Coyotes: retour à la case départ

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François Gagnon
La Presse

À moins d'une grande surprise, Greg Jamison ne sera pas en mesure de finaliser l'achat des Coyotes de Phoenix aujourd'hui. L'homme d'affaires a jusqu'à minuit pour confirmer l'acquisition de l'équipe, mais à Phoenix, tout comme dans les coulisses des bureaux de la LNH à New York, on semblait convaincu, hier, que cette confirmation ne viendra pas.

Les Coyotes quitteront-ils Glendale à minuit et une minute pour se réveiller à Québec demain matin?

Non.

Le non-respect de cet échéancier n'entrave en rien, ou à peu près, les liens d'affaires entre la Ligue nationale et l'ancien chef de la direction des Sharks de San Jose. Selon des informations obtenues à la LNH hier, Jamison profitera même d'une période de grâce. Une autre! Il pourra donc tenter de compléter son plan financier afin de trouver les 170 millions nécessaires pour acquérir les Coyotes.

Au fait, le rachat par Hasso Plattner des actions de ses deux associés à la tête des Sharks de San Jose, Kevin Compton et Stratton Sclavos, a soulevé hier la possibilité que ces derniers puissent se joindre à Jamison dans son aventure.

On verra.

324 millions en fumée

Le vrai problème, pour Jamison, c'est que si minuit arrive et passe sans qu'il confirme la transaction, le nouveau conseil municipal de Glendale pourra annuler le contrat liant la Ville à l'homme d'affaires américain pour l'exploitation du Jobbing.com Arena. D'une durée de 20 ans et d'une valeur de 324 millions, ce contrat tout à l'avantage de Jamison a provoqué des levées de boucliers à Glendale.

Le nouveau maire, Jerry Weiers, est obligé de composer avec le vote de l'ancien conseil municipal (4 pour, 2 contre), mais il a indiqué qu'il révoquera ce contrat dès qu'il sera en droit de le faire.

Or, ce contrat est d'une importance capitale pour le ou les futurs propriétaires. Les Coyotes multiplient les pertes, mais ils pourraient compter sur les 15 millions versés annuellement par la Ville pour gérer l'amphithéâtre de 17 125 places pour amortir les déficits annuels (évalués à 30 millions, selon l'ancien propriétaire Jerry Moyes).

Si Jamison compte avoir les moyens un jour d'acheter les Coyotes, il semble donc tout à fait absurde qu'il tourne ainsi le dos à ces 324 millions en violant l'échéancier ce soir.

La LNH aussi encaissera les contrecoups de l'annulation du contrat d'exploitation du Jobbing.com Arena.

Propriétaire des Coyotes, la LNH aura encore plus de mal à trouver un acheteur si jamais Jamison baisse les bras.

Cela dit, une source à la LNH a indiqué hier qu'il ne fallait pas écarter la possibilité qu'une nouvelle entente, moins défavorable à la Ville, soit négociée. «Glendale a investi beaucoup dans l'aventure des Coyotes, et le spectre de se retrouver avec un amphithéâtre vide est certainement une préoccupation là-bas. Selon nous, l'annulation de l'actuel contrat ne compromettrait pas la signature d'une autre», a indiqué notre source à la LNH.

Tout ça est bien beau.

Mais ça nous ramènerait à la case départ alors que la LNH souhaite mettre un terme à la tutelle des Coyotes à la fin de la présente saison.

Québec, Seattle, Markham

Ces déboires représentent toutefois de généreuses sources de motivation, voire de réjouissance, pour les amateurs de hockey de Québec. Car si les Coyotes devaient déménager en catastrophe, la capitale québécoise demeure la seule ville capable de les accueillir rapidement puisque le Colisée Pepsi pourrait servir d'amphithéâtre de transition.

Autre bonne nouvelle pour Québec, le transfert des Kings de Sacramento (NBA) vers Seattle - transfert qui semblait chose faite - est maintenant remis en cause en Californie. Quelques hommes d'affaires, dont le propriétaire des Penguins de Pittsburgh, Ron Burkle, voudraient garder les Kings à Sacramento.

Le déménagement des Kings est impératif pour que Seattle donne l'aval à la construction d'un amphithéâtre en remplacement du KeyArena. Une éventuelle équipe de la LNH ne pourrait justifier à elle seule qu'on donne le feu vert à ce projet.

Daly contredit Kelly

Mais ce n'est pas tout. Le conseil municipal de Markam, en banlieue de Toronto, a confirmé son intérêt en vue de l'obtention d'une équipe de la LNH, en acceptant à 7 contre 6, au cours de la nuit de mardi à hier, la participation de la Ville dans le projet de construction du GTA, un amphithéâtre de 20 000 places construit au coût de 325 millions de dollars.

Venu appuyer le projet devant les conseillers municipaux, Paul Kelly, ancien directeur exécutif de l'Association des joueurs de la LNH, a créé tout un émoi en disant détenir des informations selon lesquelles la LNH envisage d'ajouter deux équipes aux 30 actuelles. Kelly a nommé Québec et Markam comme étant des candidates de premier plan pour cette éventuelle expansion.

Les propos de l'ancien dirigeant de l'AJLNH ont été réfutés par Bill Daly, commissaire adjoint de la LNH.

«Paul étend la portée de discussions que nous avons eues sur les modalités d'expansion. Il n'y a aucun plan d'expansion à l'étude actuellement dans la LNH. Il n'y a pas non plus de plans en vue de possibles délocalisations», a indiqué Daly, à qui j'ai parlé en fin d'après-midi hier.

Québec, Seattle et Markam représentent des destinations logiques pour la LNH. Bill Daly a d'ailleurs confirmé au collègue Pierre Lebrun, de ESPN, que les Maple Leafs ne pourraient s'opposer à la venue d'un deuxième club dans la grande région de Toronto.

Mais Markam n'a pas encore d'amphithéâtre. Québec et Seattle ont le Colisée Pepsi et le KeyArena. Comme quoi l'échéancier de ce soir ne sera qu'une autre étape dans ce trop long feuilleton du hockey dans le désert de l'Arizona.

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