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Les dieux du golf sont implacables

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François Gagnon
La Presse

(AUGUSTA) Quand ils frappent, les dieux du golf, ils frappent fort. Pour faire mal. Et comme si ce n'était pas assez, ils frappent sournoisement, sortant du bois, de l'herbe longue, d'un petit ruisseau ou d'un lac qu'on ne croyait pourtant pas en jeu sans jamais s'annoncer. Sans jamais être invités.

La seule justice, si on peut parler de justice, c'est qu'ils sont aussi implacables avec les meilleurs golfeurs du monde qu'avec les golfeurs du dimanche.

Parlez-en à Dustin Johnson.

Après des oiselets aux 10e et 13e trous, Johnson trônait seul en tête avec un score de - 7. Avec sa puissance et son talent, ce jeune loup de la PGA s'apprêtait à hacher finement les derniers trous du parcours d'Augusta lorsque les dieux du golf en ont eu assez. Au lieu de retrancher quelques coups supplémentaires à la normale, Johnson a terminé sa ronde avec deux bogeys et deux doubles bogeys à ses cinq derniers trous. De - 7, son score est passé à - 1. Avant même d'avoir compris ce qui lui arrivait, Johnson n'était plus tout en haut du tableau des meneurs, mais au volant de sa voiture vers laquelle il s'est rendu presque au pas de course, refusant de répondre à quelque question que ce soit.

«Les gens ne se rendent pas compte à quel point notre sport est difficile et à quel point le parcours et le vent qui souffle aujourd'hui [hier] le rendent encore plus difficile. Je jouais avec Dustin. Je l'ai vu aller. Exception faite de la balle envoyée à l'eau au 15e, il n'a pas vraiment raté ses coups. Mais ses positions n'étaient pas optimales. Et il est arrivé ce qui est arrivé», a offert Fred Couples en guise de plaidoirie pour défendre l'affreuse performance de Johnson dans le dernier droit.

Sergio: de 66 à 76

Les dieux du golf ont aussi frappé Sergio Garcia en plein front. Au lendemain d'un brillant 66 qui lui a permis de se hisser en tête du Tournoi des Maîtres pour la toute première fois de sa carrière, l'Espagnol a joué 76. Dix coups de plus. Une catastrophe pour un professionnel au plus fort de la lutte au plus prestigieux tournoi de golf de l'année.

Dans ce cas-ci, il est permis de se demander si ce sont vraiment les dieux du golf ou plutôt les démons qui hantent ce golfeur au talent immense, mais à la confiance lilliputienne. Ou, pis encore, une alliance des deux.

On pourra en juger en fin de semaine.

Une menace de trop

Les dieux n'interviennent pas seulement pour venir en aide aux parcours victimes des assauts des golfeurs. Ils s'assurent de faire ravaler aux plus audacieux des menaces à peine voilées.

Comme celles lancées par Phil Mickelson jeudi.

Survolté après une première ronde de 71, Mickelson a promis qu'il mettrait le feu aux drapeaux à Augusta en les attaquant sans merci. Après une deuxième ronde de 76, il avait plutôt le feu au derrière.

Le grand Phil a raté une approche qui n'aurait jamais dû lui donner des ennuis au 9e. Ça lui a coûté un bogey. Qui en a entraîné d'autres.

J'étais déjà sur le côté gauche du 10e tertre lorsque Phil s'y est pointé. Ce dernier a regardé ses partenaires de jeu - Louis Oosthuizen et Martin Kaymer - frapper avant de s'installer. Il a pris beaucoup de temps à trouver son équilibre. À faire le vide. À dire OK! C'est le temps d'y aller.

Il aurait dû en prendre un peu plus.

Car une fois partie de la face de son bâton, la balle s'est retrouvée loin dans le bois sur le côté gauche de l'allée. La deuxième, qu'il a frappé au cas où, est allée plus loin encore. Dans le bois.

C'est là que j'ai vu qu'un golfeur, qu'il soit professionnel ou du dimanche, affiche le même genre de préoccupation dans ce genre de situation. «J'espère qu'elle a frappé un arbre avant de se rendre trop loin», que Phil a lancé à Jim «Bones» Mackay, son cadet et grand ami depuis toujours.

Comme c'est souvent le cas pour les golfeurs du dimanche, le voeu de Phil n'a pas été exaucé. La balle était loin dans le bois. Et bien mal placée. Sous des branches, dans les brindilles. La totale.

À compter de ce moment-là, le golfeur du dimanche n'a plus rien à voir avec un pro comme Mickelson. Car au lieu de ramasser sa balle ou de lui donner un coup de pied involontaire, Phil a étudié le scénario et a frappé un coup magistral. Après avoir entendu quelques sons inquiétants d'impacts avec des petites branches et des feuilles, la balle s'est retrouvée au centre de l'allée.

Les dieux du golf n'avaient toutefois pas dit leur dernier mot. Ils ont contraint Mickelson à un bogey au 10e trou. Ils l'ont forcé à travailler très fort pour une normale au 11e. Normale qui lui a valu une belle ovation des milliers de fans massés dans l'enclave d'Amen Corner.

Vous n'êtes pas obligés de me croire, mais je suis convaincu que ces diables de dieux du golf ont fait exprès. Car après avoir donné un peu d'espoir à Phil et ses fans, ils ont soulevé une petite brise qui a envoyé le coup de fer 9 de Mickelson à l'eau devant le vert, plutôt que sur l'aire de coups roulés. Deux bogeys se sont ajoutés, et Phil est reparti à la maison un brin ou deux piteux.

«C'était venteux, c'était difficile, mais les conditions étaient propices à des bons scores pour les gars qui jouaient bien aujourd'hui [hier]. Je ne l'ai pas fait. Mon coup raté au 9e m'a hanté jusqu'à la fin. Je vais tenter de me reprendre en fin de semaine», a promis Phil.

Personnellement, je crois que ce sont plus les dieux du golf que son coup d'approche qui ont miné sa journée. Mais bon! Comme tous les golfeurs du dimanche, j'aime bien avoir des excuses à portée de main quand vient le temps d'expliquer des déboires comme ceux qui ont frappé Phil, «D-J» et Sergio hier.

Mais eux, ils n'en ont pas besoin.

Parade de maîtres

Profitant de l'invitation perpétuelle que leur assure leur veston vert, 19 anciens champions ont pris part au 77e Tournoi des Maîtres. Du nombre, sept seulement rateront les rondes finales de la fin de semaine : Ben Crenshaw (1984-1995), Larry Mize (1987), Mark O'Meara (1998), Craig Stadler (1982), Tom Watson (1977-1981), Mike Weir (2003) et Ian Woosnam (1991.) Les anciens champions invités à la finale sont Angel Cabrera (2009), Fred Couples (1992), Trevor Immelman (2008), Zach Johnson (2007), Bernhard Langer (1985-1993), Sandy Lyle (1988), Phil Mickelson (2004-2006-2010), Jose Maria Olazabal (1994-1999), Charl Schwartzel (2011), Vijay Singh (2000), Bubba Watson (2012) et, bien sûr, Tiger Woods (1997-2001-2002-2005).

Se sustenter pour pas trop cher...

S'ils n'hésitent pas à investir des fortunes pour améliorer leur terrain et le maintenir en parfaite condition, les membres de l'Augusta National ne passent pas la facture aux amateurs qui viennent les visiter chaque année dans le cadre du Tournoi des Maîtres. Les dizaines de milliers de places de stationnement qui bordent le parcours sont gratuites. Et aux concessions, il y a moyen de manger à sa faim et de boire à sa soif sans se ruiner. Le prix des sandwichs - frais, de bon goût et bien garnis - varie de 1,50 à 3 $. La boisson gazeuse, le thé glacé, le café : 1,50 $. Et attention : pour 3 $, vous avez un grand verre de bière américaine. Pour un dollar de plus, vous pouvez savourer une Stella Artois. Pas besoin de vous dire que la bière coule à flots...

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Commentaire (1)
    • Peux-tu nous éclairer sur la pénalité à Tiger Woods. Il vient peut-être de perdre le tournoi en se levant ce matin.

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