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Et vous, que faisiez-vous à 14 ans?

Même avant sa première ronde au Tournoi des... (Photo Mark Blinch, Reuters)

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Même avant sa première ronde au Tournoi des Maîtres, Tianlang Guan a impressionné autant le public que les autres golfeurs.

Photo Mark Blinch, Reuters

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François Gagnon
La Presse

(Augusta) Comme si la nature avait elle-même planifié lever le rideau sur le 77e Tournoi des Maîtres, le léger brouillard qui flottait au-dessus de l'Augusta National a commencé à se dissiper lorsque Jack Nicklaus, Arnold Palmer et Gary Player se sont présentés, un peu avant 8h, sur le tertre numéro un.

Aîné du groupe à 83 ans, Arnie a frappé le premier coup de départ protocolaire qui lançait officiellement la compétition. Gary et Jack l'ont ensuite imité au grand plaisir des centaines d'amateurs massés autour du tertre. Des amateurs qui saluaient ici, félicitaient là, remerciaient là-bas ces trois légendes du golf pour les exploits multipliés au cours de leur illustre carrière.

À 12h24, le premier tertre était toujours ceinturé de centaines d'amateurs. Mais au lieu d'entendre des saluts, des bravos et des mercis, des murmures de curiosité s'entrechoquaient autour de l'aire de départ. Sans même avoir à tendre l'oreille, on distinguait facilement les: est-ce que c'est lui? Ce n'est qu'un enfant! Tu faisais quoi, toi, à son âge?

Toutes ces remarques étaient reliées à la présence sur le tertre de Tianlang Guan. Âgé de 14 ans, le golfeur chinois a réécrit l'histoire en devenant le plus jeune à prendre part au Tournoi des Maîtres.

Avant de continuer, je vous pose la question qui suivait Tianlang Guan comme un écho le long des allées à Augusta hier: que faisiez-vous à 14 ans?

Pendant que vous plongez dans vos souvenirs pour trouver une réponse - à moins que vous teniez à invoquer votre droit au silence - laissez-moi vous dire que Guan a signé une carte de 73 lors de sa première ronde au Tournoi des Maîtres.

Un vétéran de 14 ans...

Malgré son âge, l'attention des milliers d'amateurs présents à Augusta, des millions à travers le monde et des dizaines de millions qui suivaient ses performances dans sa Chine natale, Tianlang Guan a donc fait mieux que 38 des 93 concurrents. Dont le champion en titre Bubba Watson qui a joué 75 et ses partenaires de jeu, l'Italien Matteo Manassero (75) et le vétéran Ben Crenshaw (80).

À 61 ans, incapable de rivaliser avec son jeune adversaire, Crenshaw s'est toutefois permis de l'applaudir à deux reprises: après un coup d'approche délicat au sixième trou et après un coup roulé magnifique qui a permis au Chinois de soulever la foule avec un oiselet au dernier trou.

«Je sais bien qu'il n'a que 14 ans, mais il a joué comme un gars comptant 14 années d'expérience. Il a des mains agiles et précises. Il affiche une confiance dans chacun de ses coups. Il prend de bonnes décisions. Il joue bien. Très bien. Il m'avait convaincu lundi lorsque nous avons disputé neuf trous d'entraînement ensemble. Il m'a convaincu encore plus aujourd'hui [hier]», a défilé Crenshaw après avoir remis sa carte de pointage.

Crenshaw s'est offert quelques secondes de réflexion lorsqu'un collègue lui a demandé quel avenir il envisageait pour son jeune adversaire. «Il est déjà excellent. Il le sera davantage au fil des ans. Considérant qu'il n'a que 14 ans, ça pourrait nous mener très loin», a conclu celui qui a gagné le «Masters» en 1984 et 1995 et qui sera, encore aujourd'hui, jumelé à ses jeunes et très jeunes adversaires.

Le grand chelem

Invité en salle d'entrevue en raison de l'attention médiatique qui lui était consacrée, le jeune Chinois a répondu avec assurance à toutes les questions posées. Étudiant modèle qui joue au basket dans ses rares temps libres avec ses copains de huitième année, Tianlang Guan concentre son attention sur le golf. Toute son attention.

Il l'a d'abord démontré en déclinant poliment l'invitation lancée par un journaliste qui voulait lui présenter sa fille s'il cherchait une copine. «Ce n'est pas nécessaire...» a répondu le jeune golfeur.

Tianlang Guan a ensuite clairement démontré qu'aucune barrière ne le séparait de ses objectifs de carrière, affirmant qu'il envisageait un jour de réaliser le grand chelem du golf. Rien de moins.

«Ça n'arrivera peut-être pas cette année. Mais oui je me vois gagner ici à Augusta un jour. Je me vois même gagner les quatre tournois majeurs dans une même année», a-t-il ajouté.

Tiger Woods est le seul golfeur de l'histoire à avoir mis la main sur les quatre titres majeurs de façon consécutive. Ces quatre victoires se sont toutefois réparties sur deux saisons.

Avant de s'offrir le grand chelem du golf, Tianlang Guan devra s'assurer d'éviter le couperet cet après-midi, et se qualifier pour les rondes de la fin de semaine.

S'il joue comme il l'a fait hier, il y arrivera. Sans trop de problème. Ses coups de départ solides et longs l'ont avantageusement placé sur les allées généreuses de l'Augusta National. Son jeu avec les fers a été adéquat également. Sur le vert, Guan a prouvé encore hier que son fer droit est bel et bien son arme de prédilection. C'est d'ailleurs en multipliant les réussites sur les verts que le jeune Chinois s'est assuré une invitation au Tournoi des Maîtres en gagnant le championnat amateur d'Asie-Pacifique, en novembre dernier.

En terminant: avez-vous trouvé ce que vous faisiez à 14 ans? Pendant que Tianlang Guan se faufile entre les pièges que lui réservent Augusta et le Tournoi des Maîtres, il me semble qu'à 14 ans je tentais d'éviter les pièges entre le Totem et le Plateau au Mini-Putt. À chacun ses défis, il faut croire...

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UN DRAPEAU SUR LA POITRINE

Le Tournoi des Maîtres regroupe 93 golfeurs provenant de 19 pays. Alors que les chandails de tous ses adversaires sont transformés en véritables panneaux-réclames qui leur rapportent des millions en commandites, le jeune Chinois Tianlang Guan arbore le drapeau de sa Chine natale, à gauche sur sa poitrine. À titre d'amateur, Guan n'a pas le droit d'encaisser des revenus publicitaires ou des bourses remises en fonction des performances. Du moins en principe. Mais l'attention médiatique dont il profite depuis sa qualification à Augusta, il y a une semaine, et la présence du drapeau chinois sur ses chandails servent la cause de sa patrie en matière de rayonnement publicitaire international.




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