| Commenter Commentaires (18)

Pat Burns: l'injustice se prolonge

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
François Gagnon
La Presse

C'est en 2010, pendant que Pat Burns livrait ses derniers rounds à un cancer dont la victoire était acquise, que les membres du comité de sélection ont commis leur plus grave erreur en lui fermant au nez les portes du Temple de la renommée du hockey.

Cette décision avait soulevé bien des débats houleux. Malgré leur devoir de réserve, plusieurs membres du comité qui militaient en faveur d'une décision favorable cachaient bien mal leur indignation à l'endroit des réfractaires, qu'ils s'étaient toutefois bien gardés d'identifier. Malheureusement!

L'année suivante, les membres du comité auraient pu racheter leur erreur. Moins d'un an après sa mort, cette intronisation aurait toutefois laissé le goût amer d'un rendez-vous manqué.

Aussi bien attendre.

L'an dernier, aucun bâtisseur n'a fait son entrée au Temple. Il faut dire que derrière les Joe Sakic, Mats Sundin, Pavel Bure et Adam Oates, ce bâtisseur aurait été un brin dans l'ombre de ces très grands joueurs. Remarquez que la stature de Pat Burns lui aurait permis d'avoir une place de choix au sein de cette grande cuvée.

Shero devant Burns!

Cette année, l'occasion était bien choisie. Elle était même parfaite. Le temps ayant fait son oeuvre, personne n'aurait pu atténuer la portée de son intronisation en l'associant à un «simple» cadeau posthume. Et malgré ce temps qui file, les souvenirs, bons ou moins bons, laissés par Burns sont encore bien présents dans le monde du hockey.

Sans compter que la cuvée 2013, avec Chris Chelios, Scott Niedermayer et Brendan Shanahan, aurait aussi bien servi la cause de Pat Burns que celle de l'an dernier.

Mais non!

Les membres du comité ont décidé d'honorer Fred Shero. Vingt ans après sa mort, l'ancien coach des Flyers de Philadelphie, ou des vrais de vrais Broad Street Bullies, est finalement récompensé.

Parce que ses deux conquêtes consécutives de la Coupe Stanley en 1974 et en 1975 ont été marquées par l'intimidation et la rudesse que les Flyers déployaient aux quatre coins de la LNH, et particulièrement à l'intérieur du Spectrum où ils imposaient davantage encore leur loi de la jungle, Shero a dû patienter longtemps.

Certains diront que cette patience n'aurait jamais dû être récompensée.

Mais bien que la robustesse, pour ne pas dire la violence, des Flyers ait servi sa cause et celle de son équipe, Shero a été l'un des premiers coachs à inculquer des systèmes de jeu. À adopter des adjoints pour mieux gérer le banc, les systèmes, l'équipe.

Bon! Le «dompage» de rondelle dans les coins avec la chasse à courre qui suivait aussitôt après n'avait pas grand-chose de scientifique, c'est un fait. Mais Shero l'a instauré. Plusieurs l'ont ensuite imité.

Et au-delà de l'intimidation, il faut rappeler que Shero a aussi su tirer profit - ce ne peut être le seul fruit du hasard - du grand talent des Bernard Parent, Bobby Clarke, Bill Barber, Reggie Leach et autres Rick MacLeish.

Mais après avoir patienté si longtemps, Shero aurait facilement pu patienter un an de plus, et personne n'aurait été offensé si cette décision avait permis l'intronisation de Burns.

Une intronisation souhaitée aux quatre coins de la LNH. Mais aussi, et surtout, une intronisation hautement méritée, comme en témoignent les faits saillants de sa carrière.

Fort de ses 501 victoires au cours de sa carrière de 1019 matchs dans la LNH, de sa conquête de la Coupe Stanley en 2003 avec les Devils du New Jersey, sans oublier une défaite en grande finale avec le Canadien en 1989 et ses présences dans le carré d'as avec les Maple Leafs de Toronto aux printemps de 1994 et 1995, de ses trophées Jack-Adams - entraîneur-chef de l'année - avec trois équipes différentes, Burns mérite pleinement la place qu'on lui refuse encore cette année pour je ne sais trop quelle raison.

Si ces statistiques pourtant éloquentes n'arrivent pas à dissiper les derniers doutes, on pourrait ajouter qu'en 12 saisons dans la LNH, les équipes qu'il a dirigées n'ont raté les séries qu'une fois.

Pat Burns entrera un jour au Temple de la renommée. La question est quand. J'espère seulement qu'il n'aura pas à attendre 20 ans après son décès. Car si c'est le cas, on finira par manquer de qualificatifs pour illustrer l'injustice qui se sera répétée au fil de toutes ces années.

Laraque loufoque!

Quand j'ai lu dans ma Presse d'hier que Georges Laraque assurait que George Parros ne faisait peur à personne dans la LNH, je me suis éclaté de rire. Je me suis dit: tiens, c'était le tour de mon confrère Gabriel (Béland) de se faire flouer par le Gros Georges qui voulait passer le message qu'il orchestrait un possible retour au jeu. Je me suis fait avoir il y a deux ans. Darren Dreger, de TSN, s'est fait avoir l'an dernier. Il était juste normal que Laraque récidive cette année.

Eh bien, non! C'était surtout pour annoncer qu'il défendrait les couleurs du Parti Vert aux prochaines élections fédérales.

Ah, mon Georges! Si tu avais su manier la rondelle comme tu manies les médias, tu aurais marqué 53 buts en une saison, et non en 12 ans de carrière.

Mais bon!

Pour passer sa promo politique - est-ce que ça entrera dans ses dépenses électorales? -, Georges a lancé que le nouveau George du Canadien - Parros de son nom de famille - n'intimidera personne dans la division la plus «tough» de la LNH.

Peut-être que Georges a raison. Qu'après deux ou trois combats, le Canadien et ses fans regretteront l'embauche de l'autre George.

On verra!

Mais ce qui est clair, c'est que le nouveau George permettra à tout le monde de porter un jugement. Car contrairement à Laraque, Parros ne se contente pas de parler, d'attendre les invitations ou de respecter un code obscur quand vient le temps de défendre un coéquipier. Il le défend.

Quant à Georges, il s'occupait bien plus de la gestion de ses relations publiques que de la défense de ses coéquipiers lors de son paisible séjour de fin de carrière à Montréal.

À chacun ses combats, il faut croire...

Partager

publicité

Commentaires (18)
    • @ François
      Quand vous parlez de Laraque et de son "séjour" avec le Canadien, il serait bien de mettre les gens au courant des faits!
      1- Le coach était Guy Carbonneau qui répétait sans cesse qu'il ne voulait pas de "policier" dans son équipe...
      2-Bob Gainey a décidé que lui en voulait un... malgré le fait que Carbonneau est dit le contraire...
      3- La première chose que Carbonneau a dit à Laraque (il l'a répété aux médias), "je ne veux pas que tu reçoives un 2 minutes pour instigateur"...
      4- Vous êtes à la place de laraque, vous obéissez aux partisans ou au coach????
      5- Quand l'adversaire acceptait de lâcher les gants en même temps, il n'y avait pas d'instigateur (Shaw Thornton l'a fait, mais il était un Bruins, pas un peureux)...
      Si les gens gardaient en mémoire ces faits, peut-être qu'il seraient un peu plus indulgent envers Georges Laraque... Mais quand certain journaliste essaie d'étouffer ces faits, on se demande s'il n'y a pas vengeance personnelle...
      Et je n'ai même pas parlé de ses problèmes de dos, qui aurait dû être décelé AVANT sa signature... Qui n'a pas fait son travail?

    • Feu Pat Burns va y entrer et il le mérite. Il me semble que d'autres aussi le mériteraient et n'y sont pas encore.
      Puis certains qui y sont l'ont été plus rapidement que d'autres... Seulement en 1996, ils ont introduit Al Arbour... Ils auraient pu le faire au moins quatre, cinq ans avant. Pour Bob Johnson, il mérite sa place mais il a été intronisé en 1992 à cause de son décès en 1991 ? Peu importe, il mérite sa place.
      Une personne intronisée comme joueur peut-elle l'être une seconde fois comme bâtisseur ou bien cela compte pour les deux ?
      Pour bâtisseurs il faut avoir occuper quels rôles ?
      Le Prof Caron aurait pas sa place lui aussi ?
      François Allaire serait éligible ?

    • Je suis assez en accord avec Laraque sur Parros mais il faut bien que le CH commence à se grossir à quelque part et défendre un club au complet ne passe pas par un seul individu. Parros ne sera pas le seul dans la barque. Si Tinordi fait l'équipe et dans quelques années McCarron...ayoye...on y pensera par deux fois avant de s'attaquer aux petits "flying canadians"...lol...

    • Je ne vois pas pourquoi un coach qui encourageait l'accrochage et le hockey soporifique serait intronisé au Temple de la renommée. Quand tu dis que Bryan Skrudland était le centre numéro un du Canadien, ça donne une idée du genre de hockey qui se jouait sous ses ordres. Ce n'est pas parce qu'il vous a charmés à CKAC que ça fait de lui un meilleur coach. Ses 3 Jack Adams ont été gagnés avec des équipes qui accrochaient et qui n'avaient aucune créativité offensive.

    • Toujours impressionnant de lire un "analyste", sportif par surcroît, dire des choses qu'il n'aurait jamais le courage d'affirmer en face de la personne qui en fait l'objet...mais si jamais monsieur Gagnon trouvait ce courage devant Laraque, ça pourrait faire tout un "Kodak moment".

    • Personnellement je trouve que le terme bâtisseurs est mal choisis, pourquoi pas une catégorie entraîneur tout simplement. Pat Burns mérite amplement sa place comme l'un des meilleurs de sa profession tout comme un joueur. Il a marqué la LNH par son talent derrière le banc. Pour moi bâtisseur c'est de révolutionner son sport en y apportant quelque chose de nouveau...honneur qui doit être attribuer que très rarement, surtout pas à un gars qui a inventé le "dumping" de rondelle.

    • Le système de Shero , c'était Bernard Parent...point barre!!!

    • Une déclaration de Shero qui m'a marqué (je pense que c'est dans le bouquin de Ken Dryden, The Game) et illustre bien tout le cynisme de sa stratégie: "The refs can't call them all" En effet, et Boston l'a bien compris en séries.

    • @arrow Bien d'accord avec votre commentaire. François n'est pas le plus logique dans ses interventions...
      Si Parros n'intimide pas les méchants, ç'a sera quand même une amélioration sur Laraque, qui lui, devait bien les faire rigoler...

    • La cérémonie d'intronisation le 11 novembre????
      Journée de l'Armistice
      Il me semble que ce n'est pas vraiment la bonne journée pour faire ce genre de cérémonie...

    • Lorsque les Flyers ont été éliminés par le Canadien en 4 partie en 1976, les vainqueurs ont rétabli l'ordre naturel des choses. Le jeu propre mené par les habiletés des joueurs à manier la rondelle et à compter a été rétabli au détriment de l'intimidation et de la violence. Sauf les partisans des Flyers et les émules de Don Cherry, à peu près tout le monde dans l'univers du hockey s'est réjoui et cela a préparé les années Gretzky-Lemieux où s'est sans doute joué le jeu le plus créatif de l'histoire du sport.
      Dans le cas de Shero, ce sont les résultats et non les moyens qui l'ont mené au Temple. Son coaching n'avait rien d'édifiant. Terroriser l'adversaire pour le paralyser et l'achever ensuite. L'art du bullying dans toute sa splendeur. La conduite anti-sportive récompensée. La beauté du sport anihilée. La mémoire est une faculté qui oublie. Au moins, on peut sans doute espérer pour le salut du genre humain que ce sont de jeunes cerveaux sans souvenir ou sinon de vieux cerveaux atteint de la maladie d'Alzeimer qui ont pris cette déplorable décision.

    • Ça va prendre plus d'un Parros à Montréal pour permettre au CH de jouer plus physique. La blessure à Emelin l'an passé à fait mal. C'est peut-être juste un rêve, mais est-ce que le CH ne pourrait pas mettre la main sur Martin Hanzal? Les Yotes ont signé Ribeiro, mais Plekanec pourrait leur être utile en saison régulière. Je serais même prêt à rajouter un choix de 2e ronde pour mettre la main sur Hanzal. Centre naturel, 6'6, 236 bls, 100 mises en échecs en 39 matchs l'an passé..!

    • Faudrait plutôt se placer dans la tête d un anglophone pour comprendre leur pensée au sujet de ce qu est un bâtisseur. Moi c est juste que je ne vois en rien comment Fred Shero peut être considéré comme un bâtisseur parce que le style qu\'il a préconisé dans les années 70 a encouragé le hockey à se diriger vers le marasme ou il est côté violence,commotions cérébrales etc... Non pas que je le tienne l unique responsable mais un des apôtres du hockey popularisé par le ROC. Parce qu elle est là la justification. Vous n avez qu à regarder comment ils font la promotion avec l image de leurs diffusions pour constater qu\'ils préferent voir une bonne bataille à de beaux jeux.
      Décu et quand même surpris car Pat Burns a un capital de sympathie partout ou il est passé et qu\'il a fait sa marque sur le hockey et aussi mais surtout sur tant de gens .
      Quant à Big Georges Laracque sans y apposer d image péjorative je le vois un peu comme le personnage de ¨des souris et des hommes¨. Un homme fort ,naif,pas trop trop vite mais dénudé de méchanceté. Il se fait embarquer dans un paquet de galeres mais je ne suis pas certain que les idées viennent de lui. Beaucoup de bonne volonté mais tellement pas de jugement !

    • Introniser Fred Shero au Temple de la renommée, c'est l'équivalent d'introniser Gilles Vaillancourt au Temple des grands politiciens. Vaillancourt a instauré un système très efficace et a régné en tête de nombreuses années. Shero a instauré le système de violence et d'intimidation le plus stupide de l'histoire du hockey, et qui existe encore aujourd'hui dans la LNH. Il aura permis à des goons comme Georges Laraque justement de faire carrière dans la LNH, en prenant la place de joueurs beaucoup plus talentueux. À quand l'intronisation de Dave Schultz au Temple de la renommée en tant que pionnier des goons? Il a révolutionné le hockey après tout. Shero aurait mérité d'aller en prison autant que Vaillancourt... et autant que Claude Julien qui, en fin de match alors qu'il mène par 4 ou 5 buts, envoie tous ses goons sur la patinoire afin d'administrer une raclée aux petits joueurs du CH. Mais Claude Julien est adulé par nos journalistes (particulièrement François Gagnon) parce que, voyez-vous, c'est un bon petit francophone (même si c'est un franco-ontarien).
      Alors tant que nos journalistes vont applaudir à ce genre d'entraîneurs, le hockey continuera à être malade.

    • Il n'y a clairement pas d'amour perdu entre vous et M. Laraque. ;)

    • Qui sont les incompétents à la tête de ce comité???? Incompétent et assurément de l'Ontario et de l'ouest du canada. Il me semble également que Pedneault en faisait partie. Avis à tous, écrivons donc un petit courriel à Pedneault pour questionner sur quoi se base-t-il pour refuser le temple à Burns.

    • À partir du moment où on est d'accord que Fred Shero mérite sa place au temple depuis plus longtemps que Burns, elle est où l'injustice? J'aurais aussi voulu que Burns soit intronisé de son vivant mais maintenant qu'il est mort, pourquoi est-ce que Shero aurait pu attendre une année de plus mais pas lui? Et surtout, si ce n'est qu'une question de temps avant qu'il soit intronisé, pourquoi y-a-t-il une controverse à chaque année où il n'y est pas?

    • Go Laraque GO...

Commenter cet article

Les commentaires sont maintenant fermés sur cet article.

Nous vous invitons à commenter les articles suivants:

Veuilez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Cyberpresse. Pour plus d'information, consultez notre nétiquette. Si vous constatez de l'abus, signalez-le.

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box
la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer