C'est un hommage qu'on devait lui rendre.»

Appel à l'aide

Plus encore que les membres qui viennent moins souvent se changer les idées en négociant les allées de leur club, les golfeurs itinérants venant de la Beauce, de Québec, de l'Estrie et d'ailleurs en province se font rares. Et comme les itinérants représentent la moitié du chiffre d'affaires du club - un revenu oscillant autour de 700 000$ - ce manque à gagner menace la survie financière de ce club géré comme une coopérative.

Lorsque la mairesse Colette Roy-Laroche a demandé au reste du Québec de ne pas abandonner sa ville, le directeur général du club de Lac-Mégantic, David Laplante, a suivi le pas.

Assise devant sa télé, Gladwyn Skitt l'a vu et entendu inviter les golfeurs itinérants à venir, ou à revenir, visiter son terrain.

L'entrevue n'était pas terminée que Gladwyn Skitt avait joint son fils David. «Tu dois aider ces gens», lui a-t-elle dit. Et c'était plus qu'une simple suggestion. Bien plus.

David a écouté sa maman. Il est directeur du Championnat de Montréal, un événement du circuit des champions de la PGA qui se tiendra au Club de golf de la Vallée-du-Richelieu au début de septembre.

Il a tiré quelques ficelles, passé quelques coups de fil, envoyé des courriels.

Les invitations lancées sont vite revenues accompagnées de chèques de 600$ demandés pour l'occasion.

Ami personnel de David Skitt, le Sud-Africain Fulton Allem, qui sera du prochain Championnat de Montréal, a accepté de venir faire un saut à Lac-Mégantic. Tout comme le professionnel québécois David Lévesque du club de La Prairie et le grand maître Adrien Bigras.

Sauver le toit

Avec les quelque 22 000$ recueillis en droits de jeu et les montants versés pour mettre la main sur l'un ou l'autre des souvenirs offerts aux enchères, le club se retrouve ce matin avec près de 30 000$ dans sa petite caisse. Ce n'est pas une fortune, c'est évident, mais ça représente une aide aussi précieuse que nécessaire.

«On devait avoir un gros mariage le soir du 6 juillet. Il a bien sûr été annulé. Tout comme un gros tournoi qui devait avoir lieu la fin de semaine suivante. Ajoute à ça la baisse importante des golfeurs itinérants, et je t'assure que ce qu'on reçoit aujourd'hui est très important pour nous», m'expliquait Ricky Therrien avec qui j'ai disputé la ronde d'hier.

«Regarde la toiture du chalet. Ça fait trois ans qu'on se dit que le temps de la changer s'en vient. Le temps est arrivé. Ça va nous coûter 45 000$. C'est rien 45 000$ et une toiture d'un chalet de golf si tu compares ça à tout ce qui est arrivé en ville. Mais pour retrouver un peu notre vie normale, il faut que le club, que les commerces, que les activités reprennent. Qu'on montre à tout le monde qu'on s'est relevé. Qu'on est là. Comme avant. Avec l'argent ramassé aujourd'hui, on va sauver le toit de notre chalet. C'est un bon début», assurait Ricky Therrien.

Si vous passez par Lac-Mégantic pour aller constater les dégâts et que vous êtes golfeurs dans l'âme, une petite ronde au club local aidera à poursuivre le travail de reconstruction amorcé hier. Tout en vous offrant un défi pas facile à relever alors que les allées et les verts de ce terrain offrent des défis intéressants et des pièges invitants. Vous serez avisés...

Après le tournoi Solidari-tee Lac-Mégantic, c'était au tour des anciens Canadiens de faire un petit geste pour aider la cause de cette région durement touchée en disputant un match de balle-molle que Dame Nature a salué par un retour du soleil après une journée de pluie abondante qui n'a pas chassé un golfeur du terrain.

Quand tu penses à tout ce que les résidants de cette ville ont vécu et vivent toujours, disons qu'il est bien difficile de se laisser abattre par quelques gouttes de pluie. En fait non: c'est impossible.

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Commentaires (2)
    • Commentaire provenant de la Colombie britannique en solidarité avec la Province du Québec.
      La cause définitive et la responsabilité entière de ce désastre incombe à la négligence condamnable des gouvernements fédéraux successifs ? une négligence se faisant passer pour la déréglementation. Dans sa portée et sa persistance, la déréglementation est maintenant tellement établie au fédéral qu'elle est probablement inguérissable sauf par amputation.

      Le gouvernement fédéral est donc responsable et a besoin de défrayer les coûts du catastrophe. Ces coûts ne seront pas dans les dizaines mais dans les centaines de millions de dollars. Si jamais, comme je m'attends, le gouvernement fédéral refuse de payer, une résolution ou même un référendum préparé par l'Assemblée nationale afin d'exiger une indemnisation juste par le fédéral, sera sans doute nécessaire.
      David Clark
      traduit par Philippe Mader
      Nelson, Colombie britannique

    • Bravo !

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